Le Palais Idéal, Le Facteur Cheval

Le Palais Idéal, Le Facteur Cheval

Chaque œuvre d’art est singulière mais celle-ci est vraiment particulière : est-ce vraiment une oeuvre ou un bâtiment ?  Un songe devenu réalité ou un exploit architectural ? Un peu des deux,  mon Capitaine !

Partons à la découverte de ce drôle de palais perdu au milieu de nul part !

On plante le décor : nous voici paumés au beau milieu de la Drôme. Rien à perte de vue. Bref, l’endroit où on ne viendrait vraiment pas par hasard. Et pourtant, c’est dans le village d’Hauterives que se trouve une oeuvre unique au monde que sont venus admirer les plus grands : Picasso, Nicki de Saint-Phalle, André Breton, Jean Dubuffet, … Je vous laisse découvrir un aperçu ? Drôme

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Alors là, niveau architecture, c’est du grand n’importe quoi très original et hétéroclite. Ça évoque à la fois Angkor Vat,  la Sagrada Familia, l’Orient et les temples égyptiens. Et pourquoi pas des géants et des momies tant qu’on y est ! Ah ben si, c’est fait. Mais sérieux, c’est quoi ça ?

Ce « truc », c’est une des fiertés architecturales de la France, un palais sorti de terre et de l’imagination débordante d’un facteur qui a cru en ses rêves. C’est une histoire de courage, d’abnégation, d’un songe devenu réalité juste parce qu’on y a cru assez fort ! Et c’est cet homme qui en est responsable: Ferdinand Cheval, facteur de son état.

Voici sa biographie rapide : fils de paysan, né à Hauterives en 1836, il grandit dans un contexte rural et pauvre. Il quitte l’école très vite, travaille avec son père, quitte le village, devient apprenti boulanger, exerce différents métiers et revient à Hauterives à 31 ans où il devient facteur, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite à 60 ans.

On note bien qu’à aucun moment dans son cursus, ce drôle d’oiseau n’a fréquenté de près ou de loin les milieux artistiques, ni même qu’il a étudié l’art. Soit dit en passant, il ne s’y connaissait pas plus en sculpture qu’en maçonnerie.

On replace le contexte de création également. On est au milieu du XIXe siècle. Notre facteur fait quotidiennement une tournée de 30km pour distribuer son courrier dans la campagne autour de son village. Et à pattes, s’il vous plait ! Ben oui, le progrès technique lié à la Révolution Industrielle n’a pas encore eu les effets escomptés dans les campagnes enclavées. Donc pas d’automobile, pas même un vélo.  Trente bornes par jour donc ! Ça nous fait quoi ? Quelque chose comme 6 ou 7 heures de marche ? Il avait le temps de laisser divaguer son imagination, notre facteur ! Au beau milieu de la campagne, il a appris à observer Mère Nature , à l’admirer.

Et un beau jour de 1879, le destin / la chance / son ange-gardien (peut-être un peu des trois  ?) s’en est mêlé. Au cours de l’une de ses tournées, le facteur butte sur une pierre et tombe. Il se relève et observe celle qui est responsable de sa chute : c’est le tournant de sa vie ! Cette pierre, qu’il baptisera sa « pierre d’achoppement », a une forme si bizarre et à la fois si pittoresque que le facteur décide de la garder avec lui. Elle vient de faire éclore son rêve.

Les jours suivants, il se rend compte qu’elle n’est pas seule, il en trouve de plus belles encore.

Le Facteur n’avait aucune idée, lorsqu’il s’est lancé dans la construction, de là où ça allait le mener. Il commence tout d’abord par ériger une fontaine qu’il appellera « Source de la vie ». Celle-ci est constituée de pierres donc, mais aussi de coquillages, d’huitres, d’escargots assemblés à la chaux. Il y ajoute un lion et un chien qui veillent sur cette source. Il aura fallu 2 années entières à Ferdinand Cheval pour l’achever. Devant les encouragements de sa famille, il continue sur sa lancée. Cette fontaine est un véritable hymne à la nature qu’il a tant côtoyée, avec toutes sortes d’animaux et de plantes. S’ajoutent ensuite la « Grotte de Saint Amédée » (2) et « la Source de la sagesse »(3). Il poursuit avec un temple égyptien (4) dans lequel il s’aménagera un tombeau, souhaitant se faire enterrer à la manière des pharaons. Cette demande lui sera refusée par l’administration pour des raisons de salubrité. S’ensuivent le Temple de la nature, au dessus duquel se trouve la Crèche Merveilleuse (5).

Afin d’équilibrer cette façade, le Facteur Cheval construit à sa gauche une partie à laquelle s’adossent 3 géants : César, Vercingétorix et Archimède.

Il aura fallu 20 ans au Facteur Cheval pour construire cette façade (1879-1899). La suite, on va la passer de manière un peu plus rapide.

La façade Nord : l’arrière du Temple Égyptien présente 4 piliers qui habillent une terrasse. Sur cette façade, Cheval nous montrent sa vision de la Genèse ; on voit apparaitre Adam, Eve et le Serpent. On trouve aussi 4 grottes : celle du Pélican, du Cerf, de la Biche et du Faon.

Cliquez sur l’image pour vous approcher des détails.

 

Voici quelques vues de la façade ouest. Celle-ci a une visée clairement universelle, avec des inspirations de bâtiments présents à divers endroits du globe. Au dessus de cette façade ouest se trouve la terrasse qui permet de se promener au premier étage de ce bâtiment. Et en dessous de la terrasse, on peut traverser une galerie entièrement décorée. Je suis désolé, je survole mais chaque façade est tellement riche que je ne peux pas tout détailler 😛

Quelques vues de la terrasse :

Et de la galerie :

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Enfin, la Façade Sud enferme un « musée Antidéluvien » dans lequel Ferdinand Cheval entreposait les pierres qu’il collectionnait ou qu’il comptait utiliser. Elle est surmontée d’une coupole et des aloès. Un tronc d’arbre et des animaux représentés par des pierres rongées en termine la plus sobre décoration.

Les conditions de construction auront été dignes d’une légende : le Facteur Cheval aura construit son Palais entièrement seul, comme il le souligne sur une gravure, il s’agit du « TRAVAIL D’UN SEUL HOMME ».

Il aura passé 33 années de sa vie à aller ramasser avec sa fidèle brouette les pierres qu’il a remarquées et rassemblées lors de sa tournée de la journée, les ramener chez lui et ensuite il passait ses nuits entières, à la lumière de la bougie, à les assembler pour construire son chef d’œuvre.

On notera que les éléments et sujets représentés par le Facteur sont parfois un peu approximatifs. Lorsqu’il crée des monument orientaux, des animaux des tropiques ou autres, il s’agit de choses qu’il n’a jamais pu observer de près. Tout comme le rhino de Dürer, ils sont créer à partir d’observations indirectes, sans jamais avoir vu le modèle original. Cheval n’a sans doute jamais quitté le territoire français. Le XIXe siècle est non seulement celui de la Révolution industrielle, à l’origine d’un profond changement de la société, mais c’est aussi le temps des expansions colonialistes et de la naissance des revues illustrées. Le facteur distribue donc, au cours de ses tournées, ces revues et autres cartes postales qui présentent des gravures montrant des bâtiments et des animaux du bout du monde. Ils les observe et s’en inspire pour modeler ses statues.

C’est pas faux ! D’ailleurs, le Facteur Cheval a pendant longtemps été incompris et la cible de railleries. Il était considéré comme un pauvre fou qui remplissait son jardin de pierres. Au bout d’une vingtaine d’années, les visiteurs ont commencé à être présents en grand nombre. Puis peu après sa mort, dans les années 1930, ce sont des artistes qui découvrent son Palais Idéal : Picasso, Ernst,Saint Phalle, … Mais cela ne suffira pas à lui donner ses lettres de noblesses. Le Palais a bien failli disparaitre : à la mort de l’artiste, il fut légué aux descendants de Cheval, mais finit par s’abimer avec le temps. C’est son classement au patrimoine des Monuments Historiques en 1969 qui permit de le sauver. Cela ne se fit pas sans peine pour autant. Comme au temps de son vivant, Cheval reste un artiste incompris : Malraux, Ministre de la Culture, fit classer le monument contre vents et marées. La plupart  des fonctionnaires du Ministère étaient contre. Voici un extrait  d’un rapport qui date de 5 ans avant son classement :

Mais pourquoi était-il si compliqué de s’apercevoir qu’on avait une merveille sous les yeux donc, alors que Malraux a déclaré que c’était l’unique exemple au monde d’architecture naïve ? Le débat a dû faire couler des litres de bave chez les détracteurs et au moins autant d’encre dans les rotatives chez ses partisans. Cheval fait parti des créateurs d’Art Brut, notion qui n’a été conceptualisée qu’en 1945 par Jean Dubuffet :

L’art brut est la création par des personnes qui n’ont aucune formation artistique et n’ont donc subi aucune influence ni académique, ni d’aucune autre source d’inspiration. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un mouvement artistique, mais d’un volet de l’histoire de l’art, voire de productions marginales et singulières réalisés par des créateurs n’ayant aucun lien les uns avec les autres.

Ces artistes ignorent tout des contraintes et des règles des beaux arts. Ils s’inventent des univers, créent pour eux-même, sans intention de plaire aux regards extérieurs. Ce qui le différencie d’un artiste au sens général du terme, c’est que celui-ci a un statut, une formation, une conscience et une volonté d’être reconnu ; sa production est le fruit d’une démarche intellectuelle en plus d’un savoir-faire technique. Dans l’art brut, les créateurs n’ont pas conscience d’être des créateurs de génie et n’ont la plupart du temps pas l’envie d’une reconnaissance de leur statut d’artiste. Ce sont des créateurs autodidactes qui crée dans le secret et sans besoin de reconnaissance.

Cheval s’inscrit dans cette lignée. Bien que de son vivant, il ait pris conscience que son Palais suscitait l’émerveillement des spectateurs, son Palais est classé parmi les créations d’art brut. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur l’art brut, filez par là : clic !

Quelques hommages coup de coeur pour le Facteur Cheval ou son palais. Ce choix est totalement subjectif, c’est uniquement le mien 😉

CharlElie Couture

Titouan Lamazou

En 2012, Nils Udo, célèbre artiste de Land Art, a été l’invité lors du centenaire du Palais Idéal. Il a créé pour l’occasion le « Temple de la Nature végétale », en écho au Temple de la nature de Cheval. Leurs créations résonnent de la même manière : « Nous avons de nombreux points communs avec Ferdinand Cheval. Nous sommes tous les deux autodidactes, têtus, en symbiose avec la nature.[…] Il existe un dialogue d’ordre spirituel et esthétique. »

Pour travailler sur le Palais Idéal, j’ai pensé démarrer avec des détournement. On part de l’image d’un objet, découpée dans un catalogue par exemple, et on la transforme, on ajoute pour que cet objet ait une nouvelle destination. Par exemple, une banane qui devient une fusée, une pince à épiler qui se transforme en libellule, etc… Pour ceux qui l’ont, vous pouvez regarder pages 164-165 (Une chaussure, c’est le pied) d’Arts Plat du Jour, de P. Straub, vous y trouverez des exemples.

Pour une deuxième séance, il y a une très bonne idée sur le site de Danièle Perez (formatrice ESPE). Après une analyse de deux objets détournés, elle propose de reprendre le principe en farfouillant dans sa trousse. Elle propose des réalisations d’élèves à titre d’exemples : un bateau-crayons, un stylo-deltaplane, des stylos-escalier, …

Lors d’une 3e séance, on propose de faire la même chose mais avec de vrais objets. Chacun ramène un ustensile, un vieux jouet, des bricoles qui trainent dans les chambres afin de leur donner une nouvelle vie. On sort tout le bazar du fond de l’armoire (coton, scoubidou, carton, gobelets, …). Le projet, c’est de détourner l’objet d’origine afin de créer ce qui vous vient par la tête : un téléphone-animal, une chaise-jouet ou encore un palais miniature ! Là, ça peut bien prendre 2 bonnes séances.

Enfin, lorsque c’est fait, on peut proposer de rencontrer l’oeuvre du Facteur Cheval, ses pierres qui sont devenues des animaux ou des plantes. La démarche du Facteur prendre du sens aux yeux de la classe après s’être eux-même frottés à l’exercice. Du coup, on se lance :

Le Powerpoint de la séance (de mon Drive, il est lourd, ne vous étonnez pas du temps de téléchargement)

Télécharger le fichier

La trace écrite :

Si des bandes apparaissent à l’affichage, cliquez sur Télécharger, puis Ouvrir avec… et choisissez votre lecteur PDF.

Le côté « je fabrique du beau avec du rien »  m’évoque un lien avec le Land Art (en plus de l’hommage de Nils Udo), et ce serait d’ailleurs une merveilleuse entrée dans cette branche qui mériterait d’être davantage pratiquée. Pour ça, je m’appuie encore et toujours sur le super travail de Patrick Straub. Il a sorti il y a quelques mois un ouvrage aussi fantastique que ses précédents. Il s’agit d’Art Terre, édité chez Accès Edition. Cet ouvrage, destiné aussi bien aux enseignants qu’aux parents, permet d’explorer le Land Art pas à pas en découvrant de A à Z l’univers des possibles (j’exagère à peine) : les formes, les matériaux utilisables, les démarches, des inducteurs visuels,… Sur le site de Straub, une présentation du Land Art ICI.

Les avantages sont multiples : il faut 3 fois rien, ça se fait partout, c’est porteur d’un beau message, les élèves s’approprient le principe facilement et les possibilités sont infinies !

Je ne vais pas réinventer l’eau chaude, si vous souhaitez vous engager dans un projet comme celui-ci, je vous renvoie à Art Terre. Pour en découvrir un extrait sur le site de l’éditeur, cliquez sur l’image.

Sinon, une séquence trouvée chez un prof d’arts plastiques en collège qui propose un travail méticuleux afin de relever le défi du facteur « Plus opiniâtre que moi se mette à l’oeuvre ». Peut-être un peu ambitieux pour des primaires mais l’idée me plait.

Une vidéo qui retrace l’histoire de ce Palais. Alors oui, c’est Stéphane Berne, oui c’est à couper dès la fin du reportage , mais le visionnage est intéressant. C’est extrait de l’émission Visite Privée de France 2.

Et sinon, une visite virtuelle, ça vous tente ? Bon, on ne peut pas encore faire le tour du Palais mais on s’y croirait quand même :

Envie de pousser la chansonnette ? Voici une chanson des Enfantastiques qui retrace le rêve de notre Facteur. Cette chanson met en avant le fait que Cheval a cru en ses rêves et qu’il les a réalisés.

 

On peut aussi tenter la chanson Le Palais Idéal, d’Hubert Mounier (L’affaire Louis Trio). Je n’ai pas trouvé la vidéo ni la bande son, du coup je vous mets le lien vers Deezer

 

Une entrée avec laquelle j’ai hésité, mais qui peut aussi venir compléter l’étude du Palais. Comme à son habitude, la collection Pont des Arts a sorti un superbe album qui permet de s’immerger dans l’univers du Facteur. Cliquez sur l’image pour accéder à sa présentation par l’éditeur, d’autres illustrations ou encore au dossier d’exploitation qui est fourni clé en main !

« Le Palais Idéal est beau, ce soir, sous les étoiles… mais le facteur, Monsieur Cheval, est fatigué. Tandis que ses yeux se ferment, de drôles de bruits troublent le silence. La statue d’Archimède bouge, comme les trois petits cochons, le dromadaire et la gargouille ! On dirait, cette nuit, que la pierre du palais prend vie… Une belle surprise attendra le facteur demain ! »

On peut aussi se lancer sur l’étude du roman Le Jobard, de Michel Piquemal. Je remonte un vieux souvenir, je l’ai fait avec l’une de mes premières classes et j’en garde un beau souvenir de roman.

L’histoire d’une bande de gamins désoeuvrés qui prennent en grippe le jobard, un vieux monsieur loufoque qui passe son temps à ramasser des bouteilles en verre. Ils finiront par se découvrir et s’apprécier, dépassant la marginalité, la réputation et les apparences.

Le lien avec le Palais, c’est que le Jobard récupérait les bouteilles afin de construire un moulin, ce qui le met dans la case des collectionneurs récupérateurs, ceux qui créent à partir de rien. On pourra aussi relever le fait qu’ils ont tous les deux été les marginaux de leur entourage.

L’étude du roman est donnée clé en main, allez faire un tour sur l’excellentissime site d’Attire Lire :

 

Enfin, sans creuser la partie art brut, on peut partir sur le fait que Ferdinand Cheval était facteur et lancer un projet opportuniste Mail Art. Pour ça, je vous envoie faire un petit tour chez ma marraine Lala. Vous y trouverez un très beau projet interdisciplinaire autour de cet art.

Pis pour votre bagage perso, je vous conseille au passage la lecture de cette BD qui retrace l’histoire de ce drôle d’artiste. Il s’agit des prémices de la reconnaissance de son monument, dans lesquels on retrouve le caractère très taciturne du personnage, qui a donné corps et âme à ce Palais.

Pour finir, à noter qu’un film sur la vie de cet artiste est en préparation (tournage prévu en 2017 après un premier report) avec Nils Tavernier derrière la caméra, Jacques Gamblin et Alexandra Lamy dans les rôles principaux.

4 réactions au sujet de « Le Palais Idéal, Le Facteur Cheval »

  1. Rhooo, qu’il est chouette cet article. J’avais très envie d’aller voir ce palais « fou »…. tu viens de m’offrir une visite virtuelle géniale…

    PS : Je ne m’attendais pas du tout à me retrouver en bas de cet article. j’avais bien vu que tu étais venu chez moi mais je n’avais pas fait le lien… Merciiiiiiiiiii cher filleul

  2. Bonjour,
    Afin de pouvoir développer mon propos permettez moi d’emprunter votre propre citation
    « Ces artistes ignorent tout des contraintes et des règles des beaux arts. Ils s’inventent des univers,
    créent pour eux-mêmes, sans intention de plaire aux regards extérieurs. Ce qui le différencie d’un
    artiste au sens général du terme, c’est que celui-ci a un statut, une formation, il est conscient de ce
    qu’il fait et a envie d’être reconnu ; sa production est le fruit d’une démarche intellectuelle en plus
    d’un savoir-faire technique. Dans l’art brut, les créateurs n’ont pas conscience d’être des
    créateurs de génie et n’ont la plupart du temps pas l’envie d’une reconnaissance de leur statut
    d’artiste. Ce sont des créateurs autodidactes qui créent dans le secret et sans besoin de
    reconnaissance.  »
    Je ne mets pas en doute la qualité artistique des œuvres vers lesquelles vont votre préférence que je respecte tout à fait ; mais les auteurs sont des artistes reconnus et ne peuvent rejoindre ni les naïfs ni les autodidactes ni les singuliers et autres références à l’Art brut.
    Le but de mon commentaire et de vous faire découvrir un hommage pictural spontané à Ferdinand Cheval réalisé par une véritable autodidacte que la presse nommera Coco peintre du facteur Cheval lors de l’exposition officielle organisée par la municipalité d’ Hauterives en 1987. »Coco La couleur en plus « .
    Fascinée par le regard du facteur sur une vieille carte postale noir et blanc Coco décide soudainement de peindre son portait en couleur alors qu’elle n’a jusque là pratiquement jamais tenu un pinceau. Devant le résultat surprenant un collectionneur d’art singulier la met au défi de produire d’autres toiles a partir des seules documentations noir et blanc disponibles à cette époque (vers 1986). Mais ce défi se complique par le fait que le portrait couleur est choisi pour servir d’affiche à une exposition sur le Palais Idéal sur une aire de l’ autoroute A7 …malheureusement ce projet avortera, la Société des Autoroutes sollicitée renonçant à le subventionner. Le temps passant, un rendez vous est alors pris avec la municipalité d’ Hauterives et l’arrière petite fille survivante du facteur Un projet d’expo est lancé pour l’été 1987.
    Coco prise d’une fièvre créatrice va pondre une trentaine de toiles de factures singulières qui vont constituer « La collection de Coco peintre du facteur Cheval  »
    Le 13 juin 1987 fut célébré le vernissage en présence des personnalités officielles dont le Conseiller Général de la Drôme qui choisit le portrait pour illustrer le Magazine de la Drôme et le Directeur départementale de La Poste qui fit distribuer l’affiche officielle dans tous les bureaux de postes de l’ Ardèche et de la Drôme . Les retombées médiatiques presse radio furent importantes … et la fréquentation du Palais très stimulée.
    Il me faut préciser que j’avais créé une association la Main Soleil ( devenue Art Image et aujourd’hui arimaj) dont le but était de promouvoir  des artistes singuliers par la vidéo . On était au temps du VHS . J’ai sauvegardé une vidéo montrant Coco peignant son plus grand tableau intitulé « Le mariage d’ Alice publié sur le NET vingt ans plus tard.
    Pour terminer en beauté et avec la complicité du Maire et de sa secrétaire j’ai épousé Coco en même temps que son vernissage … le 13 juin 1987 … il y a trente ans.
    Voilà comment j’ai inventé un concept d’exposition qui peut revendiquer un véritable statut de singulier car Coco est une authentique autodidacte habitée par une pulsion à peindre Coco est une véritable Naïve.
    Malheureusement depuis 2001 le palais est devenue une foire d’empoigne réservée aux professionnels reconnus.
    Ne trouvez vous pas étonnant que sur le site du Palais à l’ onglets Expositions et artistes accueillis ont ne découvre d’artistes qu’à partir de 2003…
    Alors pour que Coco ne sombre pas dans l’oubli merci si vous aviez la gentillesse de lui consacrer quelques lignes et pourquoi pas intercéder auprès de Marie Josée Georges pour que Coco reprenne la place qu’elle mérite en date de 1987
    Cordialement
    Claude Louis

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