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Le voyage d’Oregon

Le voyage d’Oregon

Le voyage d'Oregon

Aujourd’hui, je vous emmène à la (re)découverte de mon album fétiche, celui que j’avais déjà présenté lors mon épreuve de littérature de jeunesse au CRPE (quoi, déjà 10 ans ?!!!)

Le voyage d'Oregon

Si vous êtes des lecteurs assidus, ce ne sera pas un secret pour vous : Rascal est de loin mon auteur préféré ! Et c’est son univers que je vous fais visiter. Et une fois de plus, ce qui m’a séduit dans cet album, c’est le double niveau de compréhension  de l’histoire.

Le voyage d'Oregon

L’histoire, c’est celle de Duke, un clown qui partage l’affiche d’un cirque avec l’ours Oregon. Un soir, Oregon prend la parole : « Conduis-moi jusqu’à la grande forêt, Duke. » S’ensuit alors une traversée des Etats-Unis d’est en ouest sans un sou, d’abord en bus, puis en stop et dans un train de marchandises, pour finir à pied. Duke tient parole et leur voyage se finit dans les montagnes d’Oregon, au cœur de la forêt enneigée.

Le voyage d'Oregon

Mais si l’histoire se limitait à cela, elle aurait un intérêt, certes, assez limité. Car pour comprendre cette histoire, il faut s’apercevoir qu’il s’agit d’un texte proliférant.

Le voyage d'Oregon

Comme à son habitude, Rascal a placé une épigraphe en bord d’œuvre, comme un indice qui nous monterait la voie afin d’accéder à la compréhension de l’histoire. Ici, il s’agit d’un poème de Rimbaud. Rien qu’à leur lecture, ces vers sont une invitation à la rêverie, au voyage, à l’errance, une quête du bonheur simple que l’on souhaite retrouver. L’appel de la nature est puissant et les biens matériels deviennent dérisoires.

Epigraphe

Une lecture superficielle du Voyage d’Oregon ne permet pas de remarquer le départ de Duke du monde civilisé vers la nature, ni même de relever qu’il s’est débarassé de ses derniers biens : « Il me restait deux dollars oubliés au fond d’une musette. J’en ai fait des ricochets sur la Platte River ».
Dès cet épigraphe, Rascal nous met sur la voie d’un désir de retour vers la nature, l’envie de se débarrasser des biens matériels.

Le voyage d'Oregon

Est-ce suffisant pour avancer que le genre littéraire de cet album est un road-movie ? Pas tout à fait, un petit détail vient apporter une nuance : l’essence du genre semble résider dans l’errance, ce qui n’est pas le cas de Duke. Lui a un but, même s’il n’en a pas encore conscience.

 Le voyage d'Oregon

La première des références que Le voyage d’Oregon nous rappelle est celle de Jack Kerouac et de son roman autobiographique Sur la route, fondateur de la Beat Generation. Il s’agit d’un mouvement littéraire apparu dans les années 1950 qui « revendique un esprit de liberté en révolte contre l’hypocrisie morale de l’Amérique bien-pensante ». Kerouac a caractérisé ce mouvement comme une révolte contre-culturelle au sein d’une Amérique conformiste et bien pensante.
Sur la route est une ode aux grands espaces, à l’épopée vers l’ouest des personnages (comme le périple de Duke), à la découverte de rencontres et de mondes nouveaux afin de ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, quitte à rompre toutes leurs attaches.

En 2012 est sorti une adaptation du roman de Kerouac :

Il existe bien un parallèle entre la Beat Generation et Le voyage d’Oregon. Duke cherche bien à fuir un monde dans lequel il se sent profondément mal. Il va partir à la recherches de grands espaces, quitter le cirque qu’il a toujours connu afin de démarrer une nouvelle vie.
Pour boucler la boucle, on peut noter que Kerouac a été inspiré par Rimbaud, qu’il a beaucoup lu. Il a même écrit une biographie de ce poète.

Le voyage d'Oregon

Le voyage d'Oregon

Cette illustration évoque sans équivoque la peinture Champ de blé avec corbeaux de Van Gogh. Il s’agit de l’illustration de la couverture de l’album, mais elle a été inversée. En effet, sur la couverture, les personnages se dirigent vers la droite, comme pour nous inviter à entrer dans le livre, alors qu’ici ils marchent dans l’autre sens, pour montrer le voyage d’Est en Ouest qu’ils sont en train de réaliser.

On notera que Duke partage également la couleur de cheveux du peintre. Peut-être existe-t-il d’autres liens entre le peintre et cet album, mais je ne les ai pas décelés.

Le voyage d'Oregon

Le voyage d'Oregon

J’ai également pu lire (mais j’avoue être un peu sceptique) que cette illustration de l’album serait inspirée du tableau Gas, d’Edward Hopper. Cela aurait du sens, mais le cin d’oeil me semble peu visible. D’apès Wikipedia, dans les oeuvres de Hopper, « le spectateur est frappé par l’absence d’êtres humains dans ces paysages qui sont comme désertés, mais traversés par une route (Route dans le Maine, 1914) ou une voie ferrée (Passage à niveau, 1922-1923 ; Coucher de soleil sur voie ferrée, 1929). Ces lignes évoquent le voyage, le temps qui passe ou encore marquent une séparation entre civilisation et nature. »

A ce moment-là de l’histoire, Duke va réaliser sa dernière rencontre de l’album, avant de s’enfoncer dans la nature profonde.

Ces références permettent de percevoir le ton de l’album, l’ambiance dans laquelle nous nous plongeons, les aspirations inconscientes des personnages et le message de l’auteur.

 Le voyage d'Oregon

Le voyage d'Oregon Que savons-nous de Duke ? C’est un clown nain, et encore, son nanisme n’est pas si simple que cela à déceler en se basant uniquement sur le texte. Ce sont les illustrations qui nous apportent cette information.

Et encore faut-il mettre son physique et son métier en lien. C’est parce qu’il n’assume pas son physique hors-normes qu’il se grime. C’est d’ailleurs lui qui nous le dit, au détour d’une conversation avec Spike, l’une de ses rencontres.

« – Pourquoi gardes-tu ce nez rouge et ce masque blanc ? m’a demandé Spike. Tu n’es plus sur la piste d’un cirque.

-Ils me collent à la peau. Ce n’est pas facile d’être nain… »

Ces quelques lignes permettent de comprendre le noeud du malheur de Duke. Il ne s’accepte pas tel qu’il est et se cache derrière un métier et un masque.

Le voyage d'Oregon

 Sa petite taille avait déjà été annoncée un peu auparavant, lorsqu’il était dans sa roulotte. Comme but pour son voyage, il nous parlait de rencontrer Blanche-Neige, la seule femme de légende dont puisse rêver un nain. Le clin d’œil à ce conte est peut-être plus présent qu’on ne l’imagine.

Le voyage d'Oregon

On y reviendra après, mais il n’est pas interdit de penser que Duke mélange les pronoms personnels en nous racontant son récit. « SA place » pourrait alors être « MA place parmi les MIENS, au fond d’une belle forêt d’épicéas ». Peut-être rêve-t-il donc, « comme dans les livres pour enfants », de trouver sa place dans une histoire ?

Aussi, au début de l’histoire, Duke nous fait plus penser à un enfant qu’à un adulte. Il se blottit derrière les rideaux pour perdre son trac, il utilise l’ours comme oreiller, il nous parle d’ours en peluche et de livre pour enfants.

Son voyage est également réalisé sans argent, par des moyens de traverse, comme le ferait un enfant.

Voici l’illustration qui montre le moment où Oregon demande à Duke de le ramener dans sa forêt :

 Le voyage d'Oregon

Le point de vue de cette image n’est pas anodin : Louis Joos, l’illustrateur, nous place à l’intérieur de la cage d’Oregon. Nous voyons donc Duke derrière les barreaux. Qui est donc prisonnier ? Cette demande, si encore elle a bien eu lieu, est l’excuse dont avait besoin le clown pour briser les barreaux de son inconscience et prendre sa vie en main.

Mais donc, pourquoi ce voyage ? On résume :

1° Duke raccompagne Oregon dans ses montagnes. Il est bien sympa, mais ça a beau être une histoire, ce n’est pas un conte de fées non plus ! Faudrait être vraiment « Simplet » pour se lancer dans un tel périple pour cette raison.

2° Trouver Blanche-Neige. Sur ce point, il a réussi. La dernière illustration nous montre Duke qui s’en va en marchant dans les « blanches neiges ».

3° Une quête inconsciente en vue d’une acceptation de soi. Le voyage est double : géographique d’une part, et spirituel de l’autre.

Le voyage d'Oregon

Penchons-nous sur la fin du récit.

« Oregon en Oregon ! J’ai tenu ma promesse… »

Le voyage d'Oregon

Après avoir achevé son périple, Duke abandonne Oregon dans ses montagnes et s’en va.

« Dans le matin blanc, je partirai le coeur léger et la tête libre ».

On aperçoit au passage qu’il a déposé, viré, qu’il s’est débarrassé de son nez rouge, celui qui lui collait à la peau. Cette illustration est pleine de douceur, de calme, de sérénité. Elle n’est pas non plus sans nous rappeler le cowboy solitaire qui poursuit son errance (mais non, ce n’est quand même pas un road-movie !).

Le voyage d'Oregon

Au passage, on remarque de Duke a repris une marche dirigée vers la droite, et non plus la gauche comme pendant une majorité de l’album. Il avance de nouveau, dans le sens de la lecture, vers l’avenir ! D’ailleurs, dans l’extrait que je cite, Duke utilise le futur alors que tout le reste de l’album est au passé. Il y a donc une nouvelle dynamique en marche, il est au début d’un nouveau commencement. Aussi, tout ce blanc est signe de renouveau, de renaissance pour ce personnage. Si on connait un peu Rascal, on sait que la symbolique des saisons est très forte dans plusieurs de ses oeuvres (comme Moun, Pied d’Or ou La route du vent). L’hiver y symbolise souvent la fin, la mort. C’est le cas pour l’ancien clown, celui qui ne s’acceptait pas. Ce temps là est révolu. La fin de cet album peut donc être lu comme l’achèvement de Duke (le clown) et l’avènement de Duke (l’homme).

Le voyage d'Oregon

L’ambiguïté de cette oeuvre est de savoir si Oregon est un vrai personnage de cette histoire. C’est une remarque que je me suis faite et je pense qu’elle est bien fondée. Je suis persuadé qu’Oregon est en fait une allégorie de la conscience de Duke. Je m’explique :

Tout d’abord, le genre littéraire. :cet album se situe dans un univers tout à fait vraisemblable. Ce n’est pas un conte de fée, pas plus que du Fantastique. Mis à part la prise de parole (unique !) de l’ours, rien d’invraisemblable ne se produit.

Oregon demande à Duke de le mener dans sa forêt, ce que le clown exécute. Mais au cours de leur voyage, ils traversent les champs et dorment à la belle étoile, certes, mais font aussi de nombreuses rencontres, dorment dans un motel, prennent le bus, font du stop, montent dans un train de marchandises en marche et ce sans que cela ne questionne ni ne fasse réagir qui que ce soit que le personnage soit accompagné d’un ours. Ça ne choque personne ? 😛

Le voyage d'Oregon

Il est donc tout à fait permis d’envisager que Duke ait imaginé Oregon comme un prétexte à sa prise de conscience, le déclic dont il avait besoin pour se lancer dans se voyage.

Le voyage d'Oregon

On l’a abordé, Duke a décidé de fuir l’univers du cirque dans lequel il était enfermé. Enfermé dans un rôle, dans un costume, derrière un masque dont il n’arrive pas à se détacher. Il veut quitter cet univers de l’artifice et son voyage est un retour progressif vers la nature. Il quitte également la mégalopole au sein de laquelle l’Homme est omniprésent (et pas dans le meilleur sens du terme). On sent l’air irrespirable qui se dégage de cette illustration ! Le cadre est oppressant.

Le voyage d'Oregon

Le voyage d'Oregon L’illustration ci-dessous illustre parfaitement le monde auquel Duke a décidé de renoncer : celui de la sous-culture de masse. Les trusts de la consommation de masse son présents : le Coca, le hamburger et les westerns.

On peut pousser la réflexion en imaginant le cow-boy comme le symbole de la toute puissance de l’Homme sur la nature, qui nous rappelle que la conquête de l’Ouest a été faite en soumettant par la force la  nature et les peuples hostiles.

Le voyage d'Oregon Au fur et à mesure de l’histoire, les personnages fuient la modernité.  On voit d’ailleurs la nature reprendre ses droits dans l’univers de nos personnages, à l’image de cette Chevrolet envahie par l’herbe.

On peut noter au passage que l’itinéraire d’Est en Ouest marque aussi le sens inverse du sens de lecture. Peut-on y voir un retour en arrière, un retour aux sources ?

Aussi, au fur et à mesure du voyage des personnages, les contacts humains se raréfient progressivement, les compagnons de routes sont de moins en moins nombreux : du bus à l’auto-stop, de l’auto-stop au train de marchandises, pour finir solitaire et à pied.

Le voyage d'Oregon

Pour finir, on pourra aborder une réflexion sur les couleurs présentes dans les illustrations, et noter une opposition entre le noir/rouge et le blanc/jaune. Le noir, comme le rouge, sont chargés de malheur et illustrent la détresse et les causes de la fuite. Ils sont chargés d’aspects négatifs, tandis que le jaune réconfortant, chaleureux et le blanc pur sont là pour évoquer le bien-être retrouvé petit à petit.

Le voyage d'Oregon

D’ailleurs, le masque de clown que porte Duke tout au long de cette aventure illustre cette dualité : le nez rouge sur fond blanc. Pendant toute l’histoire, Duke va fuir le noir et le rouge : le chapiteau, Pittsburgh et son ciel de suie, les usines, la Chevrolet (vestige de l’industrie et symbole de la consommation) pour aller vers le jaune : les blés, les arbres gorgés de miel, le ciel au dessus des Rocheuses. Et à la fin de l’histoire, Duke renaît en se détachant de son nez, la dernière marque de rouge qui était indélébile jusque là.

Si cet album vous intrigue, vous séduit, si je vous ai donné envie de vous y plonger, voici une exploitation :

Le voyage d'Oregon

Et si vous voulez faire découvrir à vos élèves l’univers de Rascal et ses textes réticents et proliférants, je vous invite à lire cet article.

16 pensées sur « Le voyage d’Oregon ! »


  1. Djoum
    dit :

    J’adore cet album 😉 Je n’avais jamais imaginé que’Oregon n’existait pas… Mais ça parait tellement logique… Je file le relire 😉


  2. OlivierI
    dit :

     Faudrait poser la question à Rascal !


  3. MultiK
    dit :

    C’est sans doute mon album préféré, et en lire l’analyse me fait presque pleurer!! Merci !! Je l’ai étudié avec mes CM il y a 3 ans, je vais bientôt pouvoir recommencer … Chouette !!!


  4. crevette06
    dit :

    J’adore tes analyses d’albums… Un grand merci et recommence quand tu veux… :p


  5. BigBoom
    dit :

    L »analyse que tu fais de cet album est très intéressante et riche. Nous avions monté cet album en pièce de théâtre il y a quelques années, te lire me rappelle de bons souvenirs…
    Merci pour ce partage!


  6. OlivierI
    dit :

    Merci Crevette et BigBoom ! Bonnes vacances à tous !

  7. mimides garrigues
    dit :

    Je suis maîtresse de Cp mais très emballée par ton interprétation de l’histoire qui me semble tout-à-fait  bien sentie et juste.  Il est évident que cet album   constitue réellement une oeuvre littéraire avec tous les  possibles qu’une oeuvre véritable est capable de proposer au lecteur. En tout cas merci de la lecture que tu en donnes, ce fut très agréable de te lire.


  8. OlivierI
    dit :

    Mais de rien Et pour moi, ça a été un plaisir de lire ton message également !


  9. Xi’an
    dit :

    Merci pour cet article que j’ai lu sans idée préconçue de faire travailler mes élèves sur cet album.
    Ta description de l’histoire m’a conquise, m’a permis de m’évader quelques instants dans les pas de Duke, un vrai moment d’évasion et de recherche intérieure su sa propre identité.
    Merci !


  10. Azraelle
    dit :

    Je suis impressionnée par ton analyse! Je trouvais déjà cet album tellement riche et je me rends compte qu’il l’est encore plus que ce que je pensais.
    Moi je  propose aussi une comparaison de « Sensations » de Rimbaud avec « Demain dès l’aube » de Victor Hugo. (piste donnée à l’IUFM) Comme je l’ai écrit quelque part sur mon blog, on peut même élargir en proposant une écoute de la composition d’Anne Sila qui est une pure réussite.
    Ton analyse me parait tout à fait pertinente, même si après plusieurs années de lecture de cet album en classe, je ne m’étais jamais imaginé qu’Oregon puisse ne pas exister…
    C’est tout à fait intéressant et à réfléchir!
    Azraelle


  11. OlivierI
    dit :

    Merci les filles !


  12. Craie hâtive
    dit :

    Wahou ! Quelle analyse complète ! Bravo pour ce beau travail 🙂


  13. OlivierI
    dit :

  14. MALILUNO
    dit :

    j’arrive de chez crevette qui t’a choisi comme coup d’coeur! tres chouette article!!


  15. Ermeline
    dit :

    Magnifique travail! J’adore ta manière de travailler les livres « au corps »!


  16. OlivierI
    dit :

    Merci les filles !

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Mes deux « serial paper-cutters » préférés sont de retour ! Quelques mois après la sortie de leur premier album, Le loup de Six-Cailloux (n’hésitez pas à aller lire l’article consacré), le duo nous propose un second livre, au moins aussi beau que le précédent !

L’originalité de leurs créations, c’est avant tout l’univers graphique dans lequel ils nous plongent ! Un univers sombre, fin, détaillé, subtil qui nous rappelle les jeux d’ombres chinoises. Ce graphisme est obtenu grâce à une technique peu connue, le « paper-cut ». Encore une fois, je vous renvoie à l’article précédent dans lequel les auteurs nous présente ce travail !

Et comme je suis un privilégié, j’ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Eric (graphiste de profession) et Solène (prof des écoles ) !!!

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Solène, tu veux bien nous présenter Eric ? Et Eric, tu nous parles de Solène ? 

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Eric est quelqu’un de très talentueux, qui se passionne pour de nombreux domaines, c’est ce qui rend sa technique si originale.La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Merci Solène. Je dois avouer que la détermination de Solène m’a toujours fascinée. Et en tant que collaborateur, sa grande connaissance de la littérature jeunesse couplée à sa faculté d’écrire de si belles histoires en si peu de temps sont des atouts indéniables

Vos voulez bien nous dévoiler le synopsis de « La Légende de la vallée » ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

C’est l’histoire d’une famille qui arrive dans une vallée déserte. Il y a deux sœurs dans cette famille qui vont vouloir aller explorer une forêt inquiétante qui se trouve à proximité. A partir de là, elles vont suivre des chemins très différents…L’aînée va tout faire pour sortir de cette forêt qui bien sûr est maléfique et la cadette voudra y rester…La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Solène l’a parfaitement résumé. Je rajouterais que même si cet album se veut un peu plus « noir », et moins consensuel que le précédent, il reste tout de même adapté aux jeunes lecteurs qui ont apprécié notre 1er ouvrage.

Au delà du graphisme, il y a forcément un lien entre ces deux livres. Vous nous expliquez ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Les histoires sont liées, l’une explique l’autre…Mais les deux albums peuvent être lus indépendamment l’un de l’autre ; c’était important pour nous.La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Oui, oui, il y a un lien entre les deux histoires. Ce que l’on peut vous dire, c’est que cela se passe au même endroit, mais pas à la même époque.

Y a-t-il une légende, des inspirations à la source de la vôtre, de Légende ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

C’est une bonne question…Pas en particulier je pense mais nous connaissons tellement de contes, avons tellement d’influences que c’est évident que cela se retrouve dans nos albums…Les cailloux peuvent faire penser au Petit Poucet, la forêt de ronces à La Belle au Bois Dormant (je venais de voir le film Maléfique quand j’ai écrit l’album) mais après nous n’avons pas pensé à une autre légende pour écrire celle-ci.La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Etant l’illustrateur, je vais chercher mon inspiration dans le graphisme de mes illustres aînés plus que dans leurs écrits.

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Comment est née cette seconde histoire ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Déjà grâce à notre éditrice qui en voulait une deuxième, et ensuite parce que mon père nous disait depuis le début qu’il fallait qu’on explique pourquoi la vallée du premier album s’appelait »Six-Cailloux » et il avait raison car quand nous intervenons dans des classes les enfants nous le demande tout le temps !

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

C’est vrai que les enfants ont joué un grand rôle dans la création de ce nouvel opus. En effet nous nous sommes dit qu’il fallait répondre à la question récurrente « pourquoi la vallée s’appelle Six-cailloux ? », c’est ce que nous avons tenté de faire ici.

Solène, tu as des auteurs favoris en littérature de jeunesse ? Des auteurs qui t’inspirent, t’influencent ? »

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Je suis plutôt fan d’illustrateurs comme Lacombe, Canepa (la BD « End » est magnifique), Mazzanti… J’adore « Les carnets de Cerise », les dessins sont magnifiques et les histoires émouvantes. Dernièrement j’ai découvert l’auteur Ransom Riggs à travers son livre « Miss Pérégrine et les enfants particuliers » que je recommande absolument, le concept est génial, l’histoire prenante et angoissante, bref c’est mon dernier coup de cœur… Mais j’aime tellement d’auteurs et illustrateurs que c’est impossible de choisir.

 

Eric, l’univers de la littérature de jeunesse t’était déjà familier avant de te lancer dans l’aventure ou est-ce nouveau pour toi ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Sans être réellement nouveau pour moi, j’avoue que c’est un univers qui ne m’était pas vraiment familier. Mais Solène est toujours prête à me faire découvrir ses dernières pépites. Et venant du milieu du graphisme pur, j’ai d’autres sources d’inspiration et j’espère que cela nous permet de nous démarquer un peu.

Vous avez participé à des rencontres dans des écoles, vous pouvez nous en parler ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

C’était super ! Les enfants posent plein de questions très pertinentes, on amène nos maquettes, il y a beaucoup d’échanges. En général, les enfants ont déjà travaillé les albums précédemment et nous écrivent avant la rencontre, c’est génial de recevoir au courrier une lettre d’enfants, de l’ouvrir, de découvrir leurs questions…Parfois les enfants font eux-mêmes un travail de découpage pour illustrer une histoire ou un thème et c’est impressionnant de voir ce qu’ils arrivent à faire ! A chaque rencontre, nous avons de nouvelles surprises, personnellement j’adore ça.

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

J’ai plus ressenti ces rencontres comme l’aboutissement de notre travail en amont. Rencontrer nos lecteurs est génial et très enrichissant ! Quand les élèves nous posent des questions auxquelles nous même nous n’avions pas pensé, c’est parfois déconcertant, mais je pense que cela nous aide à être encore plus proches de leurs attentes dans l’avenir.

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Vous avez sûrement d’autres projets en cours. On peut en savoir un peu plus ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

On est en plein dans le troisième album, toujours avec la même technique, toujours avec un lien avec les deux précédents. Celui-ci nous donne du fil à retordre car il y aura énormément d’animaux et l’essentiel de l’histoire se passera dans une forêt, ce qui n’est pas notre grande spécialité. Mais justement c’est un défi que nous comptons bien relever !

 J’ai su que votre livre plaisait aux 4 coins du monde. C’est génial ! D’où avez-vous eu des échos ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Je ne sais pas s’il plaît mais nous avons vu qu’il était en vente au Japon et au Canada, c’est énorme ! Il ya une librairie à Montréal qui fait toujours des critiques supers sur nos livres, on est très flattés ! Jamais on aurait cru qu’on truc pareil pourrait nous arriver ! Les échos viennent de nos proches qui fouillent partout sur le net et traquent les infos qui nous concernent, ils sont trop marrants !La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Ça c’est la cerise sur le gâteau ! Cela veut dire que les thèmes abordés sont universels, et que nos écrits peuvent toucher des gens aux 4 coins de la planète.

Un dernier mot ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

 En tous cas merci Olivier pour ton soutien depuis le début, ; c’est grâce à des gens comme toi qu’un nouvel album a pu voir le jour !La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Encore merci pour tout Olivier, en plus de l’aide que tu nous apportes, tu fais un travail énorme pour les enseignants et les jeunes lecteurs, et pour ça je te félicite !

 

 Mais c’est moi qui vous remercie, Solène et Eric ! Encore merci de votre disponibilité et d’avoir pris ce temps pour nous ! On vous souhaite bonne route et on espère avoir des nouvelles de la suite de vos projets !!!

Vous pouvez suivre leurs aventure sur leur page La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

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Le loup de Six-Cailloux, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Le loup de Six-Cailloux, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

 Le loup de Six-Cailloux, de Solène Gaynecoetche et Eric DésirontAujourd’hui, je vous présente un coup de coeur : Le Loup de Six-Cailloux. Voici le premier album fraichement écrit par Solène, une collègue PE dans l’Oise. En plus du temps qu’elle consacre à sa classe et à la direction de son école, elle nous montre qu’il y a une vie après l’école !


Cet ouvrage,  paru début avril, se passe comme tout conte qui se respecte, dans un lieu et à une époque indéfinis. A chaque nuit de pleine lune, le loup garou vient chercher un enfant du village et l’emmène dans la forêt. Jamais aucun n’en ait revenu. Les adultes se montrent résignés mais les enfants sont décidés à ne pas se laisser faire et à prendre ce problème en charge !

L’originalité de cet album, ce qui le rend particulier (et aussi très intéressant à exploiter en classe), c’est l’ambiance que les auteurs ont su créée. Pour ce faire,  ils ont utilisé une technique appelée Paper-cut. D’ailleurs laissons Solène, l’auteure, nous en parler !

Pensez à laisser un p’tit mot : Solène vous lit !

Le loup de Six-Cailloux, de Solène Gaynecoetche et Eric DésirontSolène, peux-tu nous parler de la genèse du Loup de Six-Cailloux ?

Eric reçoit chaque jour une newsletter menant vers un lien en rapport avec l’art. Un jour, il m’a envoyé le lien du jour, un paper-cut . On trouvait ça sympa mais la plupart du temps, les gens faisaient juste une scénette, nous on aimait bien l’idée mais pour faire un album.

Donc tu connaissais déjà Eric dès le début de ce projet ?Le loup de Six-Cailloux, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

 On se connait depuis le lycée et on avait déjà travaillé ensemble sur un projet de stop motion en hommage à l’œuvre de Tim Burton que nous aimons beaucoup et qui était organisé par la Cinémathèque. On était fans des paper toys, des petits personnages en papier à construire à partir d’un patron et on avait fait un court métrage avec un de ces personnages qu’Eric avait créé (visible sur ce lien : ICI ).     On savait qu’on était complémentaires car Eric est graphiste, photographe et a un bon coup de crayon et moi j’aime inventer des histoires et bricoler des trucs. Du coup, on s’est dit : « Allez ,on le tente ».

Le loup de Six-Cailloux, de Solène Gaynecoetche et Eric DésirontAvez-vous créé les illustrations pour compléter le texte, ou les mots sont-ils venus se poser sur vos créations ?

  On avait envie d’un univers sombre avec des personnages simples et un animal (dès le début on voulait un loup en fait) pour une histoire proche du conte. On a inventé l’histoire pour qu’elle « colle » aux illustrations qui nous faisaient envie. Lorsqu’on a pris la première photo, on n’avait même pas encore inventé l’histoire entièrement ! On a tout découpé pour faire la première illustration et on l’a prise en photo. Ensuite Eric l’a travaillée sur Photoshop et Lightroom et on a trouvé le rendu sympa. Mais c’est quand on l’a montrée à nos proches qu’on s’est rendu compte que ça plaisait vraiment, que les gens voulaient savoir comment on l’avait fait. Tout le monde nous a poussés à continuer et c’est ce que nous avons fait. Il a fallu donc inventer la suite de l’histoire…Naturellement les enfants sont vite devenus les héros de l’histoire et nous voulions une métamorphose comme dans tout bon conte !

Pour des enfants de quel âge conseillerais-tu votre albumLe loup de Six-Cailloux, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront ?

Pour moi c’est du cycle 3. Le texte en lui-même est simple mais l’univers est particulier et il faut être un bon lecteur pour se laisser emporter dedans. De plus si on veut utiliser la même technique (le Paper Cut)  en classe il faut que les enfants soient habiles, donc je pointe aussi plutôt les grands.

Justement, rentrons dans la partie technique, celle qui permettrait à des classes de se lancer à réaliser des tableaux du même genre. Comment avez-vous procédé ?

Eric dessinait les personnages et les décors, me les envoyait, je les imprimais sur du papier noir et les découpais, ensuite on positionnait tout et on prenait les photos. Arrivés à ce niveau, c’est Eric qui a fait tout le travail en sélectionnant les meilleures photos et en les travaillant sur des logiciels de retouches parce que je n’y connais absolument rien…Parfois Eric dessinait le matin, je découpais l’après-midi et on prenait les photos le soir ! Une fois même, nous avions bien avancé et Eric n’avait pas eu le temps de préparer les nouveaux dessins, il les a griffonnés vite fait sur du papier noir pour qu’on puisse faire une nouvelle photo (c’est celle avec l’enfant et son lance-pierre) !

Première étape : le dessin de la silhouette

Le dessin des silhouettes, réalisé par Eric

La deuxième étape : les silhouettes sont découpées, prêtes à être utilisées

Les silhouettes découpées, prêtes à être utilisées

La prise de vue, et les éclairage placés afin de créer l'atmosphère recherchée

Le making off de la prise de vue, avec les éclairages installés

L'image définitive

La photo

Un ENORME merci à Solène et à Eric pour le temps consacré à me préparer ces explications et  ces photos !

Solène GaynecoetcheEric Désiront

 Pour vous donner une idée de ce qu’il est possible de réaliser en classe voici le tableau que j’ai fait avec des CE2-CM1-CM2 l’an passé (et un petit mot sur sa réalisation ICI)

Le loup de Six-Cailloux, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

12 pensées sur « Le loup de Six-Cailloux, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront ! »

  1. Solène
    dit :

    Merci Olivier  pour cet article très sympa, pour ton enthousiasme et ton soutien!


  2. Pavi
     

    dit :

    Magnifique, ton article donne envie de connaitre l’album: je vais le suggérer dans ma bibliothèque où la bibliothécaire jeunesse est toujours à l’écoute de nos découvertes.

    Solène

    Jeudi 26 Novembre 2015 à 21:21

    Merci Pavi 😉


  3. Solène
    dit :

    Merci Pavi 😉


  4. OlivierI
     

    dit :

    Ils peuvent le commander sans hésitation : il est magnifique !


  5. orphys
     

    dit :

    Ouah, album superbe que j’ai hâte de découvrir. La réalisation en classe est elle-même top, et ça donne follement envie d’essayer de faire pareil.
    Bravo à Solène et bravo à toi qui promeut son travail.
    Si besoin de référencer l’ouvrage, n’hésitez pas à le faire sur livres.monecole.fr c’est fait pour ça.

    Solène

    Jeudi 26 Novembre 2015 à 21:21

    Merci Orphys 😉


  6. Solène
    dit :

    Merci Orphys 😉

  7. Solèn
    dit :

    Bonjour Orphys et merci pour vos compliments qui  me touchent beaucoup 🙂 Ce serait super de référencer l’album (et le prochain aussi si c’est possible?), je vais m’en occuper. Merci beaucoup!

  8. Cécile
    dit :

    Article sympathique et pétillant ! Il explique bien le principe de l’album qui soit dit en passant je vous recommande vivement, tant par son originalité que sa qualité. Merci aux auteurs pour ce travail 🙂

    Solène

    Jeudi 26 Novembre 2015 à 21:23

    Merci Cécile 😉


  9. Solène
    dit :

    Merci Cécile 😉

  10. Mélanie
    dit :

    Bonjour,Il est rare pour moi de passer du temps sur les blog et de laisser des commentaires… Mais je m’en sens vraiment obligée là !Passionnée d’arts visuels et de littérature de jeunesse, je me suis reconnue dans ta présentation. Ton blog est génial. Je vais devoir passer commande chez le libraire.J’adore aussi AMI AMI !J’ai des CM cette année et je pense te piquer te idées..Bref c’est génial.. J’adore ce que tu fais !Merci pour ce partage !Mélanie (jeune PE du 84)


  11. OlivierI
     

    dit :

    Bonjour Mélanie, et merci à toi d’avoir pris le temps d’écrire ces mots. Tu n’imagines pas à quel point ils font plaisir ! Je suis ravi que mon blog te plaise autant !
    Si tu as aimé Ami-ami, prends le temps de découvrir Le voyage d’Oregon, il est aussi riche mais un peu plus subtil encore, il devrait te plaire !


  12. Djoum
     

    dit :

    Bon d’accord je suis encore là et je viens encore de commander un livre 😉

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Aux merveilles d’Alys – Le magasin zinzin

Aux merveilles d’Alys – Le magasin zinzin

Attention, ce n’est pas un livre, c’est bijou !

Aux merveilles d'Alys - Le magasin zinzinFrédéric Clément, qui m’avait déjà charmé par ses illustrations dans Le luthier de Venise, propose cette fois-ci un trésor de la littérature de jeunesse, un musée des objets et des personnages des classiques des contes et autres romans.

L’objet livre est magnifique en soit. C’est l’un de mes livres perso que je ne prête pas à mes élèves, même pour le feuilleter. Papier épais, illustrations soignées, jeux de typographie, et surtout… une qualité d’écriture, un univers féérique, des mots justes et bien placés. L’auteur joue avec les mots et les expressions pour créer un catalogue poétique des objets qu’on rêve de posséder !

La trame de fond, peu présente nous permet de faire la connaissance du narrateur, Frédéric Tic-Tic, colporteur, qui propose à Mademoiselle Alys un cadeau d’anniversaire exceptionnel. Mais cela reste anectotique.

Afin de vous faire une idée, voici un extrait :

« A Mademoiselle Alys marchande de merveilles.

Mademoiselle la marchande, on raconte partout, de port en port, de val en val, de ville en ville que vous êtes marchande d’un magasin extraordinaire. J’en entendu dire, sur les chemins de terre, dans les chemins de fer que bientôt c’est votre anniversaire.

On murmure même que le choix de votre cadeau est difficile tant votre magasin enferme de merveilles. Alors voilà, permettez-moi de me présenter : Frédéric Tic-Tic, marchand d’allumettes, d’amulettes, de miroirs, d’alouettes, représentant en temps et en heures, colporteur de merveilles pour fêtes et anniversaires sur les chemins de terre, dans les chemins de fer.

Et j’ai sûrement dans mes cartables ou mes cartons, dans mes malles ou mes valises, dans ma petite brouette ou mon arrière-boutique, j’ai sûrement une merveilleuse merveille, une folie douce qui vous tentera. Accordez-moi, voulez-vous, quelques instants d’attention, j’aimerais vous présenter ma collection de collections.« 

J’adore !

Concernant l’exploitation en classe, elle est réalisable à partir du CM1.  Les différents objets proposés par Frédéric Tic-Tic reposent sur 3 principes : objet particulier de par sa provenance (il a appartenu à un personnage célèbre ou a été cité dans un conte ou une histoire), détournement de la nature ou de la fonction de l’objet, et modification d’une caractéristique profonde de l’objet. Je mettrai la séquence dont je me sers par la suite.

Parmi son catalogue, vous trouverez par exemple des miettes de baguettes magiques, deux moustaches du Chat botté, l’ombre du Petit Prince, un billet gagnant pour un tour en tapis volant dirigé par le capitaine Nemo (pas le poisson ! ), la plume du moineau de monsieur Doisneau (le petit oiseau va sortir), une bille contenant la plus cruelle vague de la plus monstrueuse tempête que la Terre ait connue, des graines de citrouilles et des graines de carrosse, ou encore une salière pour partir chasser le piano en lui lançant du sel sur la queue.

 Aux merveilles d'Alys - Le magasin zinzin

Si vous n’avez jamais eu l’occasion de lire ce livre, je vous le conseille, c’est l’un de mes plus grand coup de coeur !

12 pensées sur « Aux merveilles d’Alys – Le magasin zinzin ! »


  1. Djoum
     

    dit :

    Et voilà j’ai encore acheté un livre !!! 😉


  2. OlivierI
     

    dit :

    C’est pas un livre celui-là, c’est un trésor !Tu me diras ce que tu en as pensé ?


  3. OlivierI
     

    dit :

    Et celui-ci Djoum, tu l’as reçu ?


  4. Djoum
     

    dit :

    Non mercredi ou jeudi ;-))


  5. OlivierI
     

    dit :

    Un bijou de littérature dans un superbe écrun, tu verras !


  6. Djoum
     

    dit :

    Reçu aujourd’hui en fait et je confirme : un bijou!! Je me retiens de kidnapper mon fils avant qu’il ne reparte à l’école pour lui faire découvrir 😉


  7. OlivierI
     

    dit :


  8. cornafion
     

    dit :

    Je pensais commander cet album qui me permettrait de lier mes 2 thèmes de l’année à venir (Alice au pays des merveilles et le Tour du monde en 80 jours)… As-tu publié ta séquence finalement? Bonnes vacances et merci pour ces belles découvertes 🙂

    OlivierI

    Jeudi 7 Juillet à 00:06

    Bonjour Cornafion ! Je n’ai toujours pas publié la séquence. Contacte moi par mail, je vais essayer de la retrouver sur mon disque dur pour te l’envoyer.

    OlivierI

    Jeudi 7 Juillet à 00:07

    Et bonnes vacances à toi aussi !

  9. OlivierI

    dit :

    Bonjour Cornafion ! Je n’ai toujours pas publié la séquence. Contacte moi par mail, je vais essayer de la retrouver sur mon disque dur pour te l’envoyer.

  10. OlivierI

    dit :

    Et bonnes vacances à toi aussi !

  11. Laura
    dit :

    Bonsoir,  je suis intéressée pour recevoir votre séquence par mail. PES en septembre en CM1/CM2 et adorant cet album j’aimerais mener une séquence  portant sur ce livre. Je vous remercie par avance bonne vacances (enfin ce qu’il en reste).


  12. OlivierI
     

    dit :

    Bonsoir Laura, contacte-moi par mail que je puisse t’envoyer tout ça !

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Mange-moi, Nathalie Papin

Mange-moi, Nathalie Papin

Ce livre est un grand classique du théâtre contemporain pour les scolaires.

Mange-moi, Nathalie PapinAlia, une petite fille pas comme les autres, boulimique, qui adore lire le dictionnaire, et souffrant de l’absence de sa mère qui ne lui porte aucune attention, décide de s’enfuir de l’école après une dispute.

En chemin, elle fait la rencontre d’un ogre mangeur d’horizons qui refuse de croquer les enfants. Il souffre d’ailleurs d’anogrexie, mortelle. Alia, prise d’amitié (ou d’amour) pour lui, part en quête d’un remède. Elle rencontrera le Mangeur de mémoire, la Dévoreuse de temps, le Bonhomme et la Dévoreuse de livres qui, chacun leur tour, lui apporteront de l’aide.

Comme beaucoup de livres de la collection Théâtre  de L’école des Loisirs, ce n’est pas une histoire creuse. Cette fuite initiatique d’Alia la mènera à fuir son quotidien qui la rend malheureuse, en abandonnant sa mère au passage, pour trouver le bonheur auprès d’une figure repoussante de la littérature.

Les dialogues sont pleins de poésie, les personnages allégoriques et l’univers captivant !

« Je suis grosse et les autres disent que c’est moche. Les éléphants c’est gros et c’est pas moche »

Vous pouvez trouver un exemple d’exploitation ICI.

 

 

0 pensées sur « Mange-moi, Nathalie Papin ! »

    Prix des lecteurs L’école Aujourd’hui

    Prix des lecteurs L’école Aujourd’hui

    En remplacement pour l’année sur un mi-temps dans une classe de cycle 3, je me suis inscrit au mois de septembre sur le site du magazine L’école Aujourd’hui (LEA) pour participer au Prix des Lecteurs 2014. Le principe : la rédaction nous envoie sa sélection de livres (4 albums, 4 romans). Nous les travaillons en classe et devons désigner notre préféré dans chaque catégorie.

    Voici la plaquette de présentation du concours : Ici

    Dans la classe, le choix a été presque unanime.

    Prix des lecteurs L'école Aujourd'huiDans la catégorie Album, c’est Le fil de  soie, de Cécile Roumiguière qui a obtenu notre vote.

    Marie-Lou aime regarder sa grand-mère travailler : c’est une excellente couturière. Elle suit des yeux les doigts qui courent sur le tissu et l’écoute fredonner un chant dans une langue inconnue. Quel est ce chant ?
    Marie-Lou sait que sa grand-mère cache un secret. Et pour son anniversaire, elle lui a demandé de le lui révéler. Elle le fera, à sa façon : en le brodant sur une robe de poupée. La petite fille découvrira ainsi le secret de sa famille et apprendra, enfin, d’où elle vient.

    Une très belle histoire, dans laquelle un secret de famille est révélé : la déportation de la grand-mère durant son enfance, et ses souvenirs dont elle ne veut pas parler.
    Un très bel album pour les plus grands, qui y trouveront des allusions à la Seconde Guerre mondiale, sans qu’elle soit nommée.

    Un magnifique album, dans lequel les illustrations occupent une place importante. Leur style est particulier et elles demandent un travail d’interprétation. En connaissant la fin de l’histoire, on s’aperçoit que le secret de la grand-mère nous était en fait révélé au fur et à mesure de la lecture dans les illustrations.

    Une présentation des illustrations en musique :

    Dans la catégorie Roman, c’est L’arbre à l’envers, de Pauline Alphen, qui a été préféré.

    Prix des lecteurs L'école Aujourd'huiL’histoire se passe en Argentine. Paulo vit la journée la plus bizarre de sa vie : il enterre son grand-père dans un cimetière qui ressemble à une plage et sa mère entre à la maternité. Il va donc passer quelques jours chez sa grand-mère.

    Il profitera de ces moments pour se remémorer l’histoire de son grand-père Arthur, juif français du XXe siècle, et on connaîtra celle d’autres de ses aïeux, à travers le récit fait par sa grand-mère.
    L’Histoire trouve aussi sa place dans le récit, notamment à travers des objets (le tapis du grand-père ou la pipe-tomawak).

    La plus belle partie de ce livre se cache dans le bureau d’Arthur, pièce dans laquelle Paulo n’avait pas le droit d’entrer jusque là. Il y fera une découverte qui le rapprochera de son grand-père, et de toute sa famille.

    Cette histoire est à peu près inclassable : elle se situe entre le roman de vie, le fantastique, l’œuvre poétique et le journal intime.

    Ce qui m’a plu dans ce texte, en plus de l’histoire dans laquelle se mêle naissance et deuil, jeunesse et vieillesse, tristesse et joies, ce sont aussi les mots justes et simples pour parler de la douleur.

    Dans le cimetière, en voyant des gens autour d’une tombe :

    « –Ils disent à ceux qui sont partis qu’il leur manque mais que la vie continue. Comme quand tu tombes Paulo. Tu as mal, tu pleures mais après tu continues quand même à jouer.

    Si les morts sont comme des cicatrices, je connais : ça veut dire que ça ne fera plus aussi mal un jour.Mais ça veut dire aussi qu’ils seront toujours là. La cicatrice de quand je suis tombé à vélo et celle du rocher quand j’ai plongé dans la mer, je les ai toujours. Elles ne sont plus rouges, mais blanches. Je viens de vérifier.Si les morts, c’est comme les cicatrices, on les garde à vie. »

    0 pensées sur « Prix des lecteurs L’école Aujourd’hui ! »