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Catégorie : Littérature

Littérature : que faire et comment l’enseigner ?

Littérature : que faire et comment l’enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : comment l'enseigner ?

Littérature : comment l'enseigner ?

Vous l’aurez peut-être remarqué (non, vraiment pas ???), l’enseignement de la littérature de jeunesse est l’une de mes préférées ! J’ai toujours eu un attrait particulier pour ce domaine, et j’ai eu la chance de croiser les bons formateurs qui m’ont emmené en dehors des sentiers battus.

La littérature de jeunesse, c’est tellement plus qu’un support de lecture ! Il existe des dispositifs à mettre en place qui permettent au groupe classe, après s’être volontairement cassé les dents sur un texte, d’accéder au sens de celui-ci, parfois très éloigné de ce que les élèves pensaient avoir compris au premier abord, et aussi qu’ils aient un retour réflexif sur le chemin qu’ils ont parcouru pour y parvenir. Le choix des textes que l’on va proposer est déterminant dans l’apprentissage, tous les titres de littérature ne s’y prêtent pas : comme pour les autres matières, il s’agit d’un enseignement qui se PROGRAMME, avec ses objectifs spécifiques et progressifs. Bon OK, dit comme ça, c’est trèèèès vague.

Je vais essayer de vous expliquer ce que j’aime dans ce domaine, et d’expliquer à peu près clairement ce que je fais en classe, et donner des exemples précis.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Tout d’abord, il faut que je vous parle de ma bible en terme d’enseignement de la littérature. Il s’agit de l’ouvrage de Catherine Tauveron « Lire la littérature à l’école – Pourquoi et comment conduire cet apprentissage spécifique ? de la GS au CM2 ».

C’est l’ouvrage de référence. L’auteure prend soin d’expliquer les enjeux de cet apprentissage et nous montre comment s’y prendre. Elle aborde les enjeux théoriques mais en les illustrant à chaque fois avec des exemples pratiques, en citant des albums ou romans mais également en montrant les difficultés de compréhension et d’interprétation (souvent délibérées de la part de l’auteur du livre) qui s’y trouvent, et comment les aborder en classe. Il y a des dizaines d’exemples d’exploitation disponibles !

L’ouvrage est vraiment très complet, dépassant souvent ce qu’il est réellement possible de faire en classe, mais on y découvre une autre manière de procéder qu’une lecture-compréhension avec questionnaire à la clé.

Il ne se lira pas dans le bus ou le train, mais si vos avez le temps de vous poser et l’envie de découvrir, n’hésitez pas, vous ne serez pas déçus !

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Pour faire simple, on peut dire que la lecture va s’intéresser aux problèmes de compréhension (rendez visite à Mélimélune, MalloryAllet ou encore beaucoup d’autres pour vous y pencher) tandis que la littérature va s’intéresser aux problème d’interprétation.

Comme le dit Catherine Tauveron dans les premières pages de son ouvrage, on ne lit pas la littérature comme on lit un documentaire, l’annuaire ou une liste de commissions. « Il doit exister un plaisir esthétique, intellectif et culturel qui, loin d’opérer par magie, se construit » et la plupart du temps, « on appréhende le récit littéraire comme un fait divers et non comme un produit artistique. On tolère, en maternelle, qu’il puisse déclencher des réactions affectivo-identitaires, mais on les écarte ensuite ».

La richesse et l’intérêt d’un texte littéraire repose, en partie, sur le fait que plusieurs interprétations peuvent en être faites, et l’étudier à l’aide d’un questionnaire ferme souvent les portes à cette possibilité. « C’est parce que la  lecture littéraire est un acte singulier d’appropriation d’un texte qu’elle peut être échangée et éventuellement partagée dans la communauté interprétative que constitue la classe. La lecture informatique traditionnelle centrée seulement sur le qui ? où ? quand ? comment ? est une lecture qui reste extérieure à l’élève. Elle ne s’échange pas, parce qu’elle fait l’objet, la plupart du temps, d’un consensus. […] La lecture littéraire qui se tient au plus près du texte (des contraintes qu’il impose et des libertés qu’il offre), qui implique la mobilisation d’une culture partagée (ou à partager) dans la classe, qui se pose la question du « comment ça marche ? » en soi, aussi bien que moi que sur les autres, qui sollicite des interprétations diverses dont le degré de pertinence doit toujours être argumenté et évalué, appelle naturellement l’échange. La lecture en classe devient ainsi le lieu où l’on objective dans le langage ce qu’on a pensé, où l’on se penche sur ce qu’on a ainsi produit pour le considérer sous un jour nouveau, un lieu de négociation de sens, un lieu d’écoute de soi et de l’autre, un lieu de tolérance mais aussi d’esprit critique toujours en éveil : un lieu d’intersubjectivité« (Catherine Tauveron).

La lecture est au service de la littérature, toutes les compétences de lecteur vont être mises en œuvre dans l’étude de textes littéraires. Ces textes, volontairement denses, parfois obscurs à la compréhension, esthétiques, résistants, proliférants, vont poser des problèmes non pas de compréhension, mais d’interprétation.

C’est en amenant le texte d’une manière fine, ciblée, centrée son obstacle spécifique que vont naître des échanges riches entre les élèves, où chacun mettra en avant la manière dont il l’a perçu (toujours en le justifiant), en faisant sans cesse des allers-retours entre les lignes, en écoutant ses pairs, et grâce aux coups de pouce de l’enseignant, que le sens va petit à petit se construire.

C’est donc sur les échanges que l’enseignement de la littérature se base.

C’est vrai, ça fait beaucoup de blabla d’un coup, j’en suis conscient. Voici deux exemples pratiques, l’analyse de deux albums simples à comprendre (lecture) et bien plus profond à interpréter (d’un point de vue littéraire) :

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

L’une des manières d’entrer en littérature est d’étudier un genre littéraire. Parmi ceux-ci, on peut citer le policier, le récit de vie, l’aventure, le récit de voyage, le récit historique, le conte, la fable, le fantastique ou la science-fiction. Ces genres littéraires peuvent être écrits sous différentes formes (romans, albums, bandes dessinées, nouvelles, théâtre, poèmes).

L’objet de l’étude d’une séquence d’apprentissage va donc pouvoir être de caractériser l’un de ces genres ou l’une de ces formes littéraires. Mais à quoi cela peut-il servir pour l’élève de rencontrer ces différents genres ou formes ? Déjà, à savoir le lire : le théâtre écrit présente des caractéristiques très particulières, et si elles n’ont pas été explicitées et présentées, il sera difficile de se repérer dedans. « Pourquoi y a écrit des prénoms au milieu des lignes ? C’est quoi les écritures penchées, là ? Ça veut dire quoi Scène IV ? ».

L’étude d’un genre va permettre à l’élève de se forger une culture de lecteur, mais aussi de se mettre dans la position d’un lecteur expert : il va passer de « ce que raconte un texte » à « comment il le raconte ». Il aura appris à reconnaître et anticiper les différents éléments constitutifs du genre (le schéma quinaire d’un conte par exemple, mais aussi reconnaître les personnages récurrents de ce genre-le prince, le dragon, la sorcière, l’ogre, le géant, …-, ou s’attendre à la présence d’objets magiques, …).

Cela peut aussi permettre d’apprendre à faire la différence entre des genres qui sont proches, mais pourtant différents. Prenons l’exemple du Merveilleux, du Fantastique et de la Fantasy :

  • Le merveilleux est un genre dans lequel on va trouver des personnages, des lieux, des pouvoirs et des objets qui n’existent pas dans notre réalité, mais ils vont être présentés au lecteur de manière tout à fait ordinaire. Dans l’univers dans lequel le récit se passe, ils apparaissent comme normaux.
  • Pour le Fantastique, ces mêmes lieux, personnages, pouvoirs, objets seront présents, mais ils apparaîtront comme étrange car le récit se déroule dans un univers qui apparait comme vraisemblable. L’apparition de ces nouveaux éléments sera progressive et le narrateur commencera par douter de ses sens lors des premières rencontres avant de les accepter, souvent avec un sentiment de peur.
  • Quant à la Fantasy, elle désigne le genre dans lequel des éléments surnaturels relevant des mythes apparaissent, avec notamment l’utilisation de magie ou la présence d’esprits.
Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Rendez-vous par ici pour découvrir davantage les différents genres, ainsi que  des exploitations trouvées chez les cyber-collègues :

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Pour parcourir et apprivoiser un texte, il faut bien sûr le découvrir, mais les élèves n’auront pas obligatoirement besoin de le lire par eux-même, surtout lorsqu’il s’agit d’étudier une oeuvre longue. La découverte du récit pourra être faite par :

  1. Lecture à voix haute par l’enseignant
  2. Lecture silencieuse des élèves
  3. Lecture à voix haute des élèves
  4. Résumé partiel de l’histoire par l’enseignant. Ce résumé peut être narré par l’enseignant, ou bien donné à lire aux élèves. L’intérêt de sauter certains passages est de ne pas perdre l’intérêt des élèves, ni de temps dans l’exploitation, à lire des passages plus « mous » du livre, qui n’apportent pas grands choses d’un point de vue narratif (l’idéal est de ne pas dépasser 2 à 3 semaines lorsqu’on travaille sur un livre).

Image Jack Koch – dangerecole.blogspot.com/

Il existe plusieurs dispositifs pour entrer dans le texte, certains plus connus et plus utilisé que d’autres. Ces différentes entrées ne sont pas qu’une variation ludique, elles doivent permettre de mettre en lumière les particularités du texte étudiés.

  1. Le dévoilement progressif : particulièrement utilisé lors des lectures-feuilletons, il permet de vérifier la compréhension des éléments. On vérifie que les personnages, les lieux, l’intrigue sot identifiés . Mais cette entrée peut aussi servir à faire apparaître une erreur d’interprétation chez le lecteur, à condition que le texte ait programmé cette erreur (tous ne s’y prêtent pas). Après le démarrage de l’intrigue, le lecteur s’attend à ce que la suite de l’histoire soit convenue, tout le monde s’attend à ce qu’il se passe un évènement, et il y a un rebondissement imprévu.
    Quelques exemples d’ouvrages qui s’y prêtent particulièrement :

    Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

    Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

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    Ce sera aussi le prétexte pour revenir en arrière dans la lecture, et chercher s’ils ne sont pas passés à côté d’indices qui auraient pu les mettre sur la bonne voie. Dans le cas de Ohé Capitaine ! de Thierry Dessailly, le lecteur doit décider si le « capitaine » est un vrai matelot, ou bien si, comme la rumeur le prétend, il n’avait jamais été à la barre d’un navire.

    « Dans un village, au bord de la mer, un vieux capitaine, qui a tout (et même un peu trop) du capitaine… sauf le bateau, passe ses journées l’œil (triste) fixé sur l’horizon. Il a un secret…, dit-on gentiment. Mais un jour, la rumeur se lève parmi les habitants : et s’il n’était pas capitaine ? Il disparait bientôt et c’est le désarroi dans le cœur et l’esprit de chacun. Pourtant, par une nuit de tempête, comme sous le pinceau blanc d’un peintre magicien, il réapparait longeant le village, à la barre de son merveilleux navire, sans accoster… et tous comprennent alors que le capitaine leur avait offert bien plus qu’ils n’auraient espéré : Patience, audace, espoir, rêve et beaucoup d’amour. (résumé de C. Tauveron)

    Dans cet album, le lecteur est amené à comprendre en premier lieu que le récit se passe comme il nous est raconté. Cependant il oscille entre rêve et réalité. On pense que Capitaine est forcément un vrai capitaine et que c’est lui qui est à la barre du navire lors de cette fameuse nuit. Mais, en étant attentif à certains passages, on peut se douter que le récit ne peut pas être vraisemblable, alors qu’il est ancré dans un univers qui l’est. Le retour du Capitaine se fait par une terrible nuit de tempête. Tous étaient certains qu’un seul homme était capable de passer si près de la côte, une nuit de tempête : le Capitaine. […] Ceux qui ont croisé son regard ont compris qu’il ne resterait pas. Un capitaine de cette trempe aurait pu accoster et pourtant, il ne le fit pas.
    Croiser le regard du Capitaine ? Les villageois se sont massés sur la côte, il fait nuit, la tempête fait rage. Tout ça mis bout à bout ne tient pas debout ! Lorsque les élèves ont mis le doigts sur cette contradiction, puis réussi à interpréter la dernière phrase du livre (Moussaillons, ouvrez l’œil. Il existe des Capitaines sans jambes de bois, sans barbe rousse, sans … bateau), ils sont en mesure d’envisager que ce capitaine n’en est pas un vrai. Et une relecture attentive des différents fragments va permettre de mettre le doigt sur d’autres indices.

    Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

    Pour cet album, le découpage peut être fait en 3 fragments : d’abord la situation initiale (la cohabitation tranquille avec les gens du village), puis le basculement (l’émergence de la rumeur, la disparition du Capitaine et l’appel des villageois) et enfin le dénouement (la 7e nuit de tempête). Le premier fragment permet de découvrir les personnages et les lieux. On est persuadé que le Capitaine est un vrai capitaine. Dans le second, on va trouver des passages qui sont particulièrement résistants et qui ne pourront être compris que lorsque le doute sur la véracité de la narration sera apparu. Enfin, le dernier extrait devra être discuté, en mettant le doigts sur les éléments contradictoires qui mèneront à s’interroger sur l’ensemble du récit.

  2. La lecture dans un désordre concerté : on va la privilégié dans le cas où le récit n’est pas dans l’ordre chronologique des évènements ou bien lorsque l’on veut cacher des éléments du début de l’histoire pour que les élèves problématisent leur lecture.
    C’est ce qu’il est possible de faire par exemple pour l’étude de L’enfant océan, de J.-C. Mourlevat.
Littérature : que faire et comment l'enseigner ? Pour l’étude de ce roman, j’aime commencer par la lecture du chapitre 7, dans lequel on nous décrit le spectacle de 7 enfants faisant des glissades sur le terrain de sport municipal en plein milieu de la nuit.
C’est assez surprenant pour le lecteur, mais on peut ensuite s’interroger sur l’identité de ces personnages, et des raisons pour lesquelles ils sont là, nus au milieu de la nuit. Cette situation conduit la classe à interroger l’implicite

III. La lecture puzzle : ce dispositif permet d’attirer l’attention sur des indices qui peuvent sinon passer inaperçus. Ils vont permettre de construire une interprétation fine. Il faut mettre en lien des indicateurs de temps et de lieux, des substituts, des pronoms, …

IV. Lecture avec ou sans les images : ce dispositif est destiné aux albums, car la relation texte-images y est importante : ils peuvent être redondants (la plupart), complémentaires (Une histoire à 4 voix, les albums de Claude Ponti), divergents (L’Afrique de Zigomar, Mon chat est le plus bête du monde), narrer des récits parallèles, donner une piste d’interprétation (Les mystères de Harrys Burdick) …

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Dans un premier temps, on montre les illustrations et on demande de lire et d’interpréter les images (ce que je vois / ce que je comprends).

Puis on compare avec ce qu’on lit.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Sortir du questionnaire de compréhension (/d’interprétation) ne veut pas dire que l’on ne demande aucun travail écrit aux élèves. C’est davantage que l’on va les emmener à proposer des interprétations, des recherches des possibles que le texte offre grâce à des questions ouvertes.

Il est possible de demander de produire un dessin d’un passage, d’un personnage dont l’identité ou la description ne sont pas clairement faits (il faudra interpréter un faisceau d’indices – Coeur de Lion, de Robert Boudet par exemple).

On peut aussi recourir aux « écrits de travail ». Il ne s’agit pas de production d’écrit, mais d’une production transitoire et éphémère qui va permettre de poser UNE interprétation possible du texte, et exprimer la compréhension de l’élève à un moment-T de la lecture. On peut les comparer aux représentations initiales de la démarche expérimentale en sciences.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Pour consulter la typologie des différents types d’écrits de travail, c’est par là.

Pour avoir des exemples concrets et complets, c’est par ici (puis CTRL + F, tapez Typologie).

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

La lecture en réseau est souvent évoquée. Afin que le réseau soit efficace, il faut que les textes que l’on associe permettent d’acquérir un comportement de lecteur expert en s’affinant au fur et à mesure jusqu’à surmonter l’obstacle de compréhension qu’ils posent.

Prenons l’exemple de la notion de narrateur. Le réseau va être fait de textes sélectionnés afin de construire les connaissances suivantes :

  • définir la notion de narrateur
  • apprendre à repérer les indices permettant d’identifier un narrateur interne ou externe
  • travailler sur le narrateur-auteur : l’autobiographie
  • se questionner sur la fiabilité du narrateur (cas du narrateur-menteur : Journal d’un chat assassin, par exemple)
  • aborder le relai de narration : L’enfant océan
  • observer les différences d’interprétation d’un même évènement par plusieurs narrateurs (le point de vue)
  • connaître le journal-intime : écrire pour soi

Évidement, il n’est pas nécessaire d’épuiser toutes les possibilités du réseau, au risque de lasser tout le monde.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Ce genre de réseau doit donc permettre de surmonter un problème de compréhension qui constitue un obstacle pour l’élève (les textes réticents). Cela peut être le cas pour :

  • les textes qui poussent à une compréhension erronée par la présence de leurres qui poussent à la méprise (Papa ! de P. Corentin, Coeur de Lion de R. Boudet, romans policiers avec fausses pistes)
  • le cas du narrateur peu fiable (Journal d’un chat assassin, A. Fine – Moi, Fifi, de G. Solotareff – Un martien ou Robot, de B. Friot)
  • la présence d’ellipses narratives (Yakouba, T. Dedieu)
  • le fait de gommer les relations entre les personnages
  • le fait de perturber l’ordre chronologique des évènements
  • le fait d’enchâsser un récit dans le récit (Dents d’acier, de C. Boujon)
  • en brouillant les frontières entre monde fictif et monde imaginaire (Boréal-express, de Chris Van Allsburg, Comment Wang-Fô fut sauvé, M. Yourcenar)
  • en adoptant un point de vue original (celui d’un extra-terrestre –Dr Xorgol de Tony Ross, d’un caillou –Rocky le petit rocher d’Alain Foix, d’une fourmi – Les deux fourmis de Chris Van Allsburg,  d’une poupée – La petite géante, de Philippe Dumas, ou d’un ours en peluche – Mitch, G. Solotareff ou Otto de T. Ungerer).

Un réseau peut aussi être construit afin de structurer une culture (on en revient au genre littéraire, mais on peut aussi évoquer l’archétype d’un personnage dans les contes).

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

On peut aussi évoquer les réseaux centrés sur un auteur. Mais là encore, il faut avoir des objectifs spécifiques autour de cet auteur. Par exemple, connaître l’auteur peut permettre de mettre en lumière que les œuvres s’éclairent les unes les autres. Prenons le cas de Rascal (oui, encore !). Ses albums sont simples à comprendre en apparence, mais l’interprétation des histoires est plus compliquée. Certains éléments récurrents dans les histoires vont permettre aux textes de s’éclairer les uns les autres. Ces éléments seront d’ordre symbolique :

  • les saisons comme rythme de la vie
  • l’eau qui nettoie et purifie
  • le feu qui purifie
  • la re-naissance symbolique des personnages
  • le voyage géographique qui permet une quête spirituel
  • les masques derrière lesquels les personnages se cachent

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Les réseaux autour d’un même obstacle de compréhension peuvent donner lieu à un autre dispositif : le débat interprétatif.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Ce dispositif a pour objectif d’aider les élèves à raisonner sur les textes, à acquérir des stratégies de lecture et à les utiliser lorsqu’ils rencontrent un texte qui les nécessite. Sa richesse provient des échanges oraux qu’auront les élèves pour justifier leur interprétation du texte et la réponse qu’ils y apportent, toujours en se référant à celui-ci, mais aussi en allant explorer le champ des implicites permis, mais aussi en s’appuyant sur son expérience de lecteur et les situations déjà rencontrées.
Pour proposer des situations d’enseignement par le débat interprétatif, il faut commencer par se constituer un corpus de 4 ou 5 textes présentant un même obstacle de compréhension. Dans le cas que je prend en exemple, il s’agira d’un réseau centré sur l’imaginaire.
Chaque jour, on propose un texte différent. Plutôt que d’aborder la compréhension et l’interprétation par le questionnaire, on va s’appuyer sur un écrit de travail (on en a parlé un peu plus tôt) qui va servir d’« observable de compréhension ».
A noter : on peut priver le texte de quelques phrases, du dernier paragraphe, de son titre […] si celui-ci apporte la réponse.

Un exemple :

Dans le texte Je t’haine, de Bernard Friot, le narrateur est amoureux de Virginie, l’une de ses camarades de classe. Et comme la plupart des garçons de son âge, il ne trouve pas d’autre manière de le lui montrer l’importance que de lui envoyer des « mots durs » (et non doux) ou de lui faire des croche-pieds. Et elle le lui rend bien ! Bref, ils ont cette relation particulière mais exclusive. Et un jour, cette demoiselle se dispute avec un autre garçon dans la cour et elle finit par lui crier « J’te déteste ! ». Le coeur de notre narrateur se brise net, et il décide de lui rendre la pareille et envoyant des « mots durs »sur la table de la voisine. Virginie est morte de jalousie. En plus de cela, notre narrateur lui laisse comprendre qu’il ne la déteste plus ! A la sortie des classes se joue une terrible scène à l’issue de laquelle Virginie est en larme. Le texte s’achève par :

« – Moi ? Je ne t’ai jamais détestée ! Au contraire, je t’aime, je t’aime !

Elle n’a pas répondu. Elle m’a tourné le dos. J’ai bien vu qu’elle pleurait. Alors je lui ai donné un coup de pied dans les fesses.  Pour la consoler. »

En tant que lecteur expert, il nous est facile de déceler cet amour mutuel et inavoué entre les deux personnages, avec des passages comme « Je la connais depuis la maternelle, mais avant, c’était comme si elle n’existait pas. Maintenant c’est tout le contraire. Je pense à elle sans arrêt. Même la nuit quand je dors. » ou bien en remarquant l’obsession de leur comportement l’un envers l’autre. Le titre livre également la clé de l’histoire. Mais pour des lecteurs de cycle 3, c’est une autre histoire !

La consigne qui accompagne ce texte est d’expliquer les 3 dernières phrases. Donner un coup de pied pour consoler ? Comment cela peut-il avoir du sens ? Et du coup, pourquoi cela la consolerait ? Pour le comprendre, il faudra revenir sur l’ensemble du texte.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Voilà le déroulement d’une séance type :

  • les élèves commencent par lire individuellement le texte
  • on fait une première phase orale afin de s’assurer de la compréhension globale du texte (Qui ? Où ? Quand ? Que se passe-t-il ? mais en restant dans les grandes lignes du texte, il ne s’agit pas de commencer à interpréter)
  • la consigne est donnée : il s’agit de trouver une consigne de travail, une question qui va permettre de mettre en valeur la difficulté que pose le texte. Cela peut être un dessin à réaliser, trouver un titre, imaginer une suite, combler une ellipse, faire un relevé, un classement, …
  • Ensuite, au choix : soit une mise en commun par petits groupes avant la synthèse. Chaque groupe doit se mettre d’accord sur une proposition parmi les leurs qui sera proposée à la classe.
  • Mise en commun dans le groupe classe. Je note les propositions au tableau, sans demander encore d’argumenter. Puis vient le moment du débat interprétatif. On discute des différentes réponses, avec lesquelles les élèves sont d’accord, ou pas, et surtout pourquoi ? Quels sont les éléments du texte qui permettent de l’affirmer  ? Y a-t-il des indices à mettre en relation pour construire du sens ?
    Durant cette phase, il faut essayer de s’effacer au maximum, de ne surtout rien confirmer, les élèves doivent construire eux même leur raisonnement.
  • Lorsque le débat touche à sa fin, et que l’on s’entend sur une manière de comprendre le texte (ou pas d’ailleurs, certaines situations ne permettront pas d’avoir un consensus), je propose une lecture offerte du texte qu’ils sont en mesure de comprendre à sa juste valeur.

L’ouvrage Enseigner la compréhension par le débat interprétatif est vraiment bien fait ! Il reprend ce fonctionnement et propose des corpus de textes réunis en fonction de difficultés ciblées. Je ne peux que vous le conseiller. Je m’en suis servi il y a quelques années et ne l’ai pas regretté !

Pour ceux qui veulent encore creuser un peu plus la question, voici le compte-rendu d’une conférence de Mme Tauveron à l’IUFM de Rennes. C’est synthétique et complet. Clic !

Encore une fois, merci à ceux qui m’auront lu jusque là !

14 pensées sur « Littérature : que faire et comment l’enseigner ? ! »

  1. Morgane
    dit :

    Merci pour ce partage. Ton article est intéressant. Il permet de découvrir de nouveaux titres.

  2. sassyle
    dit :

    Merci pour cet article intéressant, il j’y a plus qu’à mettre en oeuvre…Bonne fin de semaine

  3. sam
    dit :

    Effectivement j’ai lu jusqu’au bout même à minuit. Merci pour cette vision de la littérature… Je vais lire les liens donnés car c’est très intéressant tout ça!

  4. tiphaine
    dit :

    Merci pour cet article. Je m’interroge justement là- dessus en ce moment et tente de mettre en place qq chose qui sort du lecture/questionnaire que je trouve peu concluant ou formateur! Vos idées vont m’être bien utiles!


  5. OlivierI
     
    dit :

    Merci à vous 4 pour votre passage et votre lecture !


  6. Craie hâtive
     
    dit :

    Wahou ! Quel travail ! Merci pour les idées très intéressantes


  7. BigBoom
     
    dit :

    Très  intéressant cet article, avec des ressources  qui donnent envie! Merci pour ce partage


  8. domrod
     
    dit :

    J’ai tout lu, j’ai tout compris, je suis ravie!!!!!!
    MERCI

  9. Mayleb
    dit :

    Passionnant ! Il faudra que je relise pour m’approprier tout ça. Merci.

  10. Mélanie
    dit :

    Bonjour,
    un simple mot pour vous remercier pour ce travail incroyable. T1, j’ai cette année une classe de CM1-CM2 à mi-temps, et suis en charge de l’enseignement de la littérature. L’an passé, j’ai beaucoup travaillé sur la compréhension de lecture avec mes CE2-CM1; et étais donc un peu perdue en ce début d’année pour enseigner la littérature. En gros, je ne voyais pas trop quoi faire, comment, et ne souhaitais pas me limiter simplement à des lectures + questionnaires comme on le voit souvent dans les écoles.Bref, je suis sauvée par votre article, qui regorge d’idées, de pistes auxquelles j’adhère complètement, etj’ai envie de tout faire… Mais il va falloir faire des choix 🙂 Encore merci pour ce travail !

    OlivierI

    Jeudi 1er Octobre 2015 à 21:00

    Merci de ton passage et ton mot Mélanie. Je me suis retrouvé comme toi il y a quelques années, à me demander ce que je pouvais faire de plus pour aller plus loin en littérature, et j’ai eu la chance de faire les bonnes rencontres et d’avoir de bonnes lectures. Je partage ici une synthèse de ce que j’en ai compris/retenu/adapté en espérant que ça puisse être utile !

  11. OlivierI

    dit :

    Merci de ton passage et ton mot Mélanie. Je me suis retrouvé comme toi il y a quelques années, à me demander ce que je pouvais faire de plus pour aller plus loin en littérature, et j’ai eu la chance de faire les bonnes rencontres et d’avoir de bonnes lectures. Je partage ici une synthèse de ce que j’en ai compris/retenu/adapté en espérant que ça puisse être utile !


  12. OlivierI
     
    dit :

    Merci à toutes ! Comme d’habitude, c’est avec plaisir !


  13. enclasse
     
    dit :

    Merci pour cet article très complet.  Je trouve que le débat interprétatif n’est pas toujours facile à mener . J’ai parfois l’impression  de  beaucoup trop questionner les élèves pour arriver à faire émerger une réflexion sur le texte. J’espère que la lecture du livre que tu recommandes m’aidera à améliorer mes séances.

    OlivierI

    Dimanche 4 Octobre 2015 à 21:21

    Merci Pascale ! C’est vrai que le débat peut parfois être laborieux, et les prises de parole dépendent aussi beaucoup du climat de classe, certaines fois c’est assez catastrophique. Le choix des textes y est pour beaucoup dans les échanges, ainsi que les textes déjà rencontrés. Tu peux jeter un oeil dans ma rubrique Remplacement, il y en a quelques un .

  14. OlivierI

    dit :

    Merci Pascale ! C’est vrai que le débat peut parfois être laborieux, et les prises de parole dépendent aussi beaucoup du climat de classe, certaines fois c’est assez catastrophique. Le choix des textes y est pour beaucoup dans les échanges, ainsi que les textes déjà rencontrés. Tu peux jeter un oeil dans ma rubrique Remplacement, il y en a quelques un .

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Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Je mets ici des exempes de formes et de genres qu’il existe et sur lesquels il est possible de travailler en littérature. Il vient compléter un article qui paraîtra bientôt.

Les différents genres littéraires

Extrait de Kerity – La maison des contes

J’ai également mis des liens vers des exploitations disponibles chez les cyber-collègues. Les cyber-copains, si vous avez des ressources et que je vous ai oubliés (ne m’en veuillez pas !), n’hésitez pas à me tirer les oreilles que je vous ajoute !

Les différents genres littéraires

Le genre Policier se caractérise par une narration à la première personne, et un acte qui transgresse la loi : le « crime » (qui peut n’être que la disparition d’un goûter d’école dans la littérature de jeunesse). On retrouvera donc un coupable, une victime, un enquêteur, un délit, un mobile et l’essentiel de l’histoire sera de suivre l’enquêteur en partageant avec lui ses découvertes et ses réflexions. A ces caractéristiques, on peut ajouter les indices, les hypothèses, les suspects, les interrogatoires, les fausses pistes, le suspense…

A l’intérieur de ce genre, on peut distinguer des sous-genres :

– le roman à énigme traditionnel (l’enquête, policière ou non) ;

– le roman à suspense : le crime n’a pas encore été commis et la tension tient dans le fait que le lecteur assiste, impuissant, au déroulement des faits et attend de savoir en faveur de qui l’histoire va basculer : le criminel ou la victime ? L’énigme passe parfois au second plan, c’est la tension qui compte.

– le roman noir : moins destiné à la jeunesse que les autres, il s’agit de suivre les enquêtes d’un détective privé ou d’un ancien policier dans les bas fonds de la société. La violence est souvent présente.

Les différents genres littéraires

John Chaterton, Yvan Pommaux

J’ai choisi de vous présenter le travail de Mélimélune sur le policier que j’ai trouvé extrêmement bien fait. avec un travail sur des extraits ou des textes courts. Les élèves sont invités à reconnaître des oeuvres qui appartiennent à ce genre,  dégagent la structure du genre, et mènent une enquête et finissent par une étude du vocabulaire spécifique au genre.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Je vous conseille aussi la séquence de Projet Lecteur, d’Accès Editions. Comme toutes les autres présentes dans le livre, elle est très complète : définition du genre, objectifs d’apprentissages clairs et atteignables, de nombreux extraits pertinents et variés. Le livre propose un travail sur les couvertures de romans (identifier ceux qui appartiendraient à ce genre), un travail sur les premières pages (identifier le cadre de l’action : qui ? où ? quand ? quel est le crime ? qui est le narrateur ?), les structures narratives (schéma quinaire : situation initiale, élément perturbateur-le crime-, l’enquête, la résolution puis la situation finale), les personnages, la manières dont les auteurs créent du suspense et enfin les actions des personnages.

Les différents genres littéraires

Le Fantastique peut se définir par l’apparition progressive de phénomènes surnaturels dans un univers vraisemblable, ce qui implique des doutes et de la peur chez le narrateur, qui petit à petit s’approprie ou fuit ces nouveautés. Il peut s’agir de métamorphose, d’un objet qui possède des pouvoirs, d’apparitions (fantômes), de disparitions, de possession, de destruction ou de pacte avec les puissances occultes.

Les différents genres littéraires

Le luthier de Venise, Claude Clément

(clic sur l’image pour la présentation de l’album et l’exploitation)

Voici la séquence que j’ai créée sur le genre fantastique. Il s’agit d’un travail articulé autour de la littérature et de production d’écrit. J’ai essayé de mettre en avant les caractéristiques du genre, à savoir :

  1. – Apparition de faits inexpliqués et théoriquement inexplicables dans un contexte vraisemblable et connu du lecteur (histoire encrée dans le réel).
  2.  Narration à la première personne.
  3.  Effet produit sur le lecteur : inquiétante étrangeté, parfois de l’angoisse, de la peur due à une empathie pour le personnage principal qui est en danger.
  4.  Cadre spatio-temporel particulier : lieux isolés et conditions météorologiques propices à brouiller les perceptions (nuit, crépuscule, automne ou hiver avec du brouillard, …)
  5.  Le schéma du genre fantastique se différencie du schéma quinaire
  •  Situation initiale dans un contexte ordinaire réaliste ;
  •  Intrusion progressive du surnaturel qui ne doit pas être accepté par le lecteur comme normal. Le premier signe provoque le doute chez le personnage qui doute de ces sens, puis les apparitions suivantes sèmeront le doute dans son esprit, créant un sentiment de peur. Alternance de moments de doutes et de certitude chez le personnage ;
  •  Le narrateur reçoit un avertissement du danger qui le guète mais il le brave.
  •  Il y a une montée de l’angoisse progressive tout le long du récit jusqu’au dénouement ;
  •  La fin laisse parfois le doute dans l’esprit du lecteur : une explication peut être trouvée pour expliquer le phénomène étrange, mais un indice en fin de livre, alors que l’équilibre semble retrouvé, laisse planer un doute

6.Découvrir les champs d’activités typiques du genre : apparition, métamorphose, animation d’objet ou pouvoir magique lié à un objet, personnage possédant un pouvoir à son insu (moins traités dans la littérature de jeunesse : la possession, la destruction, les pactes avec les puissances occultes)

 Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

 Les différents genres littéraires

Il ne s’agit cette fois-ci pas d’un genre, mais d’une forme, avec ses caractéristiques propres : le sens de lecture, la relation texte-images, les différentes formes de bulles et leur signification, les idéogrammes et onomatopées et leur signification, etc.

Je vous emmène faire un tour chez Orphée qui a réalisé une superbe séquence sur la BD :

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Les différents genres littéraires

Là encore, il s’agit d’une forme et non d’un genre. Plus qu’une architecture typique, avec des retours à la ligne réguliers et des majuscules à chaque ver (ce qui n’est d’ailleurs pas toujours le cas), la poésie est un langage, complexe car il renvoie par des évocations à d’autres images, d’autres éléments.

Comprendre la poésie n’est pas quelque chose de naturel, certains y sont même hermétiques.

Voici l’article et les ressources que j’avais écrits : Entrer en poésie.

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Un essai de définition pour le conte serait un récit en prose d’événements fictifs transmis oralement.

C’est une narration brève qui trouve ses origines dans des mythes et des légendes, mais qui se différencie de la fable (où l’anthropomorphisme est total, ici le héros est ou redevient humain et la morale n’est pas explicitement énoncée), de la légende (il n’a pas de réalité historique), de l’épopée ou du mythe (le héros a plutôt un surnom, plus rarement un prénom).

On ne va pas parler DU conte, mais DES contes, car il existe plusieurs catégories. Voici celle reprise par les auteurs de Projet Lecteur :

  1. Les contes merveilleux (ou contes de fées) où intervient la magie (Blanche Neige, Cendrillon, Le Petit Poucet, …)
  2. Les contes d’animaux (Les trois petits cochons, Pierre et le loup, Le petit Chaperon rouge, …) ;
  3. Les contes étiologiques ou contes des origines (La montagne aux trois questions, Pourquoi les libellules ont le corps si long?, …) ;
  4. Les contes de randonnées (Le bonhomme en pain d’épices, Roule Galette, …) ;
  5. Les contes facétieux : histoire drôle mettant en scène un fort et un faible (Le roman de Renard, Nasr Eddin Hodja, …) ;
  6. Les contes modernes, dans lesquels le merveilleux intervient dans un contexte moderne (La petite fille aux allumettes), à la différence des contes classiques qui se passent dans un contexte espace-temps assez indéterminé ;
  7. Les contes parodiés (Les trois petites cochonnes, Contes à l’envers, La véritable histoire des trois petits cochons, …).

Les différents genres littéraires

Cochon, rentre à la maison ! – Mathilde et Yannick Lefrançois

Pour travailler ce genre, je vous propose de rendre visite à Mysticlolly, qui a créé de magnifiques cartes à conter pour des situations de production.

Les différents genres littéraires

Pour l’étude littéraire du genre, je vous renvoie encore une fois au super Projet Lecteur, qui propose des exploitations pour les 7 catégories de contes.

Les différents genres littéraires

Voici une forme qui était réservée jusqu’à il y a peu au collège et au lycée. Mais depuis, de nombreuses pièces destinées aux plus jeunes ont été éditées. Je vous conseille notamment la collection Théâtre de L’école des Loisirs, qui propose des oeuvres magnifiques, avec une plume fine et des récits loin d’être plats. Je pense à La jeune fille, le Diable et le moulin (Olivier Py), Petit (Catherine Anne) ou encore Mange-moi (Nathalie Papin).

C’est d’ailleurs à travers ce dernier ouvrage que je vous propose de partir à la découverte du théâtre . L’enjeu va être d’apprendre à se repérer dans une page, comprendre les différentes typographie et leurs signification, ce que sont des didascalies, etc…

 Les différents genres littéraires

Et par ici, le rallye-liens organisé par BigBoom sur le théâtre. Vous y trouverez une quinzaine de liens vers des articles des cyber-collègues :

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

 C’est un genre littéraire dont la fonction est de participer à la fondation d’une personne à travers un écrit de fiction où les personnages principaux sont des animaux .L’univers dans lequel sa situe la fable est celui du merveilleux : le récit est totalement imaginaire mais on ne remet pas en question le déroulement des faits (les animaux sont personnifiés et le lecteur l’accepte comme situation normale).

Dans la fable, les animaux se voient attribuer des qualités ou des défauts humains et ces traits de caractères sont stables d’une fable à l’autre. Le lion représente le pouvoir, le loup la cruauté et la force stupide, le renard est malin et rusé, le chien est fidèle et bon, l’âne est stupide et le chat est égoïste et cruel…

Dans ce genre littéraire, il y a un second degré de compréhension à déceler. L’exemple le plus parlant est la critique sociétale, et même celle de la cour de Louis XIV que Jean de la Fontaine fait au travers de ses fables. Cependant, cette critique ne peut être reprochée à l’auteur, car les personnages sont des animaux et le contexte espace-temps est imprécis.

Enfin, la derière particularité de la fable est la présence d’une morale, en début ou en fin de texte.

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Jetez donc un oeil chez lOu jO (Des yeux dans le dos) pour découvrir la séquence qu’elle propose. C’est par ici :

Les différents genres littéraires

 Les différents genres littéraires

Le récit de voyage conte l’aventure, la découverte par un explorateur d’un lieu encore inconnu. Le récit de voyage a pour but de garder une trace , la mémoire de ce qu’il a vu, vécu grâce à des récits, des croquis voire des photos.

Voici l’exploitation que j’ai réalisée sur l’album Les derniers géants, de François Place. C’est le récit d’Archibald Léopold Ruthmore, un explorateur du XIXe siècle, qui achète à un vieux marin une dent sculptée de la taille d’un poing. Le récit du matelot qui la vendait n’était pas très crédible mais Léopold se laissa séduire. Il découvrit, parmi les sculptures de la dent, une carte qui le mena au pays de géants au terme d’un long périple. C’est le voyage, mais aussi cette rencontre qui nous sont contés.

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

La mythologie n’est pas un genre littéraire à proprement parlé, mais il me semblait intéressant de l’évoquer quand même. Selon les croyances de chacun, on peut le classer dans le merveilleux, et donc dans la fiction, ou bien comme récit historique romancé.

Il s’agit de l’étude de mythes. J’avoue ne pas connaître du tout cette branche là et je vous laisse les découvrir chez Orphée, d’aller voir Ailleurs  ou de faire un saut chez les Bouts de Gomme :

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

La science-fiction est un genre dans lequel on va être en situation de contradiction avec notre monde et les lois qui le gouvernent. La difficulté de ce genre va être de décrire de manière réaliste un univers différent du nôtre. Ces récits ont souvent lieu dans le futur, mais peuvent être ancrés dans le présent ou le passé. Ils créent des univers qui sont rendus possibles grâce à des progrès de la science qui n’ont pas encore eu lieu dans notre réalité (ce qui les différencie d’un récit d’anticipation). Ainsi, on va y trouver des objets, des machines, mais aussi des êtres, des lieux ou des pratiques, des lois, des doctrines, des philosophies qui sont différents de ceux que l’on connait.

L’enjeu de la SF va être d’alerter sur les dérives possibles et les dangers des progrès scientifiques non maîtrisés ou utilisés à mauvais escient.

Les différents genres littéraires

Une exploitation soufflée par Gandalf, à retrouver dans Le petit coin de Romy. Merci tous les deux !

Les différents genres littéraires

Je vous renvoie encore une fois vers Projet Lecteur. Et encore une fois, je ne saurais trop vous conseiller de l’avoir entre les mains tant il est bien fichu !

Pour finir, voici quelques romans de science-fiction que j’aime beaucoup et que je peux vous conseiller :

     

8 pensées sur « Les différents genres littéraires ! »

  1. pilette
    dit :

    Super! Merci pour ce petit récap bien utile, et si bien fait!


  2. OlivierI
     
    dit :

    Comme d’hab, avec plaisir ! Et merci à toi pour ce p’tit mot


  3. gandalf
     
    dit :

    Salut! Merci pour cet article! Pour la science-fiction, Romy a fait quelque chose ici: http://www.lepetitcoindepartagederomy.fr/litterature-science-fiction-le-monde-d-en-haut-cm-a94183929  et un super dossier mythologie chez Bout de Gomme: http://boutdegomme.fr/litterature-la-mythologie-a5560739   Bon début de semaine  🙂


  4. OlivierI
     
    dit :

    Merci pour les bons plans, Gandalf !


  5. gandalf
     
    dit :

    🙂


  6. BigBoom
     
    dit :

    Article très complet et intéressant comme d’habitude, merci aussi d’évoquer  le rallye théâtre

  7. Juda
    dit :

    Salut Ol’! Connais-tu des exploitations sur le thème de la presse? Je trouve pas mal de liens intéressants, mais pas vraiment de quoi faire en littérature… Merci! 😉


  8. OlivierI
     
    dit :

    Hello Juda ! Je t’ai envoyé un texto ce matin, tu l’as reçu ?

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Le luthier de Venise

Le luthier de Venise

Voici  un album qui m’a été présenté pour la première fois en animation pédagogique. Je connaissais Claude Clément pour Le musicien de l’ombre, Frédéric Clément pour son Magasin zinzin et j’adorais déjà ces deux ouvrages. La rencontre entre ces deux artistes a donné naissance à un livre absolument magnifique, avec des textes d’une grande finesse  et des illustrations d’une grande qualité.

Le luthier de Venise

Venise, vers le XVIe ou XVIIe siècle. Dans la jardin du meilleur luthier, un arbre avait poussé. « Ses branches se balançaient dans la brise surgit du fond de la lagune. Des kyrielles d’hirondelles, de moineaux et de tourterelles venaient se poser sur elles. Il s’élevait alors du jardin un musique plus ensorcelante que celle qui enchantait les bals et les théâtre de Venise ». Un jour, cet arbre mourut. En souvenir de son arbre, le luthier décida d’utiliser son bois pour en faire le plus parfait des violoncelles. Cela pris des années.

Le luthier de Venise

Un jour de carnaval, un musicien très célèbre franchit le seuil de sa boutique, entouré de belles femmes et de nombreux « amis ».

Lorsque cet artiste voulut caresser l’instrument, le luthier le prévint  qu' »il n’en sortirait de la musique que sous les doigts les plus agiles mus par un coeur talentueux ».

Le musicien fut vexé, mais lorsqu’il caressa l’instrument, il n’en sortit que des gémissements.

« Le musicien persévéra, mais tous ses amis se lassèrent. Les belles dames s’en allèrent. »

Le luthier de Venise

Le luthier de Venise

 Seul face à son instrument, le musicien insista, retirant sa perruque et son masque, il laissa de côté tout l’artifice dont il s’était paré et commença une lutte avec l’instrument. Toute la nuit, il l’affronta, comme une épreuve initiatique. Il oublia sa fatigue, sa solitude, sa douleur et sa renommée.  Ce retour aux valeurs essentielles était nécessaire.

Le lendemain, lorsque le luthier se leva, il trouva le musicien installé dans le jardin, à l’endroit même où se tenait l’arbre des années auparavant. Et celui-ci jouait de l’instrument naturellement, sans aucun effort. Et au bout du manche avaient poussé des branches sur lesquelles des kyrielles d’hirondelles, de moineaux et de tourterelles venaient se poser.

Le luthier de Venise

Le luthier de Venise

J’ai porté un effort tout particulier sur cette séquence en terme d’étude littéraire de l’oeuvre, tant sur la découverte du récit que sur la forme de travail demandée aux élèves (entrée par les illustrations, découverte des personnages et de leur évolution, problématiser sa lecture, vérifier sa position de lecteur par la production d’un résumé, compréhension des inférences sur le déroulement de l’histoire, …).

La séquence se compose de 5 séances, avec comme objectifs :

– la découverte de Claude Clément et de son univers onirique
– comprendre la portée symbolique de l’histoire à travers le retour au naturel du personnage (passage de l’artifice du déguisement et de ses relations sociales à l’authenticité par le courage, l’abnégation dont il fait preuve et qui lui permettent de dompter le violoncelle)
– Percevoir la renaissance irréelle de l’arbre
– Découverte de Venise et de son patrimoine : son saint patron, son carnaval, quelques éléments architecturaux.

Le luthier de Venise

Cet album permet également d’aborder les textes résistants notamment grâce au jeu de masque de l’artiste.

Cette exploitation, de nouveau clé en main, est constituée :

– du dossier comprenant le plan de la séquence, le tapuscrit, les fiches de prep’ et les documents élèves ;

– le conte mis en voix, à découvrir en fermant les yeux ;

– les fichiers Powerpoint pour les séances 1, 3 et 5.

Le luthier de Venise

Le luthier de Venise – Séquence

Le conte mis en voix

Le fichier pour la séance 1

Le fichier pour la séance 3

Le fichier pour la séance 5

Et pour le plaisir, à défaut d’organiser un voyage dans la lagune, on peut toujours visiter ce lien avec la classe : Treck Street View à Venise

10 pensées sur « Le luthier de Venise ! »


  1. Anyssa
     

    dit :

    Bonjour,
    Je découvre ton site suite au lien que tu as laissé sur la récap des brigades de lOu jO. J’ai parcouru quelques pages, ouvert quelques docs… et je te fais part de mon admiration devant la qualité de ton travail. Je suis moi-même brigade, après plus de 10 ans en cycle 3, et je reviendrai fouiller chez toi pour glaner des ressources à proposer durant mes remplacements.


  2. OlivierI
     

    dit :

    Merci beaucoup pour ce gentil mot Anyssa ! J’essaye de proposer des documents beaux à voir, et intéressants à exploiter 😉 Je suis content que tu trouves des choses qui te plaisent !

  3. lillisblue
    dit :

    merci pour cette découverte, un livre qui change . . . merci pour les partages


  4. OlivierI
     

    dit :

    Merci beaucoup Lilliesblue ! Cet album est un vrai trésor, il valait vraiment le coup d’être montré !

  5. calia
    dit :

    Très beaux documents et complets. Merci beaucoup. Je les exploiterai en février.

  6. Nannemiel
    dit :

    Merci pour cette nouvelle production de qualité. C’est un album de ma bibliothèque de classe que trop peu d’élèves empruntent.

  7. Floriline
    dit :

    J’ai ce livre dans ma bibliothèque depuis 16 ans et je comptais le ressortir car je  vais travaille r en mars sur le livre  Arlequin et les oreilles de Venise de Hubert Ben Kemoun (sélection des Incos)
    Merci pour ton travail, je vais pouvoir mettre les 2 bouquins en réseau.


  8. OlivierI
     

    dit :

    Merci toutes les 3 ! Ça ne m’étonne qu’à moitié que cet album soit peu emprunté, c’est un récit qui est assez hermétique, et n’est pas entièrement compréhensible si la lecture et la découverte ne sont pas guidées. Mais encore une fois, qu’il est riche !

  9. Helba
    dit :

    Bonjour,
    Je découvre ton site aujourd’hui et c’est une vraie mine d’or!
    Bravo et merci beaucoup pour ton partage, c’est la grande classe!!!

    Héloïse


  10. OlivierI
     

    dit :

    Merci beaucoup Héloïse ! Ravi que ça te plaise!

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Ami-ami, de Rascal, ou pourquoi j’aime la littérature de jeunesse !

Ami-ami, de Rascal, ou pourquoi j’aime la littérature de jeunesse !

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un autre livre que j’adore ! Il s’agit de :

Ami-ami, ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !La première fois que je suis tombé sur cet album, je l’ai lu sans vraiment faire attention, un peu trop vite. Bref, une lecture de 1e niveau. L’histoire d’un lapin et d’un loup qui rêvent chacun de leur côté d’avoir un ami. Et lorsqu’ils se rencontrent, le lapin rejette le loup car il est trop différent, tandis que le loup accepte le lapin tel qu’il est, sans vouloir le changer. Quitte à forcer un peu le choix du lapin…

Après cette première lecture, je me suis dit « Mouais… Un album qui traite de la différence, de l’acceptation de l’autre, de la liberté de décision ». MAIS, j’étais complètement à côté de la plaque ! Je n’avais pas cherché à voir ni comprendre ce qui se cachait derrière les mots et les illustrations. Et pourtant, je connaissais Rascal et je ne dirai jamais assez à quel point je suis FAN de son travail ! Je savais qu’il y a souvent chez lui des histoires entre les lignes ! Et les découvrir, soulever les mots pour voir se qui se cache en dessous, c’est ça que j’aime dans la littérature de jeunesse ! Alors que son exploitation se limite trop souvent à un support de lecture-compréhension… Quel gâchis !

Je vais tenter de vous montrer pourquoi j’aime autant Rascal, et tout ce qu’on rate si l’on ne fait pas attention, si l’on n’est pas attentif. J’essayerai aussi vous montrer un exemple de ce qu’il est possible de faire en terme de littérature en classe. Bien sûr, ces découvertes sont transposables en classe, je vous proposerai l’exploitation à la fin de l’article.

Cet album fonctionne sur l’hésitation permanente que l’auteur et l’illustrateur laisse planer sur le dénouement de l’histoire : les deux personnages vont-ils devenir amis, bon gré mal gré, ou bien le lapin va-t-il finir dans l’estomac du loup ?

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Sur la couverture, on voit les deux personnages avec des messages contradictoires : ils se tiennent la main, geste amical, mais le lapin ne parait pas serein ni heureux. On ne peut pas lire l’expression du loup qui reste très vague. On peut croire à un retour de chasse, mais la présence du bouquet de fleurs est troublante : c’est un symbole d’amitié, de courtoisie. Et ce titre, en grosses lettres jaunes : AMI-AMI. Pourquoi répéter 2 fois ce mots ? Pourquoi pas AMIS au pluriel ? Ce détail a son importance, tout comme la présence du tiret. Ca sert à quoi un tiret d’ailleurs ? A séparer ou à relier 2 mots ? Bref, dès le début, on est dans l’hésitation.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

 L’épigraphe, c’est une des particularités de Rascal. Il place une épigraphe au début de ses albums, en « bord d’oeuvre ». Elle est là pour éclairer le titre ou le texte et pour mettre en garde, alerter le lecteur sur les éléments clés du texte. Voici celle de ce livre :

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

On peut là aussi relever le double sens du mot « aimer ». Les amis que j’ai aimé (le goût, je les ai mangés) ou d’amitié ? Le doute subsiste.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

L’auteur et l’illustrateur commencent l’histoire en nous décrivant les deux personnages, que tout oppose. L’un habite en bas de la vallée dans une maison toute ronde, l’autre en haut dans une maison carrée, l’un est grand, carnivore et vit dans l’ombre, l’autre est petit, tout de lumière et végétarien. Mais tous les deux ont le même souhait : avoir un ami ! A une différence près : le lapin veut un ami comme lui, tandis que le loup accepterait un ami malgré leurs différences.

La présentation des personnages fait donc apparaître le loup comme sombre tandis que le lapin parait égoïste. On peut envisager que l’auteur joue sur la mauvaise réputation du loup pour tromper le lecteur et que ce soit lui le « gentil » de l’histoire.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Même le cadrage est opposé, l’un en plongé, l’autre en contre-plongé, pour des effets renforcé (le lapin parait fragile, tandis que  le loup est encore plus impressionnant)

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Et ce qui devait arriver arriva : un jour, le lapin et le loup se rencontrent !

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Au passage, vous notez le clin d’oeil au Petit Chaperon Rouge fait dans cette illustration ? On lui avait défendu d’aller dans la forêt à cause du loup et il s’est éloigné du chemin pour ramasser des fleurs. Et là, rebelote ! Le lapin franchit les barbelés et tombe sur le Canis Lupus. Il ne connait pas ses classiques, celui-ci !

Le lapin tend son bouquet au loup qui, flatté de ce geste, se laisse aller à un élan de gentillesse et déclare « Tu es mon ami ». Mais le lapin refuse cette amitié, trop éloignée de son idéal (et sans doute un peu trop dangereuse à son goût). Mais malgré les protestations du lapin, le loup l’emmène chez lui, et ferme la porte à double tour.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Voici l’illustration finale :

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Libre à vous de comprendre et d’imaginer la fin. Trois possibilités s’offrent à nous. La première : le lapin et le loup deviennent les meilleurs amis du monde ; la seconde : le lapin rejette cette amitié et rentre chez lui (désabusé, le loup sombre dans une dépendance addictive 😛 ) ; la dernière : le loup dévore le lapin !!!

Examinons les éléments que nous avons en main. La scène finale montre le loup embrassant le lapin. C’est ambigu : goûte-t-il le repas ou est-ce vraiment une démonstration d’affection ? Regardez sur la gauche de l’image. La table est dressée, mais pour combien ? Impossible de le savoir, l’image est coupée ! L’auteur et l’illustrateur maintiennent cette ambiguïté, la fin reste ouverte.

Cependant, des indices permettent de pencher pour la dernière solution. Sur cette image, on voit que les fleurs sont éparpillées au sol, comme si le symbole de cette « amitié » n’existait plus. Les couleurs de l’image sont très sombres, signe d’une fin (faim ?) assez sinistre. Est-ce la lumière au bout du tunnel qui apparait ?

Aussi, la dernière réplique du loup est tout sauf un hasard : « Je t’aime comme TU ES ». Comme tu es, comme tu es… Aaaahhhhhhh ! Comme TUER !!! Un peu tiré par les cheveux, cet argument ? Connaissant Rascal, je suis sûr que ce n’est pas le fruit du hasard. Vous n’êtes pas convaincu ? Voici la 4e de couverture :

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

C’est comme une fenêtre sur ce qu’il se passe dans l’histoire une fois qu’on a fermé le livre, les personnages poursuivent l’histoire sans nous. Pôv’ lapin… En même temps, il était pas très sympathique, hein !

Cette oeuvre trouve aussi sa place parmi les autres ouvrages de Rascal. Et celles-ci s’éclairent les unes les autres. Observez les trois illustrations suivantes, on retrouve le même motif sur les serviettes.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Les autres images sont extraites de Petit Lapin Rouge et Poussin Noir, deux autres histoires dans lesquelles les fins sont ouvertes mais une lecture fine ou le rapport texte-image permettent de déceler un sombre présage pour le personnage.

Et pour finir, revenons au titre du livre. On s’était interrogé tout à l’heure sur ce titre. Pourquoi la répétition du mot AMI ? Et pourquoi un tiret entre les deux mots. Rappelez-vous, un tiret sert à ATTACHER les mots, à les relier. Alors, on le relie ?

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Bon appétit !

Si j’ai réussi à vous convaincre du potentiel qu’offre la littérature de jeunesse, et que cet album vous a plu, voici l’exploitation à réaliser en classe.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Il s’agit d’une séquence de 5 séances, toutes prêtes, docs élèves inclus, qui reprennent les explications données dans cet article. J’ai déjà mené les séances en CE2, CM1 et CM2, c’est à portée de tous et ça plait à chaque fois !

Et si vous voulez faire découvrir à vos élèves l’univers de Rascal et ses textes réticents et proliférants, je vous invite à lire cet article.

Une exploitation en CP chez Delfynus :

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Et si vous avez réussi à me suivre jusque-là, félicitation et merci de votre attention !

24 pensées sur « Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j’aime la littérature de jeunesse ! ! »


  1. delfynus
    dit :

    Moi, je le fais très souvent en CP/CE1… et tu as peut etre oublié un élément, que je fais travailler à mes élèves en fin de lecture, quand on a tout lu et qu’on cherche quelle peut etre la fin :
    AMI AMI = MIIAAM !


  2. OlivierI
    dit :

    Je l’ai mis Delfynus, mais j’ai laissé les lecteurs trouver la solution
    Je vais mettre un lien vers ton exploitation.


  3. delfynus
    dit :

    Erreur ! En lisant tes documents en profondeur tu as une nouvelle façon de le voir, mais ça fonctionne aussi !!!!!
    Nous, on en profite pour jouer sur les anagrammes !
    J’ai mis un lien vers chez toi dans mon article sur cet album !
    http://delfynus.eklablog.com/ami-ami-de-rascal-a46113081


  4. OlivierI
    dit :

    Merci ! Je viens de créer le lien également.Mais j’ai bien signalé le MIAM qui se cache dans le titre :
    « Et pour finir, revenons au titre du livre. On s’était interrogé tout à l’heure sur ce titre. Pourquoi la répétition du mot AMI ? Et pourquoi un tiret entre les deux mots. Rappelez-vous, un tiret sert à ATTACHER les mots, à les relier. Alors, on le relie ?

    Bon appétit ! »


  5. OlivierI
    dit :

    C’est bon, je viens de comprendre, c’est vrai que je ne suis pas sur un anagramme !


  6. delfynus
    dit :

    Désolée, j’ai retiré le suspense ! Enlève mon commentaire si tu veux 🙂


  7. OlivierI
    dit :

    Oh non, pas de soucis, je pense que les lecteurs auront trouvé avant d’arriver aux commentaires.


  8. ptitejulie
    dit :

    Génial!


  9. OlivierI
    dit :

    Merci Julie ! Je me doutais que l’article te plairait !


  10. Valentinou
    dit :

    Je vais lire cet album à mes petits CP alors cet article tombe vraiment pile poil ! Merci pour cette analyse très intéressante


  11. OlivierI
    dit :

    De rien Valentinou ! Le timming est parfait donc 😉

  12. Pelsa
    dit :

    Oh la la  génial merci … Je découvre chez toi . Je vais en lire un peu plus


  13. OlivierI
    dit :

    Merci Pelsa ! A bientôt donc !


  14. segpalienor
    dit :

    J’adore cet album, mais j’ai jamais osé l’utiliser en segpa, si encore j’avais les 6èmes, j’oserai mais mes 4/3èmes risquent de mal prendre qu’on bosse sur un album… rien que pour le principe…


  15. OlivierI
    dit :

    Je te comprends… Peut être en démarrant avec d’autres albums de Rascal, pour lesquels on n’a pas besoin des images ? Lorsque l’auteur sera connu, ça pourrait peut être passer (quoique) ?

  16. Mayleb
    dit :

    Superbe! Le bouquin comme son exploitation.


  17. OlivierI
    dit :

    Merci Mayleb !


  18. crevette06
    dit :

    Euh… que dire…
    Waouh!!!
    Je découvre ton article grâce au coup de coeur du mois de Valentinou et j’adore ta lecture de ce livre… N’hésite pas à nous en faire partager d’autres c’est un vrai plaisir !


  19. MALILUNO
    dit :

    J’arrive de chez Valentinou!! je decouvre ton travail sur ami ami que je connais!! mais que je n’ai jamais approfondi!! alors merci pour ton article et ton travail!!


  20. Ermeline
    dit :

    J’adore toujours autant ce magnifique travail qui m’a fait découvrir ton blog!


  21. ptitejulie
    dit :

    Résonance!
    https://enseignerlitteraturejeunesse.wordpress.com/2015/09/27/ami-ami-une-lecture-interactive-pour-toi/
    Bon dimanche


  22. OlivierI
    dit :

    Merci pour le lien Julie ! Même de l’autre côté de l’Atlantique, l’album plait !Bon dimanche chez toi aussi !

  23. Manue107
    dit :

    Merci pour cette exploitation, c’est un de mes albums préférés, j’ai eu le droit à la lecture par Catherine Tauveron elle-même, un vrai bonheur!

    OlivierI

    Mercredi 14 Octobre 2015 à 16:23

    Quelle chance tu as eue ! Merci pour ton passage !

  24. OlivierI

    dit :

    Quelle chance tu as eue ! Merci pour ton passage !

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L’allégorie

L’allégorie

Suite à un travail mené en poésie, j’ai abordé les allégories. Pour ancrer la notion, voici un diaporama qui permet de découvrir des formes d’allégories à travers la littérature, la peinture, la sculpture et le cinéma.

L'allégorie

Voici la trace écrite, sous forme de leçon à manipuler (d’après l’idée de Mélimélune)

L'allégorie      L'allégorie

Pour une exploitation des vanités en arts plastiques, allez faire un tout chez BigBoom :

L'allégorie

7 pensées sur « L’allégorie ! »


  1. BigBoom
     

    dit :

    Très sympa ton diaporama!   Je reviendrai pour lire la trace écrite
    Merci pour le lien, je vais en mettre un également vers ton diapo


  2. OlivierI
     

    dit :

    Merci BigBoom ! La trace écrite est prête, je la mets en ligne rapidement.


  3. Lala78
     

    dit :

    Je n’arrive pas à ouvrir ton diaporama ??? (j’ai un message « page introuvable »)
    Chouette ta leçon à manipuler….encore un sujet que je ne maîtrise pas et que je vais pouvoir explorer…


  4. OlivierI
     

    dit :

    Merci Lala !! J’ai pensé à Mélimélune et toi en décidant de la mettre sous forme de leçon à manipuler. Effectivement, le lien n’était pas bon, j’ai déplacé le fichier après l’avoir mis en ligne
    Etudier  les allégories en soit, ce serai hors programmes (les figures de styles n’ont pas à être travaillées), j’ai créé ces docs pour compléter ma séquence de poésie.


  5. Mélimélune
     

    dit :

    C’est très chouette, bravo !

  6. stephanouille
    dit :

    J’hallucine… Trop génial. Merci beaucoup pour ce partage.  C’est passionnant et j’en connais que cela devrait passionner !.


  7. OlivierI
     

    dit :

    Avec plaisir ! Et merci à toi pour ton message !

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Le narrateur

Le narrateur

Voici une proposition de démarche autour de la notion de narrateur, loin d’être évidente pour les élèves. Cela mène d’ailleurs parfois à des problèmes de compréhension ou d’interprétation.

Par ICI, vous trouverez toutes les explications théoriques sur la notion.

Autour de la notion de narrateur, on va pouvoir travailler :

Le narrateur

– la définition de la notion. Voici les documents que j’utilise. Les premiers textes sont tirés de Littérature au Quotidien, aux éditions SCEREN, dans laquelle l’élève apprend à reconnaître les indices permettant de savoir si le narrateur est interne ou externe à l’histoire (présence du JE dans les parties narratives). Par contre, je ne retrouve plus les fiches de prep sur mon disque dur.

Pour la première séance, je distribue ces extraits et demande de cherche :

1° Qui raconte l’histoire

2° Relever les indices qui permettent de le prouver

Lors de la mise en commun, on fait ressortir le fait que dans 3 textes sur 4 (tous sauf Aboie Georges), la personne qui raconte l’histoire est l’un des personnages. On s’en rend compte par la présence de la première personne dans la narration (je, moi, m’, nous, mon, …), c’est à dire en dehors des dialogues. On copie également une trace écrite reprenant les termes de NARRATEUR, NARRATEUR INTERNE et NARRATEUR EXTERNE et la manière de les reconnaître.

Le narrateur

Lors de la 2e séance, je propose de transformer l’extrait d’Aboie Georges afin que le narrateur soit Georges ou sa mère. Si on en sent le besoin, on peut aussi proposer ces nouveaux extraits avec la même consigne que lors de la séance précédente :

Le narrateur

Télécharger « Evaluation sur le narrateur.pdf »

L’autobiographie, réelle ou imaginaire, ou quand l’auteur et le narrateur ne font qu’un. Un grand classique du genre est Léon, de Léon Walter Tillage, qui nous raconte son enfance et retrace son quotidien au temps de la ségrégation, du Ku Klux Klan, puis son combat pacifique du temps de Martin Luther King.

– Le journal intime, à exploiter avec Mon je-me-parle, de Sandrine Pernushe(à découvrir chez Lala aime sa classe ICI) , Le journal d’Anne Frank, Le chat de Tigali, de Didier Deaninckx ou Je t’écris, je écris de G. Caban (à découvrir chez Mélimélune ICI)

– Le relai de narration : lorsqu’une histoire est racontée par des protagonistes différents au fur et à mesure de la narration. On peut prendre l’exemple de L’enfant Océan, de Jean-Claude Mourlevat dont voici un exemple d’exploitation (1 seul livre pour l’ensemble de la classe est suffisant):

 Le narrateurséance 1

séance 2

séance 3

séance 4

séance 5

séance 6

séance 7

 – Différents points de vue sur un même évènement, ce qui permet d’aborder la notion de subjectivité également, comme dans Verte, de Marie Desplechin, (un exemple de séquence sur le site Attire Lire ICI) ou Une histoire à 4 voix, d’Anthony Browne dont vous trouverez une exploitation sur l’incontournable site de Mélimélune ICI

– La non fiabilité du narrateur : dans certains livres, l’auteur pose délibérément un problème de compréhension en faisant tenir au narrateur des propos erronés par rapport à la véracité de l’histoire. Il faudra alors démêler le vrai du faux pour comprendre l’histoire. C’est le cas dans Moi, Fifi dont on a déjà parlé, mais aussi Journal d’un chat assassin, d’Anne Fine, dont voici une exploitation permettant justement de travailler sur cette non fiabilité. Dans cette histoire, le chat n’a en fait tué AUCUN animal, pas même l’oiseau ni la souris ! J’ai construit ma séquence en utilisant une analyse et une proposition de travail d’Olivier Graff (IEN dans le Nord) que vous pouvez trouver ICI. N’hésitez pas à lire les premières pages du dossier si ce n’est pas ce que vous aviez compris (c’était mon cas !)

 Le narrateurTélécharger « séance 1.pdf »

Télécharger « séance 2.pdf »

Télécharger « séance 3.pdf »

Télécharger « séance 4.pdf »

 Télécharger « séance 5.pdf »

Télécharger « séance 6.pdf »

Télécharger « séance 7.pdf »

               

9 pensées sur « Le narrateur ! »


  1. Lala78
    dit :

    Très intéressant, je vais aussi travailler sur les manipulations de l’auteur notamment dans les nouvelles à chute. « Le chat assassin » fait parti de mes livres en réseau au début de l’année, ça fera aussi un  lien avec la suite, merciiiii


  2. Lala78
    dit :

    Encore MOI ! merci pour le lien.. j’ai mis ton blog en lien chez moi (il était temps hein ! )


  3. OlivierI
    dit :

    Merci Lala ! Ne te sens pas obligée 😉 Mais apparaître dans quelques liens depuis une semaine, ça a fait s’envoler mon compteur de visites (sauf aujourd’hui) !


  4. Lala78
    dit :

    Ah ben non, je ne me sens nullement obligée ! je retrouve ton chemin plus vite


  5. OlivierI
    dit :

     encore quelques semaines d’ancienneté au blog et je pourrai prétendre à rejoindre la CPB !


  6. Lala78
    dit :

    ah?  à quand la date officielle  ? il te faut choisir un parrain ou une marraine et préparer une p’tite lettre


  7. OlivierI
    dit :

    Ça doit être pour la fin du mois, je l’ai ouvert pendant les vacances de Pâques, je vais aller vérifier.


  8. Craie hâtive
    dit :

    Très intéressant ton travail sur le narrateur. Je vais m’en inspirer ! Merci pour ce partage


  9. OlivierI
    dit :

    Avec plaisir !

Le fantastique

Le fantastique

A l’heure où chacun regarde, boucle, (entame) ses programmations, je remonte deux séquences, l’une de littérature, l’autre de production d’écrit (j’ai toujours horreur du terme de « rédaction ») qui se mêlent et se complètent autour de ce genre littéraire. Elles vous occuperont une période. Vous m’excuserez la mise en page moins soignée qu’habituellement ?

Si vous voyez des lignes blanches apparaître sur les images, cliquez sur Télécharger, puis Ouvrir avec Acrobat Reader. Le problème d’affichage sera résolu.

En littérature,je vous propose un dossier complet de 46 pages dans lesquels vous trouverez :

Le fantastique– une partie théorique afin de rappeler les caractéristiques du genre, trouvée sur un site de circo

– le plan de la séquence

– une proposition de réseau de livres à mettre à disposition des élèves lors de cette période

– les traces écrites comprenant les éléments découverts et à retenir (et oui, même en littérature !)

– les fiches de prep et les documents élèves

Le fantastique

Vous reconnaîtrez certaines pages de Projet Lecteur, de Accès Editions, dans ce dossier.

En production d’écrit, le chantier d’écriture a pour objectif de produire une nouvelle fantastique. Le fantastique

La plupart de ces séances sont différenciées en 3 groupes de niveaux.

Le parcours d’écriture va permettre de

lancer le projet en définissant le cadre, imaginer les personnages, les lieux, le phénomène surnaturel, ses causes et comment l’arrêter

– Créer une grille d’écriture, et lancer le 1e jet

– Introduire un réservoir de mots permettant d’enrichir sa propre production

Transformer un récit vraisemblable en récit fantastique OU produire un texte fantastique à partir d’une illustration issue Des mystères de Harris Burdick, de Chris Van Alsburg (l’auteur de Jumanji, un spécialiste du fantastique pour enfants). Cette séance a notamment pour objectif d’apporter un peu de merveilleux-fantastique dans des production qui souvent s’orientent trop vers l’épouvante.

Introduire un avertissement qui sera transgressé avant l’apparition du premier signe de surnaturel

– lecture critique de productions afin de donner des pistes d’améliorations

– Production du 2e jet puis de la version finale.

Le fantastique

4 pensées sur « Le fantastique ! »


  1. Lala78
     

    dit :

    ça y est, j’ai pris, SUPER, je m’en vais lire tout cela à tête reposée ! merciiiiiiiiii ça tombe à pic


  2. OlivierI
     

    dit :

    Tu me diras ce que tu en penses ?

  3. cathy
    dit :

    Excellent, juste ce que je cherchais…. merci. Et Merci à Ermeline grâce à qui je suis arrivée jusqu’ici… Je découvre et j’explore ce blog avec grand bonheur. Merci pour tous ces partages.


  4. OlivierI
     

    dit :

    Ravi  que ça te plaise ! Et merci à Ermeline au passage

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T’es qui dis, t’es d’où ?

T’es qui dis, t’es d’où ?

T'es qui dis, t'es d'où ?

T'es qui, dis, t'es d'où ?Bon, ça faisait un moment que je tournais autours du pot, mais jusque là, je m’étais toujours dégonflé (« je suis trop à la bourre dans mon programme », « ils ne seront pas assez motivés », « c’est trop tard pour démarrer »,  …). J’avais déjà travaillé plusieurs fois sur le genre Théâtre en littérature : apprendre à le reconnaitre, ses spécificités, le lire, le comprendre, l’écrire (jetez un coup d’oeil sur la séquence de Mange-moi, de Nathalie Papin Ici)

Et au retour des vacances, la titulaire de la classe me demande si je suis partant pour monter une petite pièce pour la kermesse. Cette fois-ci, plus d’excuse : je ne suis pas en retard, et la classe est excellente !

En passant dans une école il y a quelques années, j’avais repéré une pièce qui m’avait beaucoup plu (Marjory, si tu passes par ici !). Il s’agit de T’es qui, dis, t’es d’où ? de la compagnie des Serruriers Magiques, parfaitement adaptée à une classe de cycle 3 : un casting de 22 personnages répartis en 10 tableaux, des rôles allant de quelques phrases à plusieurs pages, une histoire loin d’être creuse (comme on peut en trouver dans bon nombre de collections), une écriture rythmée et pleine d’humour, et une histoire qui parle à beaucoup : dans un pays géré par la Case Compagny, chacun doit trouver sa place et rentrer dans les cases : les enfants, les Tchatos, les journalistes, … Mais Toufou, qui ne peut s’empêcher de faire des bêtises, et Doudou, qui est d’ici et d’ailleurs, ne parviennent pas à trouver la leur.

A la base, il s’agit d’une comédie musicale, mais n’allons pas mettre la barre trop haut, n’oublions pas que nous n’avons que 7 semaines pour que tout soit  prêt !

Bon, je me replonge dans la pièce, liste les personnages par la difficulté des textes qu’ils ont, imagine déjà parfaitement untel dans ce rôle, celle-ci dans celui-là, et pour le reste, on demandera aux intéressés.

Après trois semaine de répétitions, je suis agréablement surpris : tous sont motivés, les textes sont appris de manière très sérieuse, les répétitions avancent bien ! Mais, comme moi, les élèves n’avaient jamais participé à une activité théâtre, alors les attitudes sont très discrètes. Pour remédier à ça, j’ai fouiné sur les blogs des collègues, et suis tombé tout d’abord sur la page d’Ailleurs, qui m’avait laissé un petit mot sympa sur le blog (au passage n’hésitez pas, ça fait toujours plaisir et ça encourage !) puis sur la super Boîte à impro de Mallory. Une séance de « limace gluante » et de « chaussettes qui puent » les a désinhibés !

Voici un extrait de la pièce qui vous donnera peut être envie de la lire en entier (cliquez pour voir en grand) :

T'es qui, dis, t'es d'où ?

 Et le même passage en vidéo (dispo sur le site des Serruriers Magiques ):

Je vous propose également quelques aides pour la réalisation.

Tout d’abord, la liste des personnages et le niveau de difficulté des rôles (0 : figurant – 1 : quelques lignes – 2 : moins de 20 lignes – 3 : rôle important – 4 : rôle majeur)

Rôle Niveau

de difficulté

Toufou 4
Doudou 4
Le Grand Boutchouk 4
Enfant A 2
Enfant B 2
Enfant C 2
Enfant D 1
Enfant E 1
Madame Rosie  3
Le Grand Wechwech Mawachi  1
L’interprête  3
L’assistant  0
Boutchouk 1 2
Boutchouk 2 1
Boutchouk 3 1
Boutchouk 4 1
Le journaliste 2
Le cameraman 0
Tchatos 1 2
Tchatos 2 1
Tchatos 3 1
Tchatos 4 1

 Les lieux : il n’y en a que deux, un square avec un banc, et une rue avec un mur séparant cet espace de la maison du Grand Wechwech.

Les costumes : rien de bien sorcier, à part un beau chapeau. A vous de voir en fonction de ce que vous avez de disponible et de ce que vous imaginez pour chaque personnage.

Les accessoires : rien d’introuvable non plus : le chapeau donc, un micro, une caméra, un carnet de note, 3 mètres de couturière (à défaut des mètres Ikea, voire de la ficelle), une enveloppe, 1 téléphone portable, un jeu de cartes, 5 lettres (télécharger la lettre Ici), les cartes de visite du Grand Wechwech (à télécharger ICI)

Allez, encore 15 jours c’est le spectacle ! 

20 pensées sur « T’es qui dis, t’es d’où ? ! »


  1. lenfancedelart
     

    dit :

    Merci de ton passage sur mon blog.Je travaille actuellement sur le théâtre avec mes élèves, mais plutôt l’improvisation.Nous n’avons pas de pièce à jouer, juste des situations où l’on improvise seul ou en groupe, ils adorent!
    J’ai trouvé toutes les situations d’impro ici: http://bdemauge.free.fr/
    (rubrique théâtre dans l’abécédaire) C’est juste EXCELLENT


  2. OlivierI
     

    dit :

    C’est un super boulot et de très bonnes idées, j’adore ! J’imagine que c’est complémentaire, afin que les élèves se libèrent et travaillent leur jeu corporel. Merci du lien !


  3. gentiane
     

    dit :

    Bravo pour cet extrait filmé! Vraiment sympa!


  4. Ailleurs
     

    dit :

    Super article très complet qui donne envie de se lancer !Et merci pour le lien !


  5. Charivari
     

    dit :

    « Super ! je connaissais une chanson qui dit la même chose : » t’es qui t’es qui t’es qui ? T’es qui dis, t’es d’où ? » Super chouette. C’est la même « comédie musicale ?


  6. OlivierI
     

    dit :

    Oui, elle  vient de cette même pièce, qui est en fait une comédie musicale. Tu la vois en vidéo sur le site des Serruriers magiques.


  7. Charivari
     

    dit :

    Cela me tente beaucoup… comment as-tu eu le texte de la pièce ? Tu l’as commandé chez « les serruriers magiques » ? Monté en combien de temps ?


  8. OlivierI
     

    dit :

    J’ai acheté le texte sur le site des Serruriers magiques, oui (36€ de mémoire). Ils me l’ont envoyéen PDF dans les heures qui ont suivi. Je n’ai fait avec les élèves que la partie Théâtre de la pièce, on n’a pas du tout abordé les chants ni les danses  (je ne m’en sentais pas d’une part, et la pièce a été montée sur un mi-temps sur la  période 5 – c’était court, mais j’ai eu une classe top !)


  9. Charivari
     

    dit :

    …et ça a plu aux parents ?


  10. OlivierI
     

    dit :

    Énormément !


  11. Lala78
     

    dit :

    chouette projet que je garde en mémoire…


  12. BigBoom
     

    dit :

    J’ai organisé un rallye liens sur le thème du théâtre, veux-tu y figurer avec cet article?
    Voici le lien si   tu veux jeter un oeil :
    http://a-cartable-ouvert.eklablog.fr/le-petit-poucet-version-theatre-a106782918


  13. OlivierI
     

    dit :

    Je zyeute ça quand je rallume le PC, merci !


  14. BigBoom
     

    dit :

    Ça y est mais c’est super!!!! J’ajoute ta bannière de ce pas ….  Je suis vraiment désolée pour le ratage….


  15. BigBoom
     

    dit :

    Mission accomplie  Ne dit-on pas …. Mieux vaut tard que jamais!


  16. OlivierI
     

    dit :

    Mais c’est rien BigBoom ! Tout vient à point à qui sait t’attendre  😉


  17. BigBoom
     

    dit :

    Coooool  alors!


  18. BigBoom
     

    dit :

    Petite question , comment as-tu fait  pour que les parents d’élèves acceptent que leurs enfants figurent sur ton blog? Ont-ils tous accepté? Je te demande  ça car j’ai réalisé un petit film  et j’aimerais bien que les parents soient ok pour sa diffusion. Merci de ta réponse.


  19. OlivierI
     

    dit :

    Sur la vidéo, ce ne sont pas mes élèves, c’est un extrait de la pièce paru en DVD, la vidéo était dispo sur le site de la compagnie. Sinon, pour tes élèves, il me semble qu’il te faudrait une autorisation écrite des tuteurs.


  20. BigBoom
     

    dit :

    Ah ok … effectivement, je vais demander une autorisation … Merci!

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Le débat interprétatif

Le débat interprétatif

Pour varier de la traditionnelle fiche de lecture narrative ou documentaire, en arrivant dans une classe, j’aime proposer un texte de littérature résistant, donnant lieu à un débat interprétatif.

Le principe est toujours le même  : on donne un texte dont la compréhension n’est pas accessible (pour la plupart des élèves) au premier abord. Je propose le texte, et lorsque chacun l’a lu individuellement, on fait raidement un premier déballage oral : qui ? Quoi ? Où ? Comment ? etc…

Puis je note au tableau la ou parfois les questions qui permettent de pointer la difficulté de compréhension du texte. Les élèves y répondent individuellement (production d’un « observable de compréhension », évaluation formative de leur niveau de compréhension). Il peut s’agir d’une question, d’un dessin, d’un écrit de travail, …  Ensuite, au choix : soit une mise en commun par petits groupes avant la synthèse, ou bien une mise en commun (personnellement, j’évite le travail en petits groupes dès la première demi journée de classe). Les élèves proposent leurs différentes réponses, et ils s’aperçoivent qu’il y en a beaucoup de différentes. Je les note au tableau. Puis vient le moment du débat interprétatif. On discute des différentes réponses, avec lesquelles les élèves sont d’accord, ou pas, et surtout pourquoi ? Quels sont les éléments du texte qui permettent de l’affirmer  ? Y a-t-il des indices à mettre en relation pour construire du sens ?

Durant cette phase, il faut essayer de s’effacer au maximum, de ne surtout rien confirmer, les élèves doivent construire eux même leur raisonnement.

Lorsque le débat touche à sa fin, et que tous s’entendent sur une manière de comprendre le texte, je propose une lecture offerte du texte qu’ils sont en mesure de comprendre à sa juste valeur.

Voici des exemples de texte avec la consigne qui accompagne chacun.

Télécharger « Un martien.doc »

Télécharger « Le plat du chien.doc »

Télécharger « Le robot, B. Friot.doc »

Télécharger « Je t’haine.docx »

Télécharger « Coeur de Lion.docx »

Télécharger « quand angèle fut seule.docx »

6 pensées sur « Le débat interprétatif ! »

  1. VAL10
    dit :

    J’ai tout pillé dans cet article.  C’est top !


  2. OlivierI

    dit :

    Merci !  

  3. shana
    dit :

    Je connais bien ce genre de pratique ayant organisé moi-même des ateliers de questionnement de texte (dans le cadre d’un ROLL)  et des ateliers de lecture-compréhension  en cycle 3 .
    Les textes de FRIOT sont une mine d’or! Ils sont un vrai régal pour les élèves qui se mettent au travail avec bonne humeur et dialoguent en argumentant véritablement lors des mises en commun . Je garde un très bon souvenir de ces séances … 
    Il y a un livre très bien fait pour la lecture-compréhension cycle 3, surtout quand on veut travailler de façon « décrochée » en faisant participer activement les élèves et en favorisant le travail de groupe (séances de 40 min à 1 heure) : MOSAIQUE (conseillé par une EMF, il coûte assez cher mais offre des textes de qualité avec des séances bien expliquées. Je projetais le texte pour la mise en évidence des indices (surlignage) lors de la correction)


  4. OlivierI

    dit :

    Oui, oui, ce livre est vraiment génial ! Ce que j’apprécie surtout dedans, c’est l’organisation en séquences autour des mêmes de obstacles de compréhension.   Ça permet une découverte puis un apprentissage en douceur  grâce à  un même problème rencontré plusieurs fois dans des contextes différents. C’est vraiment un dispositif intéressant, qui sollicite bien plus que les capacités de lecture des élèves : les informations implicites à déduire sont  à construire à partir de faisceaux d’indices disséminés un peu partout dans le texte.


  5. Djoum

    dit :

    Je ne peux que conseiller cet ouvrage également ayant eu la chance d’avoir D Beltrame deux ans à l’IUFM. C’est un excellent formateur avec lequel j’ai toujours gardé contact et son travail autour du débat interprétatif est remarquable.


  6. enclasse

    dit :

    J’aime beaucoup travailler de cette façon, c’est l’occasion de laisser s’exprimer  pleinement la pensée des enfants. J’adore ces moments de classe !

    OlivierI

    Dimanche 31 Janvier à 09:39

    Oh oui, je suis tout à fait d’accord !

Les derniers géants

Les derniers géants

Les derniers géantsVoici un travail que j’ai réalisé il y a maintenant pas mal de temps, mais j’ai adoré cet album ! Pour ceux qui ne le connaissent pas, Les derniers géants, de François Place, retrace sous forme d’un carnet de voyage les aventures à l’autre bout du monde de Leopold Archibald Ruthmore. L’histoire se passe au XIXe siècle. A bout de ce périple, le scientifique découvrira, pour leur plus grand malheur, une tribu de géants.

Encore un album dont la qualité d’écriture et la minutie des illustrations sont remarquables !

Pour l’occasion, j’avais réalisé un livret d’explorateur pour les élèves que je vous joins (fichier Publisher)

Et pour ceux qui ne possèdent pas le livre mais voudraient se lancer, le tapuscrit est disponible sur le blog A l’encre violette.

Les derniers géants – le livret élève

Télécharger « séance 1.doc »

Télécharger « Séance 2.doc »

Télécharger « séance 3.doc »

Télécharger « séance 4.doc »

Télécharger « Illustrations séance 4 »

Télécharger « séance 5.doc »

Télécharger « séance 6.doc »

Le livret élève en PDF (il peut être long à charger) :

Les derniers géants

8 pensées sur « Les derniers géants ! »


  1. Aude83
     

    dit :

    merci pour ces documents! j’ai déjà travaillé l’an dernier sur  ce livre magnifique et certains de mes élèves sont aller l’acheter ensuite! Une vraie découverte pour eux et pour moi!


  2. OlivierI
     

    dit :

    De rien, mais ils sont loin d’être parfaits !


  3. flodio
     

    dit :

    J’adore cet album et je vais travailler cette année sur les carnets de voyage !


  4. OlivierI
     

    dit :

    Un de mes préférés aussi ! Je vais aller jeter un oeil sur ton blog pour voir ce que tu as sur le carnet de voyage, ça m’intéresse.


  5. flodio
     

    dit :

    Rien pour l’iinstant !! J’utiliserai l’album « la fabuleuse découverte des îles du dragon »


  6. Djoum
     

    dit :

    Un gros coup de coeur pour moi, j’ai souvent exploité cet album en classe et les élèves en sont toujours marqués.


  7. maworldcoolture
     

    dit :

    Bonjour, je trouve ton travail génial ! Par contre, je n’arrive pas à ouvrir le livret élève sous format publisher. Serait il possible de le voir sous format pdf ? Merci !

    OlivierI

    Vendredi 2 Octobre 2015 à 13:38

    Voilà, c’est fait !

  8. OlivierI

    dit :

    Voilà, c’est fait !

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