Archives de
Catégorie : Français

Les docs du mois d’avril

Les docs du mois d’avril

Mois de mai, dernière période, fin de projets en tout genre, mais pour la CPB ce n’est jamais la fin !
Nous vous proposons donc notre sélection des documents « à ne pas rater » !

Pour les découvrir:

Sur le forum :
logo_cpb_grand  
et sur le blog de l’association :
Image hébergée par servimg.com
Bonnes visites!

 

0 pensées sur « Les docs du mois d’avril ! »

Enregistrer

Littérature : que faire et comment l’enseigner ?

Littérature : que faire et comment l’enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : comment l'enseigner ?

Littérature : comment l'enseigner ?

Vous l’aurez peut-être remarqué (non, vraiment pas ???), l’enseignement de la littérature de jeunesse est l’une de mes préférées ! J’ai toujours eu un attrait particulier pour ce domaine, et j’ai eu la chance de croiser les bons formateurs qui m’ont emmené en dehors des sentiers battus.

La littérature de jeunesse, c’est tellement plus qu’un support de lecture ! Il existe des dispositifs à mettre en place qui permettent au groupe classe, après s’être volontairement cassé les dents sur un texte, d’accéder au sens de celui-ci, parfois très éloigné de ce que les élèves pensaient avoir compris au premier abord, et aussi qu’ils aient un retour réflexif sur le chemin qu’ils ont parcouru pour y parvenir. Le choix des textes que l’on va proposer est déterminant dans l’apprentissage, tous les titres de littérature ne s’y prêtent pas : comme pour les autres matières, il s’agit d’un enseignement qui se PROGRAMME, avec ses objectifs spécifiques et progressifs. Bon OK, dit comme ça, c’est trèèèès vague.

Je vais essayer de vous expliquer ce que j’aime dans ce domaine, et d’expliquer à peu près clairement ce que je fais en classe, et donner des exemples précis.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Tout d’abord, il faut que je vous parle de ma bible en terme d’enseignement de la littérature. Il s’agit de l’ouvrage de Catherine Tauveron « Lire la littérature à l’école – Pourquoi et comment conduire cet apprentissage spécifique ? de la GS au CM2 ».

C’est l’ouvrage de référence. L’auteure prend soin d’expliquer les enjeux de cet apprentissage et nous montre comment s’y prendre. Elle aborde les enjeux théoriques mais en les illustrant à chaque fois avec des exemples pratiques, en citant des albums ou romans mais également en montrant les difficultés de compréhension et d’interprétation (souvent délibérées de la part de l’auteur du livre) qui s’y trouvent, et comment les aborder en classe. Il y a des dizaines d’exemples d’exploitation disponibles !

L’ouvrage est vraiment très complet, dépassant souvent ce qu’il est réellement possible de faire en classe, mais on y découvre une autre manière de procéder qu’une lecture-compréhension avec questionnaire à la clé.

Il ne se lira pas dans le bus ou le train, mais si vos avez le temps de vous poser et l’envie de découvrir, n’hésitez pas, vous ne serez pas déçus !

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Pour faire simple, on peut dire que la lecture va s’intéresser aux problèmes de compréhension (rendez visite à Mélimélune, MalloryAllet ou encore beaucoup d’autres pour vous y pencher) tandis que la littérature va s’intéresser aux problème d’interprétation.

Comme le dit Catherine Tauveron dans les premières pages de son ouvrage, on ne lit pas la littérature comme on lit un documentaire, l’annuaire ou une liste de commissions. « Il doit exister un plaisir esthétique, intellectif et culturel qui, loin d’opérer par magie, se construit » et la plupart du temps, « on appréhende le récit littéraire comme un fait divers et non comme un produit artistique. On tolère, en maternelle, qu’il puisse déclencher des réactions affectivo-identitaires, mais on les écarte ensuite ».

La richesse et l’intérêt d’un texte littéraire repose, en partie, sur le fait que plusieurs interprétations peuvent en être faites, et l’étudier à l’aide d’un questionnaire ferme souvent les portes à cette possibilité. « C’est parce que la  lecture littéraire est un acte singulier d’appropriation d’un texte qu’elle peut être échangée et éventuellement partagée dans la communauté interprétative que constitue la classe. La lecture informatique traditionnelle centrée seulement sur le qui ? où ? quand ? comment ? est une lecture qui reste extérieure à l’élève. Elle ne s’échange pas, parce qu’elle fait l’objet, la plupart du temps, d’un consensus. […] La lecture littéraire qui se tient au plus près du texte (des contraintes qu’il impose et des libertés qu’il offre), qui implique la mobilisation d’une culture partagée (ou à partager) dans la classe, qui se pose la question du « comment ça marche ? » en soi, aussi bien que moi que sur les autres, qui sollicite des interprétations diverses dont le degré de pertinence doit toujours être argumenté et évalué, appelle naturellement l’échange. La lecture en classe devient ainsi le lieu où l’on objective dans le langage ce qu’on a pensé, où l’on se penche sur ce qu’on a ainsi produit pour le considérer sous un jour nouveau, un lieu de négociation de sens, un lieu d’écoute de soi et de l’autre, un lieu de tolérance mais aussi d’esprit critique toujours en éveil : un lieu d’intersubjectivité« (Catherine Tauveron).

La lecture est au service de la littérature, toutes les compétences de lecteur vont être mises en œuvre dans l’étude de textes littéraires. Ces textes, volontairement denses, parfois obscurs à la compréhension, esthétiques, résistants, proliférants, vont poser des problèmes non pas de compréhension, mais d’interprétation.

C’est en amenant le texte d’une manière fine, ciblée, centrée son obstacle spécifique que vont naître des échanges riches entre les élèves, où chacun mettra en avant la manière dont il l’a perçu (toujours en le justifiant), en faisant sans cesse des allers-retours entre les lignes, en écoutant ses pairs, et grâce aux coups de pouce de l’enseignant, que le sens va petit à petit se construire.

C’est donc sur les échanges que l’enseignement de la littérature se base.

C’est vrai, ça fait beaucoup de blabla d’un coup, j’en suis conscient. Voici deux exemples pratiques, l’analyse de deux albums simples à comprendre (lecture) et bien plus profond à interpréter (d’un point de vue littéraire) :

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

L’une des manières d’entrer en littérature est d’étudier un genre littéraire. Parmi ceux-ci, on peut citer le policier, le récit de vie, l’aventure, le récit de voyage, le récit historique, le conte, la fable, le fantastique ou la science-fiction. Ces genres littéraires peuvent être écrits sous différentes formes (romans, albums, bandes dessinées, nouvelles, théâtre, poèmes).

L’objet de l’étude d’une séquence d’apprentissage va donc pouvoir être de caractériser l’un de ces genres ou l’une de ces formes littéraires. Mais à quoi cela peut-il servir pour l’élève de rencontrer ces différents genres ou formes ? Déjà, à savoir le lire : le théâtre écrit présente des caractéristiques très particulières, et si elles n’ont pas été explicitées et présentées, il sera difficile de se repérer dedans. « Pourquoi y a écrit des prénoms au milieu des lignes ? C’est quoi les écritures penchées, là ? Ça veut dire quoi Scène IV ? ».

L’étude d’un genre va permettre à l’élève de se forger une culture de lecteur, mais aussi de se mettre dans la position d’un lecteur expert : il va passer de « ce que raconte un texte » à « comment il le raconte ». Il aura appris à reconnaître et anticiper les différents éléments constitutifs du genre (le schéma quinaire d’un conte par exemple, mais aussi reconnaître les personnages récurrents de ce genre-le prince, le dragon, la sorcière, l’ogre, le géant, …-, ou s’attendre à la présence d’objets magiques, …).

Cela peut aussi permettre d’apprendre à faire la différence entre des genres qui sont proches, mais pourtant différents. Prenons l’exemple du Merveilleux, du Fantastique et de la Fantasy :

  • Le merveilleux est un genre dans lequel on va trouver des personnages, des lieux, des pouvoirs et des objets qui n’existent pas dans notre réalité, mais ils vont être présentés au lecteur de manière tout à fait ordinaire. Dans l’univers dans lequel le récit se passe, ils apparaissent comme normaux.
  • Pour le Fantastique, ces mêmes lieux, personnages, pouvoirs, objets seront présents, mais ils apparaîtront comme étrange car le récit se déroule dans un univers qui apparait comme vraisemblable. L’apparition de ces nouveaux éléments sera progressive et le narrateur commencera par douter de ses sens lors des premières rencontres avant de les accepter, souvent avec un sentiment de peur.
  • Quant à la Fantasy, elle désigne le genre dans lequel des éléments surnaturels relevant des mythes apparaissent, avec notamment l’utilisation de magie ou la présence d’esprits.
Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Rendez-vous par ici pour découvrir davantage les différents genres, ainsi que  des exploitations trouvées chez les cyber-collègues :

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Pour parcourir et apprivoiser un texte, il faut bien sûr le découvrir, mais les élèves n’auront pas obligatoirement besoin de le lire par eux-même, surtout lorsqu’il s’agit d’étudier une oeuvre longue. La découverte du récit pourra être faite par :

  1. Lecture à voix haute par l’enseignant
  2. Lecture silencieuse des élèves
  3. Lecture à voix haute des élèves
  4. Résumé partiel de l’histoire par l’enseignant. Ce résumé peut être narré par l’enseignant, ou bien donné à lire aux élèves. L’intérêt de sauter certains passages est de ne pas perdre l’intérêt des élèves, ni de temps dans l’exploitation, à lire des passages plus « mous » du livre, qui n’apportent pas grands choses d’un point de vue narratif (l’idéal est de ne pas dépasser 2 à 3 semaines lorsqu’on travaille sur un livre).

Image Jack Koch – dangerecole.blogspot.com/

Il existe plusieurs dispositifs pour entrer dans le texte, certains plus connus et plus utilisé que d’autres. Ces différentes entrées ne sont pas qu’une variation ludique, elles doivent permettre de mettre en lumière les particularités du texte étudiés.

  1. Le dévoilement progressif : particulièrement utilisé lors des lectures-feuilletons, il permet de vérifier la compréhension des éléments. On vérifie que les personnages, les lieux, l’intrigue sot identifiés . Mais cette entrée peut aussi servir à faire apparaître une erreur d’interprétation chez le lecteur, à condition que le texte ait programmé cette erreur (tous ne s’y prêtent pas). Après le démarrage de l’intrigue, le lecteur s’attend à ce que la suite de l’histoire soit convenue, tout le monde s’attend à ce qu’il se passe un évènement, et il y a un rebondissement imprévu.
    Quelques exemples d’ouvrages qui s’y prêtent particulièrement :

    Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

    Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

    Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

    Ce sera aussi le prétexte pour revenir en arrière dans la lecture, et chercher s’ils ne sont pas passés à côté d’indices qui auraient pu les mettre sur la bonne voie. Dans le cas de Ohé Capitaine ! de Thierry Dessailly, le lecteur doit décider si le « capitaine » est un vrai matelot, ou bien si, comme la rumeur le prétend, il n’avait jamais été à la barre d’un navire.

    « Dans un village, au bord de la mer, un vieux capitaine, qui a tout (et même un peu trop) du capitaine… sauf le bateau, passe ses journées l’œil (triste) fixé sur l’horizon. Il a un secret…, dit-on gentiment. Mais un jour, la rumeur se lève parmi les habitants : et s’il n’était pas capitaine ? Il disparait bientôt et c’est le désarroi dans le cœur et l’esprit de chacun. Pourtant, par une nuit de tempête, comme sous le pinceau blanc d’un peintre magicien, il réapparait longeant le village, à la barre de son merveilleux navire, sans accoster… et tous comprennent alors que le capitaine leur avait offert bien plus qu’ils n’auraient espéré : Patience, audace, espoir, rêve et beaucoup d’amour. (résumé de C. Tauveron)

    Dans cet album, le lecteur est amené à comprendre en premier lieu que le récit se passe comme il nous est raconté. Cependant il oscille entre rêve et réalité. On pense que Capitaine est forcément un vrai capitaine et que c’est lui qui est à la barre du navire lors de cette fameuse nuit. Mais, en étant attentif à certains passages, on peut se douter que le récit ne peut pas être vraisemblable, alors qu’il est ancré dans un univers qui l’est. Le retour du Capitaine se fait par une terrible nuit de tempête. Tous étaient certains qu’un seul homme était capable de passer si près de la côte, une nuit de tempête : le Capitaine. […] Ceux qui ont croisé son regard ont compris qu’il ne resterait pas. Un capitaine de cette trempe aurait pu accoster et pourtant, il ne le fit pas.
    Croiser le regard du Capitaine ? Les villageois se sont massés sur la côte, il fait nuit, la tempête fait rage. Tout ça mis bout à bout ne tient pas debout ! Lorsque les élèves ont mis le doigts sur cette contradiction, puis réussi à interpréter la dernière phrase du livre (Moussaillons, ouvrez l’œil. Il existe des Capitaines sans jambes de bois, sans barbe rousse, sans … bateau), ils sont en mesure d’envisager que ce capitaine n’en est pas un vrai. Et une relecture attentive des différents fragments va permettre de mettre le doigt sur d’autres indices.

    Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

    Pour cet album, le découpage peut être fait en 3 fragments : d’abord la situation initiale (la cohabitation tranquille avec les gens du village), puis le basculement (l’émergence de la rumeur, la disparition du Capitaine et l’appel des villageois) et enfin le dénouement (la 7e nuit de tempête). Le premier fragment permet de découvrir les personnages et les lieux. On est persuadé que le Capitaine est un vrai capitaine. Dans le second, on va trouver des passages qui sont particulièrement résistants et qui ne pourront être compris que lorsque le doute sur la véracité de la narration sera apparu. Enfin, le dernier extrait devra être discuté, en mettant le doigts sur les éléments contradictoires qui mèneront à s’interroger sur l’ensemble du récit.

  2. La lecture dans un désordre concerté : on va la privilégié dans le cas où le récit n’est pas dans l’ordre chronologique des évènements ou bien lorsque l’on veut cacher des éléments du début de l’histoire pour que les élèves problématisent leur lecture.
    C’est ce qu’il est possible de faire par exemple pour l’étude de L’enfant océan, de J.-C. Mourlevat.
Littérature : que faire et comment l'enseigner ? Pour l’étude de ce roman, j’aime commencer par la lecture du chapitre 7, dans lequel on nous décrit le spectacle de 7 enfants faisant des glissades sur le terrain de sport municipal en plein milieu de la nuit.
C’est assez surprenant pour le lecteur, mais on peut ensuite s’interroger sur l’identité de ces personnages, et des raisons pour lesquelles ils sont là, nus au milieu de la nuit. Cette situation conduit la classe à interroger l’implicite

III. La lecture puzzle : ce dispositif permet d’attirer l’attention sur des indices qui peuvent sinon passer inaperçus. Ils vont permettre de construire une interprétation fine. Il faut mettre en lien des indicateurs de temps et de lieux, des substituts, des pronoms, …

IV. Lecture avec ou sans les images : ce dispositif est destiné aux albums, car la relation texte-images y est importante : ils peuvent être redondants (la plupart), complémentaires (Une histoire à 4 voix, les albums de Claude Ponti), divergents (L’Afrique de Zigomar, Mon chat est le plus bête du monde), narrer des récits parallèles, donner une piste d’interprétation (Les mystères de Harrys Burdick) …

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Dans un premier temps, on montre les illustrations et on demande de lire et d’interpréter les images (ce que je vois / ce que je comprends).

Puis on compare avec ce qu’on lit.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Sortir du questionnaire de compréhension (/d’interprétation) ne veut pas dire que l’on ne demande aucun travail écrit aux élèves. C’est davantage que l’on va les emmener à proposer des interprétations, des recherches des possibles que le texte offre grâce à des questions ouvertes.

Il est possible de demander de produire un dessin d’un passage, d’un personnage dont l’identité ou la description ne sont pas clairement faits (il faudra interpréter un faisceau d’indices – Coeur de Lion, de Robert Boudet par exemple).

On peut aussi recourir aux « écrits de travail ». Il ne s’agit pas de production d’écrit, mais d’une production transitoire et éphémère qui va permettre de poser UNE interprétation possible du texte, et exprimer la compréhension de l’élève à un moment-T de la lecture. On peut les comparer aux représentations initiales de la démarche expérimentale en sciences.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Pour consulter la typologie des différents types d’écrits de travail, c’est par là.

Pour avoir des exemples concrets et complets, c’est par ici (puis CTRL + F, tapez Typologie).

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

La lecture en réseau est souvent évoquée. Afin que le réseau soit efficace, il faut que les textes que l’on associe permettent d’acquérir un comportement de lecteur expert en s’affinant au fur et à mesure jusqu’à surmonter l’obstacle de compréhension qu’ils posent.

Prenons l’exemple de la notion de narrateur. Le réseau va être fait de textes sélectionnés afin de construire les connaissances suivantes :

  • définir la notion de narrateur
  • apprendre à repérer les indices permettant d’identifier un narrateur interne ou externe
  • travailler sur le narrateur-auteur : l’autobiographie
  • se questionner sur la fiabilité du narrateur (cas du narrateur-menteur : Journal d’un chat assassin, par exemple)
  • aborder le relai de narration : L’enfant océan
  • observer les différences d’interprétation d’un même évènement par plusieurs narrateurs (le point de vue)
  • connaître le journal-intime : écrire pour soi

Évidement, il n’est pas nécessaire d’épuiser toutes les possibilités du réseau, au risque de lasser tout le monde.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Ce genre de réseau doit donc permettre de surmonter un problème de compréhension qui constitue un obstacle pour l’élève (les textes réticents). Cela peut être le cas pour :

  • les textes qui poussent à une compréhension erronée par la présence de leurres qui poussent à la méprise (Papa ! de P. Corentin, Coeur de Lion de R. Boudet, romans policiers avec fausses pistes)
  • le cas du narrateur peu fiable (Journal d’un chat assassin, A. Fine – Moi, Fifi, de G. Solotareff – Un martien ou Robot, de B. Friot)
  • la présence d’ellipses narratives (Yakouba, T. Dedieu)
  • le fait de gommer les relations entre les personnages
  • le fait de perturber l’ordre chronologique des évènements
  • le fait d’enchâsser un récit dans le récit (Dents d’acier, de C. Boujon)
  • en brouillant les frontières entre monde fictif et monde imaginaire (Boréal-express, de Chris Van Allsburg, Comment Wang-Fô fut sauvé, M. Yourcenar)
  • en adoptant un point de vue original (celui d’un extra-terrestre –Dr Xorgol de Tony Ross, d’un caillou –Rocky le petit rocher d’Alain Foix, d’une fourmi – Les deux fourmis de Chris Van Allsburg,  d’une poupée – La petite géante, de Philippe Dumas, ou d’un ours en peluche – Mitch, G. Solotareff ou Otto de T. Ungerer).

Un réseau peut aussi être construit afin de structurer une culture (on en revient au genre littéraire, mais on peut aussi évoquer l’archétype d’un personnage dans les contes).

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

On peut aussi évoquer les réseaux centrés sur un auteur. Mais là encore, il faut avoir des objectifs spécifiques autour de cet auteur. Par exemple, connaître l’auteur peut permettre de mettre en lumière que les œuvres s’éclairent les unes les autres. Prenons le cas de Rascal (oui, encore !). Ses albums sont simples à comprendre en apparence, mais l’interprétation des histoires est plus compliquée. Certains éléments récurrents dans les histoires vont permettre aux textes de s’éclairer les uns les autres. Ces éléments seront d’ordre symbolique :

  • les saisons comme rythme de la vie
  • l’eau qui nettoie et purifie
  • le feu qui purifie
  • la re-naissance symbolique des personnages
  • le voyage géographique qui permet une quête spirituel
  • les masques derrière lesquels les personnages se cachent

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Les réseaux autour d’un même obstacle de compréhension peuvent donner lieu à un autre dispositif : le débat interprétatif.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Ce dispositif a pour objectif d’aider les élèves à raisonner sur les textes, à acquérir des stratégies de lecture et à les utiliser lorsqu’ils rencontrent un texte qui les nécessite. Sa richesse provient des échanges oraux qu’auront les élèves pour justifier leur interprétation du texte et la réponse qu’ils y apportent, toujours en se référant à celui-ci, mais aussi en allant explorer le champ des implicites permis, mais aussi en s’appuyant sur son expérience de lecteur et les situations déjà rencontrées.
Pour proposer des situations d’enseignement par le débat interprétatif, il faut commencer par se constituer un corpus de 4 ou 5 textes présentant un même obstacle de compréhension. Dans le cas que je prend en exemple, il s’agira d’un réseau centré sur l’imaginaire.
Chaque jour, on propose un texte différent. Plutôt que d’aborder la compréhension et l’interprétation par le questionnaire, on va s’appuyer sur un écrit de travail (on en a parlé un peu plus tôt) qui va servir d’« observable de compréhension ».
A noter : on peut priver le texte de quelques phrases, du dernier paragraphe, de son titre […] si celui-ci apporte la réponse.

Un exemple :

Dans le texte Je t’haine, de Bernard Friot, le narrateur est amoureux de Virginie, l’une de ses camarades de classe. Et comme la plupart des garçons de son âge, il ne trouve pas d’autre manière de le lui montrer l’importance que de lui envoyer des « mots durs » (et non doux) ou de lui faire des croche-pieds. Et elle le lui rend bien ! Bref, ils ont cette relation particulière mais exclusive. Et un jour, cette demoiselle se dispute avec un autre garçon dans la cour et elle finit par lui crier « J’te déteste ! ». Le coeur de notre narrateur se brise net, et il décide de lui rendre la pareille et envoyant des « mots durs »sur la table de la voisine. Virginie est morte de jalousie. En plus de cela, notre narrateur lui laisse comprendre qu’il ne la déteste plus ! A la sortie des classes se joue une terrible scène à l’issue de laquelle Virginie est en larme. Le texte s’achève par :

« – Moi ? Je ne t’ai jamais détestée ! Au contraire, je t’aime, je t’aime !

Elle n’a pas répondu. Elle m’a tourné le dos. J’ai bien vu qu’elle pleurait. Alors je lui ai donné un coup de pied dans les fesses.  Pour la consoler. »

En tant que lecteur expert, il nous est facile de déceler cet amour mutuel et inavoué entre les deux personnages, avec des passages comme « Je la connais depuis la maternelle, mais avant, c’était comme si elle n’existait pas. Maintenant c’est tout le contraire. Je pense à elle sans arrêt. Même la nuit quand je dors. » ou bien en remarquant l’obsession de leur comportement l’un envers l’autre. Le titre livre également la clé de l’histoire. Mais pour des lecteurs de cycle 3, c’est une autre histoire !

La consigne qui accompagne ce texte est d’expliquer les 3 dernières phrases. Donner un coup de pied pour consoler ? Comment cela peut-il avoir du sens ? Et du coup, pourquoi cela la consolerait ? Pour le comprendre, il faudra revenir sur l’ensemble du texte.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Voilà le déroulement d’une séance type :

  • les élèves commencent par lire individuellement le texte
  • on fait une première phase orale afin de s’assurer de la compréhension globale du texte (Qui ? Où ? Quand ? Que se passe-t-il ? mais en restant dans les grandes lignes du texte, il ne s’agit pas de commencer à interpréter)
  • la consigne est donnée : il s’agit de trouver une consigne de travail, une question qui va permettre de mettre en valeur la difficulté que pose le texte. Cela peut être un dessin à réaliser, trouver un titre, imaginer une suite, combler une ellipse, faire un relevé, un classement, …
  • Ensuite, au choix : soit une mise en commun par petits groupes avant la synthèse. Chaque groupe doit se mettre d’accord sur une proposition parmi les leurs qui sera proposée à la classe.
  • Mise en commun dans le groupe classe. Je note les propositions au tableau, sans demander encore d’argumenter. Puis vient le moment du débat interprétatif. On discute des différentes réponses, avec lesquelles les élèves sont d’accord, ou pas, et surtout pourquoi ? Quels sont les éléments du texte qui permettent de l’affirmer  ? Y a-t-il des indices à mettre en relation pour construire du sens ?
    Durant cette phase, il faut essayer de s’effacer au maximum, de ne surtout rien confirmer, les élèves doivent construire eux même leur raisonnement.
  • Lorsque le débat touche à sa fin, et que l’on s’entend sur une manière de comprendre le texte (ou pas d’ailleurs, certaines situations ne permettront pas d’avoir un consensus), je propose une lecture offerte du texte qu’ils sont en mesure de comprendre à sa juste valeur.

L’ouvrage Enseigner la compréhension par le débat interprétatif est vraiment bien fait ! Il reprend ce fonctionnement et propose des corpus de textes réunis en fonction de difficultés ciblées. Je ne peux que vous le conseiller. Je m’en suis servi il y a quelques années et ne l’ai pas regretté !

Pour ceux qui veulent encore creuser un peu plus la question, voici le compte-rendu d’une conférence de Mme Tauveron à l’IUFM de Rennes. C’est synthétique et complet. Clic !

Encore une fois, merci à ceux qui m’auront lu jusque là !

14 pensées sur « Littérature : que faire et comment l’enseigner ? ! »

  1. Morgane
    dit :

    Merci pour ce partage. Ton article est intéressant. Il permet de découvrir de nouveaux titres.

  2. sassyle
    dit :

    Merci pour cet article intéressant, il j’y a plus qu’à mettre en oeuvre…Bonne fin de semaine

  3. sam
    dit :

    Effectivement j’ai lu jusqu’au bout même à minuit. Merci pour cette vision de la littérature… Je vais lire les liens donnés car c’est très intéressant tout ça!

  4. tiphaine
    dit :

    Merci pour cet article. Je m’interroge justement là- dessus en ce moment et tente de mettre en place qq chose qui sort du lecture/questionnaire que je trouve peu concluant ou formateur! Vos idées vont m’être bien utiles!


  5. OlivierI
     
    dit :

    Merci à vous 4 pour votre passage et votre lecture !


  6. Craie hâtive
     
    dit :

    Wahou ! Quel travail ! Merci pour les idées très intéressantes


  7. BigBoom
     
    dit :

    Très  intéressant cet article, avec des ressources  qui donnent envie! Merci pour ce partage


  8. domrod
     
    dit :

    J’ai tout lu, j’ai tout compris, je suis ravie!!!!!!
    MERCI

  9. Mayleb
    dit :

    Passionnant ! Il faudra que je relise pour m’approprier tout ça. Merci.

  10. Mélanie
    dit :

    Bonjour,
    un simple mot pour vous remercier pour ce travail incroyable. T1, j’ai cette année une classe de CM1-CM2 à mi-temps, et suis en charge de l’enseignement de la littérature. L’an passé, j’ai beaucoup travaillé sur la compréhension de lecture avec mes CE2-CM1; et étais donc un peu perdue en ce début d’année pour enseigner la littérature. En gros, je ne voyais pas trop quoi faire, comment, et ne souhaitais pas me limiter simplement à des lectures + questionnaires comme on le voit souvent dans les écoles.Bref, je suis sauvée par votre article, qui regorge d’idées, de pistes auxquelles j’adhère complètement, etj’ai envie de tout faire… Mais il va falloir faire des choix 🙂 Encore merci pour ce travail !

    OlivierI

    Jeudi 1er Octobre 2015 à 21:00

    Merci de ton passage et ton mot Mélanie. Je me suis retrouvé comme toi il y a quelques années, à me demander ce que je pouvais faire de plus pour aller plus loin en littérature, et j’ai eu la chance de faire les bonnes rencontres et d’avoir de bonnes lectures. Je partage ici une synthèse de ce que j’en ai compris/retenu/adapté en espérant que ça puisse être utile !

  11. OlivierI

    dit :

    Merci de ton passage et ton mot Mélanie. Je me suis retrouvé comme toi il y a quelques années, à me demander ce que je pouvais faire de plus pour aller plus loin en littérature, et j’ai eu la chance de faire les bonnes rencontres et d’avoir de bonnes lectures. Je partage ici une synthèse de ce que j’en ai compris/retenu/adapté en espérant que ça puisse être utile !


  12. OlivierI
     
    dit :

    Merci à toutes ! Comme d’habitude, c’est avec plaisir !


  13. enclasse
     
    dit :

    Merci pour cet article très complet.  Je trouve que le débat interprétatif n’est pas toujours facile à mener . J’ai parfois l’impression  de  beaucoup trop questionner les élèves pour arriver à faire émerger une réflexion sur le texte. J’espère que la lecture du livre que tu recommandes m’aidera à améliorer mes séances.

    OlivierI

    Dimanche 4 Octobre 2015 à 21:21

    Merci Pascale ! C’est vrai que le débat peut parfois être laborieux, et les prises de parole dépendent aussi beaucoup du climat de classe, certaines fois c’est assez catastrophique. Le choix des textes y est pour beaucoup dans les échanges, ainsi que les textes déjà rencontrés. Tu peux jeter un oeil dans ma rubrique Remplacement, il y en a quelques un .

  14. OlivierI

    dit :

    Merci Pascale ! C’est vrai que le débat peut parfois être laborieux, et les prises de parole dépendent aussi beaucoup du climat de classe, certaines fois c’est assez catastrophique. Le choix des textes y est pour beaucoup dans les échanges, ainsi que les textes déjà rencontrés. Tu peux jeter un oeil dans ma rubrique Remplacement, il y en a quelques un .

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Je mets ici des exempes de formes et de genres qu’il existe et sur lesquels il est possible de travailler en littérature. Il vient compléter un article qui paraîtra bientôt.

Les différents genres littéraires

Extrait de Kerity – La maison des contes

J’ai également mis des liens vers des exploitations disponibles chez les cyber-collègues. Les cyber-copains, si vous avez des ressources et que je vous ai oubliés (ne m’en veuillez pas !), n’hésitez pas à me tirer les oreilles que je vous ajoute !

Les différents genres littéraires

Le genre Policier se caractérise par une narration à la première personne, et un acte qui transgresse la loi : le « crime » (qui peut n’être que la disparition d’un goûter d’école dans la littérature de jeunesse). On retrouvera donc un coupable, une victime, un enquêteur, un délit, un mobile et l’essentiel de l’histoire sera de suivre l’enquêteur en partageant avec lui ses découvertes et ses réflexions. A ces caractéristiques, on peut ajouter les indices, les hypothèses, les suspects, les interrogatoires, les fausses pistes, le suspense…

A l’intérieur de ce genre, on peut distinguer des sous-genres :

– le roman à énigme traditionnel (l’enquête, policière ou non) ;

– le roman à suspense : le crime n’a pas encore été commis et la tension tient dans le fait que le lecteur assiste, impuissant, au déroulement des faits et attend de savoir en faveur de qui l’histoire va basculer : le criminel ou la victime ? L’énigme passe parfois au second plan, c’est la tension qui compte.

– le roman noir : moins destiné à la jeunesse que les autres, il s’agit de suivre les enquêtes d’un détective privé ou d’un ancien policier dans les bas fonds de la société. La violence est souvent présente.

Les différents genres littéraires

John Chaterton, Yvan Pommaux

J’ai choisi de vous présenter le travail de Mélimélune sur le policier que j’ai trouvé extrêmement bien fait. avec un travail sur des extraits ou des textes courts. Les élèves sont invités à reconnaître des oeuvres qui appartiennent à ce genre,  dégagent la structure du genre, et mènent une enquête et finissent par une étude du vocabulaire spécifique au genre.

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Je vous conseille aussi la séquence de Projet Lecteur, d’Accès Editions. Comme toutes les autres présentes dans le livre, elle est très complète : définition du genre, objectifs d’apprentissages clairs et atteignables, de nombreux extraits pertinents et variés. Le livre propose un travail sur les couvertures de romans (identifier ceux qui appartiendraient à ce genre), un travail sur les premières pages (identifier le cadre de l’action : qui ? où ? quand ? quel est le crime ? qui est le narrateur ?), les structures narratives (schéma quinaire : situation initiale, élément perturbateur-le crime-, l’enquête, la résolution puis la situation finale), les personnages, la manières dont les auteurs créent du suspense et enfin les actions des personnages.

Les différents genres littéraires

Le Fantastique peut se définir par l’apparition progressive de phénomènes surnaturels dans un univers vraisemblable, ce qui implique des doutes et de la peur chez le narrateur, qui petit à petit s’approprie ou fuit ces nouveautés. Il peut s’agir de métamorphose, d’un objet qui possède des pouvoirs, d’apparitions (fantômes), de disparitions, de possession, de destruction ou de pacte avec les puissances occultes.

Les différents genres littéraires

Le luthier de Venise, Claude Clément

(clic sur l’image pour la présentation de l’album et l’exploitation)

Voici la séquence que j’ai créée sur le genre fantastique. Il s’agit d’un travail articulé autour de la littérature et de production d’écrit. J’ai essayé de mettre en avant les caractéristiques du genre, à savoir :

  1. – Apparition de faits inexpliqués et théoriquement inexplicables dans un contexte vraisemblable et connu du lecteur (histoire encrée dans le réel).
  2.  Narration à la première personne.
  3.  Effet produit sur le lecteur : inquiétante étrangeté, parfois de l’angoisse, de la peur due à une empathie pour le personnage principal qui est en danger.
  4.  Cadre spatio-temporel particulier : lieux isolés et conditions météorologiques propices à brouiller les perceptions (nuit, crépuscule, automne ou hiver avec du brouillard, …)
  5.  Le schéma du genre fantastique se différencie du schéma quinaire
  •  Situation initiale dans un contexte ordinaire réaliste ;
  •  Intrusion progressive du surnaturel qui ne doit pas être accepté par le lecteur comme normal. Le premier signe provoque le doute chez le personnage qui doute de ces sens, puis les apparitions suivantes sèmeront le doute dans son esprit, créant un sentiment de peur. Alternance de moments de doutes et de certitude chez le personnage ;
  •  Le narrateur reçoit un avertissement du danger qui le guète mais il le brave.
  •  Il y a une montée de l’angoisse progressive tout le long du récit jusqu’au dénouement ;
  •  La fin laisse parfois le doute dans l’esprit du lecteur : une explication peut être trouvée pour expliquer le phénomène étrange, mais un indice en fin de livre, alors que l’équilibre semble retrouvé, laisse planer un doute

6.Découvrir les champs d’activités typiques du genre : apparition, métamorphose, animation d’objet ou pouvoir magique lié à un objet, personnage possédant un pouvoir à son insu (moins traités dans la littérature de jeunesse : la possession, la destruction, les pactes avec les puissances occultes)

 Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

 Les différents genres littéraires

Il ne s’agit cette fois-ci pas d’un genre, mais d’une forme, avec ses caractéristiques propres : le sens de lecture, la relation texte-images, les différentes formes de bulles et leur signification, les idéogrammes et onomatopées et leur signification, etc.

Je vous emmène faire un tour chez Orphée qui a réalisé une superbe séquence sur la BD :

Littérature : que faire et comment l'enseigner ?

Les différents genres littéraires

Là encore, il s’agit d’une forme et non d’un genre. Plus qu’une architecture typique, avec des retours à la ligne réguliers et des majuscules à chaque ver (ce qui n’est d’ailleurs pas toujours le cas), la poésie est un langage, complexe car il renvoie par des évocations à d’autres images, d’autres éléments.

Comprendre la poésie n’est pas quelque chose de naturel, certains y sont même hermétiques.

Voici l’article et les ressources que j’avais écrits : Entrer en poésie.

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Un essai de définition pour le conte serait un récit en prose d’événements fictifs transmis oralement.

C’est une narration brève qui trouve ses origines dans des mythes et des légendes, mais qui se différencie de la fable (où l’anthropomorphisme est total, ici le héros est ou redevient humain et la morale n’est pas explicitement énoncée), de la légende (il n’a pas de réalité historique), de l’épopée ou du mythe (le héros a plutôt un surnom, plus rarement un prénom).

On ne va pas parler DU conte, mais DES contes, car il existe plusieurs catégories. Voici celle reprise par les auteurs de Projet Lecteur :

  1. Les contes merveilleux (ou contes de fées) où intervient la magie (Blanche Neige, Cendrillon, Le Petit Poucet, …)
  2. Les contes d’animaux (Les trois petits cochons, Pierre et le loup, Le petit Chaperon rouge, …) ;
  3. Les contes étiologiques ou contes des origines (La montagne aux trois questions, Pourquoi les libellules ont le corps si long?, …) ;
  4. Les contes de randonnées (Le bonhomme en pain d’épices, Roule Galette, …) ;
  5. Les contes facétieux : histoire drôle mettant en scène un fort et un faible (Le roman de Renard, Nasr Eddin Hodja, …) ;
  6. Les contes modernes, dans lesquels le merveilleux intervient dans un contexte moderne (La petite fille aux allumettes), à la différence des contes classiques qui se passent dans un contexte espace-temps assez indéterminé ;
  7. Les contes parodiés (Les trois petites cochonnes, Contes à l’envers, La véritable histoire des trois petits cochons, …).

Les différents genres littéraires

Cochon, rentre à la maison ! – Mathilde et Yannick Lefrançois

Pour travailler ce genre, je vous propose de rendre visite à Mysticlolly, qui a créé de magnifiques cartes à conter pour des situations de production.

Les différents genres littéraires

Pour l’étude littéraire du genre, je vous renvoie encore une fois au super Projet Lecteur, qui propose des exploitations pour les 7 catégories de contes.

Les différents genres littéraires

Voici une forme qui était réservée jusqu’à il y a peu au collège et au lycée. Mais depuis, de nombreuses pièces destinées aux plus jeunes ont été éditées. Je vous conseille notamment la collection Théâtre de L’école des Loisirs, qui propose des oeuvres magnifiques, avec une plume fine et des récits loin d’être plats. Je pense à La jeune fille, le Diable et le moulin (Olivier Py), Petit (Catherine Anne) ou encore Mange-moi (Nathalie Papin).

C’est d’ailleurs à travers ce dernier ouvrage que je vous propose de partir à la découverte du théâtre . L’enjeu va être d’apprendre à se repérer dans une page, comprendre les différentes typographie et leurs signification, ce que sont des didascalies, etc…

 Les différents genres littéraires

Et par ici, le rallye-liens organisé par BigBoom sur le théâtre. Vous y trouverez une quinzaine de liens vers des articles des cyber-collègues :

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

 C’est un genre littéraire dont la fonction est de participer à la fondation d’une personne à travers un écrit de fiction où les personnages principaux sont des animaux .L’univers dans lequel sa situe la fable est celui du merveilleux : le récit est totalement imaginaire mais on ne remet pas en question le déroulement des faits (les animaux sont personnifiés et le lecteur l’accepte comme situation normale).

Dans la fable, les animaux se voient attribuer des qualités ou des défauts humains et ces traits de caractères sont stables d’une fable à l’autre. Le lion représente le pouvoir, le loup la cruauté et la force stupide, le renard est malin et rusé, le chien est fidèle et bon, l’âne est stupide et le chat est égoïste et cruel…

Dans ce genre littéraire, il y a un second degré de compréhension à déceler. L’exemple le plus parlant est la critique sociétale, et même celle de la cour de Louis XIV que Jean de la Fontaine fait au travers de ses fables. Cependant, cette critique ne peut être reprochée à l’auteur, car les personnages sont des animaux et le contexte espace-temps est imprécis.

Enfin, la derière particularité de la fable est la présence d’une morale, en début ou en fin de texte.

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Jetez donc un oeil chez lOu jO (Des yeux dans le dos) pour découvrir la séquence qu’elle propose. C’est par ici :

Les différents genres littéraires

 Les différents genres littéraires

Le récit de voyage conte l’aventure, la découverte par un explorateur d’un lieu encore inconnu. Le récit de voyage a pour but de garder une trace , la mémoire de ce qu’il a vu, vécu grâce à des récits, des croquis voire des photos.

Voici l’exploitation que j’ai réalisée sur l’album Les derniers géants, de François Place. C’est le récit d’Archibald Léopold Ruthmore, un explorateur du XIXe siècle, qui achète à un vieux marin une dent sculptée de la taille d’un poing. Le récit du matelot qui la vendait n’était pas très crédible mais Léopold se laissa séduire. Il découvrit, parmi les sculptures de la dent, une carte qui le mena au pays de géants au terme d’un long périple. C’est le voyage, mais aussi cette rencontre qui nous sont contés.

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

La mythologie n’est pas un genre littéraire à proprement parlé, mais il me semblait intéressant de l’évoquer quand même. Selon les croyances de chacun, on peut le classer dans le merveilleux, et donc dans la fiction, ou bien comme récit historique romancé.

Il s’agit de l’étude de mythes. J’avoue ne pas connaître du tout cette branche là et je vous laisse les découvrir chez Orphée, d’aller voir Ailleurs  ou de faire un saut chez les Bouts de Gomme :

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

Les différents genres littéraires

La science-fiction est un genre dans lequel on va être en situation de contradiction avec notre monde et les lois qui le gouvernent. La difficulté de ce genre va être de décrire de manière réaliste un univers différent du nôtre. Ces récits ont souvent lieu dans le futur, mais peuvent être ancrés dans le présent ou le passé. Ils créent des univers qui sont rendus possibles grâce à des progrès de la science qui n’ont pas encore eu lieu dans notre réalité (ce qui les différencie d’un récit d’anticipation). Ainsi, on va y trouver des objets, des machines, mais aussi des êtres, des lieux ou des pratiques, des lois, des doctrines, des philosophies qui sont différents de ceux que l’on connait.

L’enjeu de la SF va être d’alerter sur les dérives possibles et les dangers des progrès scientifiques non maîtrisés ou utilisés à mauvais escient.

Les différents genres littéraires

Une exploitation soufflée par Gandalf, à retrouver dans Le petit coin de Romy. Merci tous les deux !

Les différents genres littéraires

Je vous renvoie encore une fois vers Projet Lecteur. Et encore une fois, je ne saurais trop vous conseiller de l’avoir entre les mains tant il est bien fichu !

Pour finir, voici quelques romans de science-fiction que j’aime beaucoup et que je peux vous conseiller :

     

8 pensées sur « Les différents genres littéraires ! »

  1. pilette
    dit :

    Super! Merci pour ce petit récap bien utile, et si bien fait!


  2. OlivierI
     
    dit :

    Comme d’hab, avec plaisir ! Et merci à toi pour ce p’tit mot


  3. gandalf
     
    dit :

    Salut! Merci pour cet article! Pour la science-fiction, Romy a fait quelque chose ici: http://www.lepetitcoindepartagederomy.fr/litterature-science-fiction-le-monde-d-en-haut-cm-a94183929  et un super dossier mythologie chez Bout de Gomme: http://boutdegomme.fr/litterature-la-mythologie-a5560739   Bon début de semaine  🙂


  4. OlivierI
     
    dit :

    Merci pour les bons plans, Gandalf !


  5. gandalf
     
    dit :

    🙂


  6. BigBoom
     
    dit :

    Article très complet et intéressant comme d’habitude, merci aussi d’évoquer  le rallye théâtre

  7. Juda
    dit :

    Salut Ol’! Connais-tu des exploitations sur le thème de la presse? Je trouve pas mal de liens intéressants, mais pas vraiment de quoi faire en littérature… Merci! 😉


  8. OlivierI
     
    dit :

    Hello Juda ! Je t’ai envoyé un texto ce matin, tu l’as reçu ?

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Le voyage d’Oregon

Le voyage d’Oregon

Le voyage d'Oregon

Aujourd’hui, je vous emmène à la (re)découverte de mon album fétiche, celui que j’avais déjà présenté lors mon épreuve de littérature de jeunesse au CRPE (quoi, déjà 10 ans ?!!!)

Le voyage d'Oregon

Si vous êtes des lecteurs assidus, ce ne sera pas un secret pour vous : Rascal est de loin mon auteur préféré ! Et c’est son univers que je vous fais visiter. Et une fois de plus, ce qui m’a séduit dans cet album, c’est le double niveau de compréhension  de l’histoire.

Le voyage d'Oregon

L’histoire, c’est celle de Duke, un clown qui partage l’affiche d’un cirque avec l’ours Oregon. Un soir, Oregon prend la parole : « Conduis-moi jusqu’à la grande forêt, Duke. » S’ensuit alors une traversée des Etats-Unis d’est en ouest sans un sou, d’abord en bus, puis en stop et dans un train de marchandises, pour finir à pied. Duke tient parole et leur voyage se finit dans les montagnes d’Oregon, au cœur de la forêt enneigée.

Le voyage d'Oregon

Mais si l’histoire se limitait à cela, elle aurait un intérêt, certes, assez limité. Car pour comprendre cette histoire, il faut s’apercevoir qu’il s’agit d’un texte proliférant.

Le voyage d'Oregon

Comme à son habitude, Rascal a placé une épigraphe en bord d’œuvre, comme un indice qui nous monterait la voie afin d’accéder à la compréhension de l’histoire. Ici, il s’agit d’un poème de Rimbaud. Rien qu’à leur lecture, ces vers sont une invitation à la rêverie, au voyage, à l’errance, une quête du bonheur simple que l’on souhaite retrouver. L’appel de la nature est puissant et les biens matériels deviennent dérisoires.

Epigraphe

Une lecture superficielle du Voyage d’Oregon ne permet pas de remarquer le départ de Duke du monde civilisé vers la nature, ni même de relever qu’il s’est débarassé de ses derniers biens : « Il me restait deux dollars oubliés au fond d’une musette. J’en ai fait des ricochets sur la Platte River ».
Dès cet épigraphe, Rascal nous met sur la voie d’un désir de retour vers la nature, l’envie de se débarrasser des biens matériels.

Le voyage d'Oregon

Est-ce suffisant pour avancer que le genre littéraire de cet album est un road-movie ? Pas tout à fait, un petit détail vient apporter une nuance : l’essence du genre semble résider dans l’errance, ce qui n’est pas le cas de Duke. Lui a un but, même s’il n’en a pas encore conscience.

 Le voyage d'Oregon

La première des références que Le voyage d’Oregon nous rappelle est celle de Jack Kerouac et de son roman autobiographique Sur la route, fondateur de la Beat Generation. Il s’agit d’un mouvement littéraire apparu dans les années 1950 qui « revendique un esprit de liberté en révolte contre l’hypocrisie morale de l’Amérique bien-pensante ». Kerouac a caractérisé ce mouvement comme une révolte contre-culturelle au sein d’une Amérique conformiste et bien pensante.
Sur la route est une ode aux grands espaces, à l’épopée vers l’ouest des personnages (comme le périple de Duke), à la découverte de rencontres et de mondes nouveaux afin de ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, quitte à rompre toutes leurs attaches.

En 2012 est sorti une adaptation du roman de Kerouac :

Il existe bien un parallèle entre la Beat Generation et Le voyage d’Oregon. Duke cherche bien à fuir un monde dans lequel il se sent profondément mal. Il va partir à la recherches de grands espaces, quitter le cirque qu’il a toujours connu afin de démarrer une nouvelle vie.
Pour boucler la boucle, on peut noter que Kerouac a été inspiré par Rimbaud, qu’il a beaucoup lu. Il a même écrit une biographie de ce poète.

Le voyage d'Oregon

Le voyage d'Oregon

Cette illustration évoque sans équivoque la peinture Champ de blé avec corbeaux de Van Gogh. Il s’agit de l’illustration de la couverture de l’album, mais elle a été inversée. En effet, sur la couverture, les personnages se dirigent vers la droite, comme pour nous inviter à entrer dans le livre, alors qu’ici ils marchent dans l’autre sens, pour montrer le voyage d’Est en Ouest qu’ils sont en train de réaliser.

On notera que Duke partage également la couleur de cheveux du peintre. Peut-être existe-t-il d’autres liens entre le peintre et cet album, mais je ne les ai pas décelés.

Le voyage d'Oregon

Le voyage d'Oregon

J’ai également pu lire (mais j’avoue être un peu sceptique) que cette illustration de l’album serait inspirée du tableau Gas, d’Edward Hopper. Cela aurait du sens, mais le cin d’oeil me semble peu visible. D’apès Wikipedia, dans les oeuvres de Hopper, « le spectateur est frappé par l’absence d’êtres humains dans ces paysages qui sont comme désertés, mais traversés par une route (Route dans le Maine, 1914) ou une voie ferrée (Passage à niveau, 1922-1923 ; Coucher de soleil sur voie ferrée, 1929). Ces lignes évoquent le voyage, le temps qui passe ou encore marquent une séparation entre civilisation et nature. »

A ce moment-là de l’histoire, Duke va réaliser sa dernière rencontre de l’album, avant de s’enfoncer dans la nature profonde.

Ces références permettent de percevoir le ton de l’album, l’ambiance dans laquelle nous nous plongeons, les aspirations inconscientes des personnages et le message de l’auteur.

 Le voyage d'Oregon

Le voyage d'Oregon Que savons-nous de Duke ? C’est un clown nain, et encore, son nanisme n’est pas si simple que cela à déceler en se basant uniquement sur le texte. Ce sont les illustrations qui nous apportent cette information.

Et encore faut-il mettre son physique et son métier en lien. C’est parce qu’il n’assume pas son physique hors-normes qu’il se grime. C’est d’ailleurs lui qui nous le dit, au détour d’une conversation avec Spike, l’une de ses rencontres.

« – Pourquoi gardes-tu ce nez rouge et ce masque blanc ? m’a demandé Spike. Tu n’es plus sur la piste d’un cirque.

-Ils me collent à la peau. Ce n’est pas facile d’être nain… »

Ces quelques lignes permettent de comprendre le noeud du malheur de Duke. Il ne s’accepte pas tel qu’il est et se cache derrière un métier et un masque.

Le voyage d'Oregon

 Sa petite taille avait déjà été annoncée un peu auparavant, lorsqu’il était dans sa roulotte. Comme but pour son voyage, il nous parlait de rencontrer Blanche-Neige, la seule femme de légende dont puisse rêver un nain. Le clin d’œil à ce conte est peut-être plus présent qu’on ne l’imagine.

Le voyage d'Oregon

On y reviendra après, mais il n’est pas interdit de penser que Duke mélange les pronoms personnels en nous racontant son récit. « SA place » pourrait alors être « MA place parmi les MIENS, au fond d’une belle forêt d’épicéas ». Peut-être rêve-t-il donc, « comme dans les livres pour enfants », de trouver sa place dans une histoire ?

Aussi, au début de l’histoire, Duke nous fait plus penser à un enfant qu’à un adulte. Il se blottit derrière les rideaux pour perdre son trac, il utilise l’ours comme oreiller, il nous parle d’ours en peluche et de livre pour enfants.

Son voyage est également réalisé sans argent, par des moyens de traverse, comme le ferait un enfant.

Voici l’illustration qui montre le moment où Oregon demande à Duke de le ramener dans sa forêt :

 Le voyage d'Oregon

Le point de vue de cette image n’est pas anodin : Louis Joos, l’illustrateur, nous place à l’intérieur de la cage d’Oregon. Nous voyons donc Duke derrière les barreaux. Qui est donc prisonnier ? Cette demande, si encore elle a bien eu lieu, est l’excuse dont avait besoin le clown pour briser les barreaux de son inconscience et prendre sa vie en main.

Mais donc, pourquoi ce voyage ? On résume :

1° Duke raccompagne Oregon dans ses montagnes. Il est bien sympa, mais ça a beau être une histoire, ce n’est pas un conte de fées non plus ! Faudrait être vraiment « Simplet » pour se lancer dans un tel périple pour cette raison.

2° Trouver Blanche-Neige. Sur ce point, il a réussi. La dernière illustration nous montre Duke qui s’en va en marchant dans les « blanches neiges ».

3° Une quête inconsciente en vue d’une acceptation de soi. Le voyage est double : géographique d’une part, et spirituel de l’autre.

Le voyage d'Oregon

Penchons-nous sur la fin du récit.

« Oregon en Oregon ! J’ai tenu ma promesse… »

Le voyage d'Oregon

Après avoir achevé son périple, Duke abandonne Oregon dans ses montagnes et s’en va.

« Dans le matin blanc, je partirai le coeur léger et la tête libre ».

On aperçoit au passage qu’il a déposé, viré, qu’il s’est débarrassé de son nez rouge, celui qui lui collait à la peau. Cette illustration est pleine de douceur, de calme, de sérénité. Elle n’est pas non plus sans nous rappeler le cowboy solitaire qui poursuit son errance (mais non, ce n’est quand même pas un road-movie !).

Le voyage d'Oregon

Au passage, on remarque de Duke a repris une marche dirigée vers la droite, et non plus la gauche comme pendant une majorité de l’album. Il avance de nouveau, dans le sens de la lecture, vers l’avenir ! D’ailleurs, dans l’extrait que je cite, Duke utilise le futur alors que tout le reste de l’album est au passé. Il y a donc une nouvelle dynamique en marche, il est au début d’un nouveau commencement. Aussi, tout ce blanc est signe de renouveau, de renaissance pour ce personnage. Si on connait un peu Rascal, on sait que la symbolique des saisons est très forte dans plusieurs de ses oeuvres (comme Moun, Pied d’Or ou La route du vent). L’hiver y symbolise souvent la fin, la mort. C’est le cas pour l’ancien clown, celui qui ne s’acceptait pas. Ce temps là est révolu. La fin de cet album peut donc être lu comme l’achèvement de Duke (le clown) et l’avènement de Duke (l’homme).

Le voyage d'Oregon

L’ambiguïté de cette oeuvre est de savoir si Oregon est un vrai personnage de cette histoire. C’est une remarque que je me suis faite et je pense qu’elle est bien fondée. Je suis persuadé qu’Oregon est en fait une allégorie de la conscience de Duke. Je m’explique :

Tout d’abord, le genre littéraire. :cet album se situe dans un univers tout à fait vraisemblable. Ce n’est pas un conte de fée, pas plus que du Fantastique. Mis à part la prise de parole (unique !) de l’ours, rien d’invraisemblable ne se produit.

Oregon demande à Duke de le mener dans sa forêt, ce que le clown exécute. Mais au cours de leur voyage, ils traversent les champs et dorment à la belle étoile, certes, mais font aussi de nombreuses rencontres, dorment dans un motel, prennent le bus, font du stop, montent dans un train de marchandises en marche et ce sans que cela ne questionne ni ne fasse réagir qui que ce soit que le personnage soit accompagné d’un ours. Ça ne choque personne ? 😛

Le voyage d'Oregon

Il est donc tout à fait permis d’envisager que Duke ait imaginé Oregon comme un prétexte à sa prise de conscience, le déclic dont il avait besoin pour se lancer dans se voyage.

Le voyage d'Oregon

On l’a abordé, Duke a décidé de fuir l’univers du cirque dans lequel il était enfermé. Enfermé dans un rôle, dans un costume, derrière un masque dont il n’arrive pas à se détacher. Il veut quitter cet univers de l’artifice et son voyage est un retour progressif vers la nature. Il quitte également la mégalopole au sein de laquelle l’Homme est omniprésent (et pas dans le meilleur sens du terme). On sent l’air irrespirable qui se dégage de cette illustration ! Le cadre est oppressant.

Le voyage d'Oregon

Le voyage d'Oregon L’illustration ci-dessous illustre parfaitement le monde auquel Duke a décidé de renoncer : celui de la sous-culture de masse. Les trusts de la consommation de masse son présents : le Coca, le hamburger et les westerns.

On peut pousser la réflexion en imaginant le cow-boy comme le symbole de la toute puissance de l’Homme sur la nature, qui nous rappelle que la conquête de l’Ouest a été faite en soumettant par la force la  nature et les peuples hostiles.

Le voyage d'Oregon Au fur et à mesure de l’histoire, les personnages fuient la modernité.  On voit d’ailleurs la nature reprendre ses droits dans l’univers de nos personnages, à l’image de cette Chevrolet envahie par l’herbe.

On peut noter au passage que l’itinéraire d’Est en Ouest marque aussi le sens inverse du sens de lecture. Peut-on y voir un retour en arrière, un retour aux sources ?

Aussi, au fur et à mesure du voyage des personnages, les contacts humains se raréfient progressivement, les compagnons de routes sont de moins en moins nombreux : du bus à l’auto-stop, de l’auto-stop au train de marchandises, pour finir solitaire et à pied.

Le voyage d'Oregon

Pour finir, on pourra aborder une réflexion sur les couleurs présentes dans les illustrations, et noter une opposition entre le noir/rouge et le blanc/jaune. Le noir, comme le rouge, sont chargés de malheur et illustrent la détresse et les causes de la fuite. Ils sont chargés d’aspects négatifs, tandis que le jaune réconfortant, chaleureux et le blanc pur sont là pour évoquer le bien-être retrouvé petit à petit.

Le voyage d'Oregon

D’ailleurs, le masque de clown que porte Duke tout au long de cette aventure illustre cette dualité : le nez rouge sur fond blanc. Pendant toute l’histoire, Duke va fuir le noir et le rouge : le chapiteau, Pittsburgh et son ciel de suie, les usines, la Chevrolet (vestige de l’industrie et symbole de la consommation) pour aller vers le jaune : les blés, les arbres gorgés de miel, le ciel au dessus des Rocheuses. Et à la fin de l’histoire, Duke renaît en se détachant de son nez, la dernière marque de rouge qui était indélébile jusque là.

Si cet album vous intrigue, vous séduit, si je vous ai donné envie de vous y plonger, voici une exploitation :

Le voyage d'Oregon

Et si vous voulez faire découvrir à vos élèves l’univers de Rascal et ses textes réticents et proliférants, je vous invite à lire cet article.

16 pensées sur « Le voyage d’Oregon ! »


  1. Djoum
    dit :

    J’adore cet album 😉 Je n’avais jamais imaginé que’Oregon n’existait pas… Mais ça parait tellement logique… Je file le relire 😉


  2. OlivierI
    dit :

     Faudrait poser la question à Rascal !


  3. MultiK
    dit :

    C’est sans doute mon album préféré, et en lire l’analyse me fait presque pleurer!! Merci !! Je l’ai étudié avec mes CM il y a 3 ans, je vais bientôt pouvoir recommencer … Chouette !!!


  4. crevette06
    dit :

    J’adore tes analyses d’albums… Un grand merci et recommence quand tu veux… :p


  5. BigBoom
    dit :

    L »analyse que tu fais de cet album est très intéressante et riche. Nous avions monté cet album en pièce de théâtre il y a quelques années, te lire me rappelle de bons souvenirs…
    Merci pour ce partage!


  6. OlivierI
    dit :

    Merci Crevette et BigBoom ! Bonnes vacances à tous !

  7. mimides garrigues
    dit :

    Je suis maîtresse de Cp mais très emballée par ton interprétation de l’histoire qui me semble tout-à-fait  bien sentie et juste.  Il est évident que cet album   constitue réellement une oeuvre littéraire avec tous les  possibles qu’une oeuvre véritable est capable de proposer au lecteur. En tout cas merci de la lecture que tu en donnes, ce fut très agréable de te lire.


  8. OlivierI
    dit :

    Mais de rien Et pour moi, ça a été un plaisir de lire ton message également !


  9. Xi’an
    dit :

    Merci pour cet article que j’ai lu sans idée préconçue de faire travailler mes élèves sur cet album.
    Ta description de l’histoire m’a conquise, m’a permis de m’évader quelques instants dans les pas de Duke, un vrai moment d’évasion et de recherche intérieure su sa propre identité.
    Merci !


  10. Azraelle
    dit :

    Je suis impressionnée par ton analyse! Je trouvais déjà cet album tellement riche et je me rends compte qu’il l’est encore plus que ce que je pensais.
    Moi je  propose aussi une comparaison de « Sensations » de Rimbaud avec « Demain dès l’aube » de Victor Hugo. (piste donnée à l’IUFM) Comme je l’ai écrit quelque part sur mon blog, on peut même élargir en proposant une écoute de la composition d’Anne Sila qui est une pure réussite.
    Ton analyse me parait tout à fait pertinente, même si après plusieurs années de lecture de cet album en classe, je ne m’étais jamais imaginé qu’Oregon puisse ne pas exister…
    C’est tout à fait intéressant et à réfléchir!
    Azraelle


  11. OlivierI
    dit :

    Merci les filles !


  12. Craie hâtive
    dit :

    Wahou ! Quelle analyse complète ! Bravo pour ce beau travail 🙂


  13. OlivierI
    dit :

  14. MALILUNO
    dit :

    j’arrive de chez crevette qui t’a choisi comme coup d’coeur! tres chouette article!!


  15. Ermeline
    dit :

    Magnifique travail! J’adore ta manière de travailler les livres « au corps »!


  16. OlivierI
    dit :

    Merci les filles !

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Mes deux « serial paper-cutters » préférés sont de retour ! Quelques mois après la sortie de leur premier album, Le loup de Six-Cailloux (n’hésitez pas à aller lire l’article consacré), le duo nous propose un second livre, au moins aussi beau que le précédent !

L’originalité de leurs créations, c’est avant tout l’univers graphique dans lequel ils nous plongent ! Un univers sombre, fin, détaillé, subtil qui nous rappelle les jeux d’ombres chinoises. Ce graphisme est obtenu grâce à une technique peu connue, le « paper-cut ». Encore une fois, je vous renvoie à l’article précédent dans lequel les auteurs nous présente ce travail !

Et comme je suis un privilégié, j’ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Eric (graphiste de profession) et Solène (prof des écoles ) !!!

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Solène, tu veux bien nous présenter Eric ? Et Eric, tu nous parles de Solène ? 

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Eric est quelqu’un de très talentueux, qui se passionne pour de nombreux domaines, c’est ce qui rend sa technique si originale.La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Merci Solène. Je dois avouer que la détermination de Solène m’a toujours fascinée. Et en tant que collaborateur, sa grande connaissance de la littérature jeunesse couplée à sa faculté d’écrire de si belles histoires en si peu de temps sont des atouts indéniables

Vos voulez bien nous dévoiler le synopsis de « La Légende de la vallée » ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

C’est l’histoire d’une famille qui arrive dans une vallée déserte. Il y a deux sœurs dans cette famille qui vont vouloir aller explorer une forêt inquiétante qui se trouve à proximité. A partir de là, elles vont suivre des chemins très différents…L’aînée va tout faire pour sortir de cette forêt qui bien sûr est maléfique et la cadette voudra y rester…La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Solène l’a parfaitement résumé. Je rajouterais que même si cet album se veut un peu plus « noir », et moins consensuel que le précédent, il reste tout de même adapté aux jeunes lecteurs qui ont apprécié notre 1er ouvrage.

Au delà du graphisme, il y a forcément un lien entre ces deux livres. Vous nous expliquez ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Les histoires sont liées, l’une explique l’autre…Mais les deux albums peuvent être lus indépendamment l’un de l’autre ; c’était important pour nous.La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Oui, oui, il y a un lien entre les deux histoires. Ce que l’on peut vous dire, c’est que cela se passe au même endroit, mais pas à la même époque.

Y a-t-il une légende, des inspirations à la source de la vôtre, de Légende ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

C’est une bonne question…Pas en particulier je pense mais nous connaissons tellement de contes, avons tellement d’influences que c’est évident que cela se retrouve dans nos albums…Les cailloux peuvent faire penser au Petit Poucet, la forêt de ronces à La Belle au Bois Dormant (je venais de voir le film Maléfique quand j’ai écrit l’album) mais après nous n’avons pas pensé à une autre légende pour écrire celle-ci.La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Etant l’illustrateur, je vais chercher mon inspiration dans le graphisme de mes illustres aînés plus que dans leurs écrits.

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Comment est née cette seconde histoire ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Déjà grâce à notre éditrice qui en voulait une deuxième, et ensuite parce que mon père nous disait depuis le début qu’il fallait qu’on explique pourquoi la vallée du premier album s’appelait »Six-Cailloux » et il avait raison car quand nous intervenons dans des classes les enfants nous le demande tout le temps !

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

C’est vrai que les enfants ont joué un grand rôle dans la création de ce nouvel opus. En effet nous nous sommes dit qu’il fallait répondre à la question récurrente « pourquoi la vallée s’appelle Six-cailloux ? », c’est ce que nous avons tenté de faire ici.

Solène, tu as des auteurs favoris en littérature de jeunesse ? Des auteurs qui t’inspirent, t’influencent ? »

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Je suis plutôt fan d’illustrateurs comme Lacombe, Canepa (la BD « End » est magnifique), Mazzanti… J’adore « Les carnets de Cerise », les dessins sont magnifiques et les histoires émouvantes. Dernièrement j’ai découvert l’auteur Ransom Riggs à travers son livre « Miss Pérégrine et les enfants particuliers » que je recommande absolument, le concept est génial, l’histoire prenante et angoissante, bref c’est mon dernier coup de cœur… Mais j’aime tellement d’auteurs et illustrateurs que c’est impossible de choisir.

 

Eric, l’univers de la littérature de jeunesse t’était déjà familier avant de te lancer dans l’aventure ou est-ce nouveau pour toi ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Sans être réellement nouveau pour moi, j’avoue que c’est un univers qui ne m’était pas vraiment familier. Mais Solène est toujours prête à me faire découvrir ses dernières pépites. Et venant du milieu du graphisme pur, j’ai d’autres sources d’inspiration et j’espère que cela nous permet de nous démarquer un peu.

Vous avez participé à des rencontres dans des écoles, vous pouvez nous en parler ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

C’était super ! Les enfants posent plein de questions très pertinentes, on amène nos maquettes, il y a beaucoup d’échanges. En général, les enfants ont déjà travaillé les albums précédemment et nous écrivent avant la rencontre, c’est génial de recevoir au courrier une lettre d’enfants, de l’ouvrir, de découvrir leurs questions…Parfois les enfants font eux-mêmes un travail de découpage pour illustrer une histoire ou un thème et c’est impressionnant de voir ce qu’ils arrivent à faire ! A chaque rencontre, nous avons de nouvelles surprises, personnellement j’adore ça.

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

J’ai plus ressenti ces rencontres comme l’aboutissement de notre travail en amont. Rencontrer nos lecteurs est génial et très enrichissant ! Quand les élèves nous posent des questions auxquelles nous même nous n’avions pas pensé, c’est parfois déconcertant, mais je pense que cela nous aide à être encore plus proches de leurs attentes dans l’avenir.

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Vous avez sûrement d’autres projets en cours. On peut en savoir un peu plus ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

On est en plein dans le troisième album, toujours avec la même technique, toujours avec un lien avec les deux précédents. Celui-ci nous donne du fil à retordre car il y aura énormément d’animaux et l’essentiel de l’histoire se passera dans une forêt, ce qui n’est pas notre grande spécialité. Mais justement c’est un défi que nous comptons bien relever !

 J’ai su que votre livre plaisait aux 4 coins du monde. C’est génial ! D’où avez-vous eu des échos ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Je ne sais pas s’il plaît mais nous avons vu qu’il était en vente au Japon et au Canada, c’est énorme ! Il ya une librairie à Montréal qui fait toujours des critiques supers sur nos livres, on est très flattés ! Jamais on aurait cru qu’on truc pareil pourrait nous arriver ! Les échos viennent de nos proches qui fouillent partout sur le net et traquent les infos qui nous concernent, ils sont trop marrants !La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Ça c’est la cerise sur le gâteau ! Cela veut dire que les thèmes abordés sont universels, et que nos écrits peuvent toucher des gens aux 4 coins de la planète.

Un dernier mot ?

La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

 En tous cas merci Olivier pour ton soutien depuis le début, ; c’est grâce à des gens comme toi qu’un nouvel album a pu voir le jour !La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

Encore merci pour tout Olivier, en plus de l’aide que tu nous apportes, tu fais un travail énorme pour les enseignants et les jeunes lecteurs, et pour ça je te félicite !

 

 Mais c’est moi qui vous remercie, Solène et Eric ! Encore merci de votre disponibilité et d’avoir pris ce temps pour nous ! On vous souhaite bonne route et on espère avoir des nouvelles de la suite de vos projets !!!

Vous pouvez suivre leurs aventure sur leur page La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront

0 pensées sur « La légende de la Vallée, de Solène Gaynecoetche et Eric Désiront ! »

Enregistrer

Le luthier de Venise

Le luthier de Venise

Voici  un album qui m’a été présenté pour la première fois en animation pédagogique. Je connaissais Claude Clément pour Le musicien de l’ombre, Frédéric Clément pour son Magasin zinzin et j’adorais déjà ces deux ouvrages. La rencontre entre ces deux artistes a donné naissance à un livre absolument magnifique, avec des textes d’une grande finesse  et des illustrations d’une grande qualité.

Le luthier de Venise

Venise, vers le XVIe ou XVIIe siècle. Dans la jardin du meilleur luthier, un arbre avait poussé. « Ses branches se balançaient dans la brise surgit du fond de la lagune. Des kyrielles d’hirondelles, de moineaux et de tourterelles venaient se poser sur elles. Il s’élevait alors du jardin un musique plus ensorcelante que celle qui enchantait les bals et les théâtre de Venise ». Un jour, cet arbre mourut. En souvenir de son arbre, le luthier décida d’utiliser son bois pour en faire le plus parfait des violoncelles. Cela pris des années.

Le luthier de Venise

Un jour de carnaval, un musicien très célèbre franchit le seuil de sa boutique, entouré de belles femmes et de nombreux « amis ».

Lorsque cet artiste voulut caresser l’instrument, le luthier le prévint  qu' »il n’en sortirait de la musique que sous les doigts les plus agiles mus par un coeur talentueux ».

Le musicien fut vexé, mais lorsqu’il caressa l’instrument, il n’en sortit que des gémissements.

« Le musicien persévéra, mais tous ses amis se lassèrent. Les belles dames s’en allèrent. »

Le luthier de Venise

Le luthier de Venise

 Seul face à son instrument, le musicien insista, retirant sa perruque et son masque, il laissa de côté tout l’artifice dont il s’était paré et commença une lutte avec l’instrument. Toute la nuit, il l’affronta, comme une épreuve initiatique. Il oublia sa fatigue, sa solitude, sa douleur et sa renommée.  Ce retour aux valeurs essentielles était nécessaire.

Le lendemain, lorsque le luthier se leva, il trouva le musicien installé dans le jardin, à l’endroit même où se tenait l’arbre des années auparavant. Et celui-ci jouait de l’instrument naturellement, sans aucun effort. Et au bout du manche avaient poussé des branches sur lesquelles des kyrielles d’hirondelles, de moineaux et de tourterelles venaient se poser.

Le luthier de Venise

Le luthier de Venise

J’ai porté un effort tout particulier sur cette séquence en terme d’étude littéraire de l’oeuvre, tant sur la découverte du récit que sur la forme de travail demandée aux élèves (entrée par les illustrations, découverte des personnages et de leur évolution, problématiser sa lecture, vérifier sa position de lecteur par la production d’un résumé, compréhension des inférences sur le déroulement de l’histoire, …).

La séquence se compose de 5 séances, avec comme objectifs :

– la découverte de Claude Clément et de son univers onirique
– comprendre la portée symbolique de l’histoire à travers le retour au naturel du personnage (passage de l’artifice du déguisement et de ses relations sociales à l’authenticité par le courage, l’abnégation dont il fait preuve et qui lui permettent de dompter le violoncelle)
– Percevoir la renaissance irréelle de l’arbre
– Découverte de Venise et de son patrimoine : son saint patron, son carnaval, quelques éléments architecturaux.

Le luthier de Venise

Cet album permet également d’aborder les textes résistants notamment grâce au jeu de masque de l’artiste.

Cette exploitation, de nouveau clé en main, est constituée :

– du dossier comprenant le plan de la séquence, le tapuscrit, les fiches de prep’ et les documents élèves ;

– le conte mis en voix, à découvrir en fermant les yeux ;

– les fichiers Powerpoint pour les séances 1, 3 et 5.

Le luthier de Venise

Le luthier de Venise – Séquence

Le conte mis en voix

Le fichier pour la séance 1

Le fichier pour la séance 3

Le fichier pour la séance 5

Et pour le plaisir, à défaut d’organiser un voyage dans la lagune, on peut toujours visiter ce lien avec la classe : Treck Street View à Venise

10 pensées sur « Le luthier de Venise ! »


  1. Anyssa
     

    dit :

    Bonjour,
    Je découvre ton site suite au lien que tu as laissé sur la récap des brigades de lOu jO. J’ai parcouru quelques pages, ouvert quelques docs… et je te fais part de mon admiration devant la qualité de ton travail. Je suis moi-même brigade, après plus de 10 ans en cycle 3, et je reviendrai fouiller chez toi pour glaner des ressources à proposer durant mes remplacements.


  2. OlivierI
     

    dit :

    Merci beaucoup pour ce gentil mot Anyssa ! J’essaye de proposer des documents beaux à voir, et intéressants à exploiter 😉 Je suis content que tu trouves des choses qui te plaisent !

  3. lillisblue
    dit :

    merci pour cette découverte, un livre qui change . . . merci pour les partages


  4. OlivierI
     

    dit :

    Merci beaucoup Lilliesblue ! Cet album est un vrai trésor, il valait vraiment le coup d’être montré !

  5. calia
    dit :

    Très beaux documents et complets. Merci beaucoup. Je les exploiterai en février.

  6. Nannemiel
    dit :

    Merci pour cette nouvelle production de qualité. C’est un album de ma bibliothèque de classe que trop peu d’élèves empruntent.

  7. Floriline
    dit :

    J’ai ce livre dans ma bibliothèque depuis 16 ans et je comptais le ressortir car je  vais travaille r en mars sur le livre  Arlequin et les oreilles de Venise de Hubert Ben Kemoun (sélection des Incos)
    Merci pour ton travail, je vais pouvoir mettre les 2 bouquins en réseau.


  8. OlivierI
     

    dit :

    Merci toutes les 3 ! Ça ne m’étonne qu’à moitié que cet album soit peu emprunté, c’est un récit qui est assez hermétique, et n’est pas entièrement compréhensible si la lecture et la découverte ne sont pas guidées. Mais encore une fois, qu’il est riche !

  9. Helba
    dit :

    Bonjour,
    Je découvre ton site aujourd’hui et c’est une vraie mine d’or!
    Bravo et merci beaucoup pour ton partage, c’est la grande classe!!!

    Héloïse


  10. OlivierI
     

    dit :

    Merci beaucoup Héloïse ! Ravi que ça te plaise!

Enregistrer

Ami-ami, de Rascal, ou pourquoi j’aime la littérature de jeunesse !

Ami-ami, de Rascal, ou pourquoi j’aime la littérature de jeunesse !

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un autre livre que j’adore ! Il s’agit de :

Ami-ami, ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !La première fois que je suis tombé sur cet album, je l’ai lu sans vraiment faire attention, un peu trop vite. Bref, une lecture de 1e niveau. L’histoire d’un lapin et d’un loup qui rêvent chacun de leur côté d’avoir un ami. Et lorsqu’ils se rencontrent, le lapin rejette le loup car il est trop différent, tandis que le loup accepte le lapin tel qu’il est, sans vouloir le changer. Quitte à forcer un peu le choix du lapin…

Après cette première lecture, je me suis dit « Mouais… Un album qui traite de la différence, de l’acceptation de l’autre, de la liberté de décision ». MAIS, j’étais complètement à côté de la plaque ! Je n’avais pas cherché à voir ni comprendre ce qui se cachait derrière les mots et les illustrations. Et pourtant, je connaissais Rascal et je ne dirai jamais assez à quel point je suis FAN de son travail ! Je savais qu’il y a souvent chez lui des histoires entre les lignes ! Et les découvrir, soulever les mots pour voir se qui se cache en dessous, c’est ça que j’aime dans la littérature de jeunesse ! Alors que son exploitation se limite trop souvent à un support de lecture-compréhension… Quel gâchis !

Je vais tenter de vous montrer pourquoi j’aime autant Rascal, et tout ce qu’on rate si l’on ne fait pas attention, si l’on n’est pas attentif. J’essayerai aussi vous montrer un exemple de ce qu’il est possible de faire en terme de littérature en classe. Bien sûr, ces découvertes sont transposables en classe, je vous proposerai l’exploitation à la fin de l’article.

Cet album fonctionne sur l’hésitation permanente que l’auteur et l’illustrateur laisse planer sur le dénouement de l’histoire : les deux personnages vont-ils devenir amis, bon gré mal gré, ou bien le lapin va-t-il finir dans l’estomac du loup ?

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Sur la couverture, on voit les deux personnages avec des messages contradictoires : ils se tiennent la main, geste amical, mais le lapin ne parait pas serein ni heureux. On ne peut pas lire l’expression du loup qui reste très vague. On peut croire à un retour de chasse, mais la présence du bouquet de fleurs est troublante : c’est un symbole d’amitié, de courtoisie. Et ce titre, en grosses lettres jaunes : AMI-AMI. Pourquoi répéter 2 fois ce mots ? Pourquoi pas AMIS au pluriel ? Ce détail a son importance, tout comme la présence du tiret. Ca sert à quoi un tiret d’ailleurs ? A séparer ou à relier 2 mots ? Bref, dès le début, on est dans l’hésitation.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

 L’épigraphe, c’est une des particularités de Rascal. Il place une épigraphe au début de ses albums, en « bord d’oeuvre ». Elle est là pour éclairer le titre ou le texte et pour mettre en garde, alerter le lecteur sur les éléments clés du texte. Voici celle de ce livre :

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

On peut là aussi relever le double sens du mot « aimer ». Les amis que j’ai aimé (le goût, je les ai mangés) ou d’amitié ? Le doute subsiste.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

L’auteur et l’illustrateur commencent l’histoire en nous décrivant les deux personnages, que tout oppose. L’un habite en bas de la vallée dans une maison toute ronde, l’autre en haut dans une maison carrée, l’un est grand, carnivore et vit dans l’ombre, l’autre est petit, tout de lumière et végétarien. Mais tous les deux ont le même souhait : avoir un ami ! A une différence près : le lapin veut un ami comme lui, tandis que le loup accepterait un ami malgré leurs différences.

La présentation des personnages fait donc apparaître le loup comme sombre tandis que le lapin parait égoïste. On peut envisager que l’auteur joue sur la mauvaise réputation du loup pour tromper le lecteur et que ce soit lui le « gentil » de l’histoire.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Même le cadrage est opposé, l’un en plongé, l’autre en contre-plongé, pour des effets renforcé (le lapin parait fragile, tandis que  le loup est encore plus impressionnant)

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Et ce qui devait arriver arriva : un jour, le lapin et le loup se rencontrent !

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Au passage, vous notez le clin d’oeil au Petit Chaperon Rouge fait dans cette illustration ? On lui avait défendu d’aller dans la forêt à cause du loup et il s’est éloigné du chemin pour ramasser des fleurs. Et là, rebelote ! Le lapin franchit les barbelés et tombe sur le Canis Lupus. Il ne connait pas ses classiques, celui-ci !

Le lapin tend son bouquet au loup qui, flatté de ce geste, se laisse aller à un élan de gentillesse et déclare « Tu es mon ami ». Mais le lapin refuse cette amitié, trop éloignée de son idéal (et sans doute un peu trop dangereuse à son goût). Mais malgré les protestations du lapin, le loup l’emmène chez lui, et ferme la porte à double tour.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Voici l’illustration finale :

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Libre à vous de comprendre et d’imaginer la fin. Trois possibilités s’offrent à nous. La première : le lapin et le loup deviennent les meilleurs amis du monde ; la seconde : le lapin rejette cette amitié et rentre chez lui (désabusé, le loup sombre dans une dépendance addictive 😛 ) ; la dernière : le loup dévore le lapin !!!

Examinons les éléments que nous avons en main. La scène finale montre le loup embrassant le lapin. C’est ambigu : goûte-t-il le repas ou est-ce vraiment une démonstration d’affection ? Regardez sur la gauche de l’image. La table est dressée, mais pour combien ? Impossible de le savoir, l’image est coupée ! L’auteur et l’illustrateur maintiennent cette ambiguïté, la fin reste ouverte.

Cependant, des indices permettent de pencher pour la dernière solution. Sur cette image, on voit que les fleurs sont éparpillées au sol, comme si le symbole de cette « amitié » n’existait plus. Les couleurs de l’image sont très sombres, signe d’une fin (faim ?) assez sinistre. Est-ce la lumière au bout du tunnel qui apparait ?

Aussi, la dernière réplique du loup est tout sauf un hasard : « Je t’aime comme TU ES ». Comme tu es, comme tu es… Aaaahhhhhhh ! Comme TUER !!! Un peu tiré par les cheveux, cet argument ? Connaissant Rascal, je suis sûr que ce n’est pas le fruit du hasard. Vous n’êtes pas convaincu ? Voici la 4e de couverture :

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

C’est comme une fenêtre sur ce qu’il se passe dans l’histoire une fois qu’on a fermé le livre, les personnages poursuivent l’histoire sans nous. Pôv’ lapin… En même temps, il était pas très sympathique, hein !

Cette oeuvre trouve aussi sa place parmi les autres ouvrages de Rascal. Et celles-ci s’éclairent les unes les autres. Observez les trois illustrations suivantes, on retrouve le même motif sur les serviettes.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Les autres images sont extraites de Petit Lapin Rouge et Poussin Noir, deux autres histoires dans lesquelles les fins sont ouvertes mais une lecture fine ou le rapport texte-image permettent de déceler un sombre présage pour le personnage.

Et pour finir, revenons au titre du livre. On s’était interrogé tout à l’heure sur ce titre. Pourquoi la répétition du mot AMI ? Et pourquoi un tiret entre les deux mots. Rappelez-vous, un tiret sert à ATTACHER les mots, à les relier. Alors, on le relie ?

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Bon appétit !

Si j’ai réussi à vous convaincre du potentiel qu’offre la littérature de jeunesse, et que cet album vous a plu, voici l’exploitation à réaliser en classe.

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Il s’agit d’une séquence de 5 séances, toutes prêtes, docs élèves inclus, qui reprennent les explications données dans cet article. J’ai déjà mené les séances en CE2, CM1 et CM2, c’est à portée de tous et ça plait à chaque fois !

Et si vous voulez faire découvrir à vos élèves l’univers de Rascal et ses textes réticents et proliférants, je vous invite à lire cet article.

Une exploitation en CP chez Delfynus :

Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j'aime la littérature de jeunesse !

Et si vous avez réussi à me suivre jusque-là, félicitation et merci de votre attention !

24 pensées sur « Ami-ami, de Rascal. Ou pourquoi j’aime la littérature de jeunesse ! ! »


  1. delfynus
    dit :

    Moi, je le fais très souvent en CP/CE1… et tu as peut etre oublié un élément, que je fais travailler à mes élèves en fin de lecture, quand on a tout lu et qu’on cherche quelle peut etre la fin :
    AMI AMI = MIIAAM !


  2. OlivierI
    dit :

    Je l’ai mis Delfynus, mais j’ai laissé les lecteurs trouver la solution
    Je vais mettre un lien vers ton exploitation.


  3. delfynus
    dit :

    Erreur ! En lisant tes documents en profondeur tu as une nouvelle façon de le voir, mais ça fonctionne aussi !!!!!
    Nous, on en profite pour jouer sur les anagrammes !
    J’ai mis un lien vers chez toi dans mon article sur cet album !
    http://delfynus.eklablog.com/ami-ami-de-rascal-a46113081


  4. OlivierI
    dit :

    Merci ! Je viens de créer le lien également.Mais j’ai bien signalé le MIAM qui se cache dans le titre :
    « Et pour finir, revenons au titre du livre. On s’était interrogé tout à l’heure sur ce titre. Pourquoi la répétition du mot AMI ? Et pourquoi un tiret entre les deux mots. Rappelez-vous, un tiret sert à ATTACHER les mots, à les relier. Alors, on le relie ?

    Bon appétit ! »


  5. OlivierI
    dit :

    C’est bon, je viens de comprendre, c’est vrai que je ne suis pas sur un anagramme !


  6. delfynus
    dit :

    Désolée, j’ai retiré le suspense ! Enlève mon commentaire si tu veux 🙂


  7. OlivierI
    dit :

    Oh non, pas de soucis, je pense que les lecteurs auront trouvé avant d’arriver aux commentaires.


  8. ptitejulie
    dit :

    Génial!


  9. OlivierI
    dit :

    Merci Julie ! Je me doutais que l’article te plairait !


  10. Valentinou
    dit :

    Je vais lire cet album à mes petits CP alors cet article tombe vraiment pile poil ! Merci pour cette analyse très intéressante


  11. OlivierI
    dit :

    De rien Valentinou ! Le timming est parfait donc 😉

  12. Pelsa
    dit :

    Oh la la  génial merci … Je découvre chez toi . Je vais en lire un peu plus


  13. OlivierI
    dit :

    Merci Pelsa ! A bientôt donc !


  14. segpalienor
    dit :

    J’adore cet album, mais j’ai jamais osé l’utiliser en segpa, si encore j’avais les 6èmes, j’oserai mais mes 4/3èmes risquent de mal prendre qu’on bosse sur un album… rien que pour le principe…


  15. OlivierI
    dit :

    Je te comprends… Peut être en démarrant avec d’autres albums de Rascal, pour lesquels on n’a pas besoin des images ? Lorsque l’auteur sera connu, ça pourrait peut être passer (quoique) ?

  16. Mayleb
    dit :

    Superbe! Le bouquin comme son exploitation.


  17. OlivierI
    dit :

    Merci Mayleb !


  18. crevette06
    dit :

    Euh… que dire…
    Waouh!!!
    Je découvre ton article grâce au coup de coeur du mois de Valentinou et j’adore ta lecture de ce livre… N’hésite pas à nous en faire partager d’autres c’est un vrai plaisir !


  19. MALILUNO
    dit :

    J’arrive de chez Valentinou!! je decouvre ton travail sur ami ami que je connais!! mais que je n’ai jamais approfondi!! alors merci pour ton article et ton travail!!


  20. Ermeline
    dit :

    J’adore toujours autant ce magnifique travail qui m’a fait découvrir ton blog!


  21. ptitejulie
    dit :

    Résonance!
    https://enseignerlitteraturejeunesse.wordpress.com/2015/09/27/ami-ami-une-lecture-interactive-pour-toi/
    Bon dimanche


  22. OlivierI
    dit :

    Merci pour le lien Julie ! Même de l’autre côté de l’Atlantique, l’album plait !Bon dimanche chez toi aussi !

  23. Manue107
    dit :

    Merci pour cette exploitation, c’est un de mes albums préférés, j’ai eu le droit à la lecture par Catherine Tauveron elle-même, un vrai bonheur!

    OlivierI

    Mercredi 14 Octobre 2015 à 16:23

    Quelle chance tu as eue ! Merci pour ton passage !

  24. OlivierI

    dit :

    Quelle chance tu as eue ! Merci pour ton passage !

Enregistrer

Enregistrer

L’allégorie

L’allégorie

Suite à un travail mené en poésie, j’ai abordé les allégories. Pour ancrer la notion, voici un diaporama qui permet de découvrir des formes d’allégories à travers la littérature, la peinture, la sculpture et le cinéma.

L'allégorie

Voici la trace écrite, sous forme de leçon à manipuler (d’après l’idée de Mélimélune)

L'allégorie      L'allégorie

Pour une exploitation des vanités en arts plastiques, allez faire un tout chez BigBoom :

L'allégorie

7 pensées sur « L’allégorie ! »


  1. BigBoom
     

    dit :

    Très sympa ton diaporama!   Je reviendrai pour lire la trace écrite
    Merci pour le lien, je vais en mettre un également vers ton diapo


  2. OlivierI
     

    dit :

    Merci BigBoom ! La trace écrite est prête, je la mets en ligne rapidement.


  3. Lala78
     

    dit :

    Je n’arrive pas à ouvrir ton diaporama ??? (j’ai un message « page introuvable »)
    Chouette ta leçon à manipuler….encore un sujet que je ne maîtrise pas et que je vais pouvoir explorer…


  4. OlivierI
     

    dit :

    Merci Lala !! J’ai pensé à Mélimélune et toi en décidant de la mettre sous forme de leçon à manipuler. Effectivement, le lien n’était pas bon, j’ai déplacé le fichier après l’avoir mis en ligne
    Etudier  les allégories en soit, ce serai hors programmes (les figures de styles n’ont pas à être travaillées), j’ai créé ces docs pour compléter ma séquence de poésie.


  5. Mélimélune
     

    dit :

    C’est très chouette, bravo !

  6. stephanouille
    dit :

    J’hallucine… Trop génial. Merci beaucoup pour ce partage.  C’est passionnant et j’en connais que cela devrait passionner !.


  7. OlivierI
     

    dit :

    Avec plaisir ! Et merci à toi pour ton message !

Enregistrer

Le narrateur

Le narrateur

Voici une proposition de démarche autour de la notion de narrateur, loin d’être évidente pour les élèves. Cela mène d’ailleurs parfois à des problèmes de compréhension ou d’interprétation.

Par ICI, vous trouverez toutes les explications théoriques sur la notion.

Autour de la notion de narrateur, on va pouvoir travailler :

Le narrateur

– la définition de la notion. Voici les documents que j’utilise. Les premiers textes sont tirés de Littérature au Quotidien, aux éditions SCEREN, dans laquelle l’élève apprend à reconnaître les indices permettant de savoir si le narrateur est interne ou externe à l’histoire (présence du JE dans les parties narratives). Par contre, je ne retrouve plus les fiches de prep sur mon disque dur.

Pour la première séance, je distribue ces extraits et demande de cherche :

1° Qui raconte l’histoire

2° Relever les indices qui permettent de le prouver

Lors de la mise en commun, on fait ressortir le fait que dans 3 textes sur 4 (tous sauf Aboie Georges), la personne qui raconte l’histoire est l’un des personnages. On s’en rend compte par la présence de la première personne dans la narration (je, moi, m’, nous, mon, …), c’est à dire en dehors des dialogues. On copie également une trace écrite reprenant les termes de NARRATEUR, NARRATEUR INTERNE et NARRATEUR EXTERNE et la manière de les reconnaître.

Le narrateur

Lors de la 2e séance, je propose de transformer l’extrait d’Aboie Georges afin que le narrateur soit Georges ou sa mère. Si on en sent le besoin, on peut aussi proposer ces nouveaux extraits avec la même consigne que lors de la séance précédente :

Le narrateur

Télécharger « Evaluation sur le narrateur.pdf »

L’autobiographie, réelle ou imaginaire, ou quand l’auteur et le narrateur ne font qu’un. Un grand classique du genre est Léon, de Léon Walter Tillage, qui nous raconte son enfance et retrace son quotidien au temps de la ségrégation, du Ku Klux Klan, puis son combat pacifique du temps de Martin Luther King.

– Le journal intime, à exploiter avec Mon je-me-parle, de Sandrine Pernushe(à découvrir chez Lala aime sa classe ICI) , Le journal d’Anne Frank, Le chat de Tigali, de Didier Deaninckx ou Je t’écris, je écris de G. Caban (à découvrir chez Mélimélune ICI)

– Le relai de narration : lorsqu’une histoire est racontée par des protagonistes différents au fur et à mesure de la narration. On peut prendre l’exemple de L’enfant Océan, de Jean-Claude Mourlevat dont voici un exemple d’exploitation (1 seul livre pour l’ensemble de la classe est suffisant):

 Le narrateurséance 1

séance 2

séance 3

séance 4

séance 5

séance 6

séance 7

 – Différents points de vue sur un même évènement, ce qui permet d’aborder la notion de subjectivité également, comme dans Verte, de Marie Desplechin, (un exemple de séquence sur le site Attire Lire ICI) ou Une histoire à 4 voix, d’Anthony Browne dont vous trouverez une exploitation sur l’incontournable site de Mélimélune ICI

– La non fiabilité du narrateur : dans certains livres, l’auteur pose délibérément un problème de compréhension en faisant tenir au narrateur des propos erronés par rapport à la véracité de l’histoire. Il faudra alors démêler le vrai du faux pour comprendre l’histoire. C’est le cas dans Moi, Fifi dont on a déjà parlé, mais aussi Journal d’un chat assassin, d’Anne Fine, dont voici une exploitation permettant justement de travailler sur cette non fiabilité. Dans cette histoire, le chat n’a en fait tué AUCUN animal, pas même l’oiseau ni la souris ! J’ai construit ma séquence en utilisant une analyse et une proposition de travail d’Olivier Graff (IEN dans le Nord) que vous pouvez trouver ICI. N’hésitez pas à lire les premières pages du dossier si ce n’est pas ce que vous aviez compris (c’était mon cas !)

 Le narrateurTélécharger « séance 1.pdf »

Télécharger « séance 2.pdf »

Télécharger « séance 3.pdf »

Télécharger « séance 4.pdf »

 Télécharger « séance 5.pdf »

Télécharger « séance 6.pdf »

Télécharger « séance 7.pdf »

               

9 pensées sur « Le narrateur ! »


  1. Lala78
    dit :

    Très intéressant, je vais aussi travailler sur les manipulations de l’auteur notamment dans les nouvelles à chute. « Le chat assassin » fait parti de mes livres en réseau au début de l’année, ça fera aussi un  lien avec la suite, merciiiii


  2. Lala78
    dit :

    Encore MOI ! merci pour le lien.. j’ai mis ton blog en lien chez moi (il était temps hein ! )


  3. OlivierI
    dit :

    Merci Lala ! Ne te sens pas obligée 😉 Mais apparaître dans quelques liens depuis une semaine, ça a fait s’envoler mon compteur de visites (sauf aujourd’hui) !


  4. Lala78
    dit :

    Ah ben non, je ne me sens nullement obligée ! je retrouve ton chemin plus vite


  5. OlivierI
    dit :

     encore quelques semaines d’ancienneté au blog et je pourrai prétendre à rejoindre la CPB !


  6. Lala78
    dit :

    ah?  à quand la date officielle  ? il te faut choisir un parrain ou une marraine et préparer une p’tite lettre


  7. OlivierI
    dit :

    Ça doit être pour la fin du mois, je l’ai ouvert pendant les vacances de Pâques, je vais aller vérifier.


  8. Craie hâtive
    dit :

    Très intéressant ton travail sur le narrateur. Je vais m’en inspirer ! Merci pour ce partage


  9. OlivierI
    dit :

    Avec plaisir !

Entrer en poésie

Entrer en poésie

Entrer en poésie

Image :  http://dangerecole.blogspot.fr/

« J’ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux. La poésie
Elle prétendait qu’avec les mots on pouvait traverser les cieux.
J’lui ai dit : « je t’ai d’jà croisée et franchement tu vaux pas le coup.
On m’a parlé de toi à l’école et t’avais l’air vraiment relou. »
Mais la poésie a insisté et m’a rattrapé sous d’autres formes,
J’ai compris qu’elle était cool et qu’on pouvait braver ses normes.
Je lui ai demandé : «  Tu penses qu’on peut vivre ensemble ? Je crois qu’j’suis accroc. »
Elle m’a dit : «  T’inquiète, le monde appartient à ceux qui rêvent trop »

                                                      Grand Corps Malade, Rencontres

J’ouvre ce nouvel article avec quelques vers de slam, dont le message risque d’être compris et partagé par beaucoup. La poésie et l’école, c’est pas souvent le grand amour… Pour ne pas être sévère, disons que c’est un chemin trop souvent méconnu. Pas tant que ça après tout, disons qu’on a pris l’habitude de passer sur l’autoroute sans prendre le temps d’apprécier le paysage.

Pour beaucoup, la poésie, c’est la petite ligne dans le cahier de texte « A apprendre pour… » et la récitation qui va avec. Bref, c’est aussi palpitant qu’une leçon de géographie (pardon pour les géographes). Ou encore, c’est un atelier de production « Ecrire à la manière de… » proposé deux fois par an.

A travers cet article et ces quelques ressources, je vais essayer de compiler et synthétiser ce que j’ai parfois trouvé, parfois créé, souvent mis en place. La poésie est un langage à part entière qu’il est possible de partager avec les élèves à condition de leur donner les « clés de compréhension » nécessaires.

Tout d’abord, je vous propose ici 2 ressources, l’une institutionnelle (j’ai lu ce dossier il y a quelques années, et ne me rappelle pas y avoir trouvé quoi que ce soit qui ait attiré mon attention), tandis que l’autre est une vraie mine d’informations !

La poésie

La poésie

C’est à partir de ce second dossier que j’ai élaboré ma séquence, ainsi que d’idées et d’ateliers trouvés dans « Former des enfants lecteurs et producteurs de poèmes » de chez Hachette, dans « 20 ateliers de slam poésie » de chez Retz. J’ai aussi vu quelques bonnes choses dans « Ateliers d’expression » de chez Accès Éditions.

Voici le sommaire du second dossier, dont je vous recommande vraiment la lecture à tête reposée (il fait 23 pages). Il vous donnera une idée du sens dans lequel j’ai voulu travailler.

La poésie des autres : imprégnation poétique
Variété des contenus dans les choix de poèmes.
Critères du poétique.
Création d’une « atmosphère poétique ».
Diction et exercices de libération orale.

La poésie qu’on vit : création poétique
Approche sensorielle du quotidien.
Approche émotionnelle du vécu personnel.
Approche par le fonctionnement de la langue poétique.
Approche par les « correspondances » baudelairiennes.
Jeux poétiques.

Illustrations pratiques (Annexes)

Entrer en poésie

Compétences et objectifs, plan de séquence, idées d’activités à mettre en place, la première séance

(pour ceux qui veulent mettre en place un tri de textes, c’est ICI)

La séance 2: Produire un texte riche en allitérations

La séance 3 : Le calligramme (mots, objets, anthologie)

Les images pour la séance 3 ICI, ICIICI et .

 La séance 4 : Le côté poétique d’un objet quelconque, ou comment rendre l’ordinaire extraordinaire

Entrer en poésie

Séance 5 : Donner vie à un objet du quotidien ou à un lieu

 Entrer en poésie

Séance 6 : Produire un texte par association d’éléments chers à l’auteur

Entrer en poésie

 Séance 7 : atelier à Tremplin Affectif et Imaginaire

Lire la partie consacrée plus bas dans l’article.

Séance 8 : la métaphore – Ecrire à la manière de Gilles Brulet – Le bout du monde

Voir la fiche de prep’ type ICI.

Entrer en poésie

Séance 9 : l’allégorie

Entrer en poésie

 Pour aider à mieux comprendre la notion d’allégorie, vous pouvez allez voir une découverte d’autres formes à travers les arts. C’est par ICI.

Rencontres, de Grand Corps Malade – le texte utilisé pour la séance, texte qui peut être mis en réseau avec L’école de la Vie, du même auteur.

Séance 10 : 5 ateliers d’écriture sur des jeux de langue (Détourner des dictons, Détourner des expressions, Employer des mots polysémiques à « contre-sens » de leurs
contextes, Utiliser des rimes riches, Substituer un mot par un autre de sonorité très proche)

Entrer en poésie

 Séance 11 : Produire un texte dans lequel on retrouve à de nombreuses reprises la syllabe [ver]

Entrer en poésie

Séance 12 : Atelier à tremplin affectif et imaginaire (TAI)

Lire la partie consacrée plus bas dans l’article

  Entrer en poésie

 Ou Chantiers-Poèmes. Cet exercice est très répandu dans les classes. Définissons tout d’abord le but de cette activité. Il ne s’agit pas de parodier un texte existant, en cherchant, à part « une fourmi de 18 mètres avec un chapeau sur la tête », ce qui pourrait ne pas exister.

Les chantiers-poèmes ont un double objectif :

– produire un poème à partir d’un texte de référence, donc ;

– mener à percevoir les particularités de ce poème, et donc de mettre le doigt sur ces particularités qui vont permettre de définir le poème en tant que type de texte.

Pourquoi ? Plus les élèves vont manipuler de poèmes, en les analysant, en en relevant ce qui leur est propre, meilleurs lecteurs de poèmes ils deviendront. Ces compétences et connaissances accumulées lors des chantiers-poèmes seront également réinvesties dans les ateliers à Tremplin Affectif et Imaginaire (T.A.I.) ou dans un production personnelle.

Pour cette rubrique-là, je vais avoir besoin de vous, chers lecteurs / blogueurs / collègues. Cet exercice est très répandu dans les classes, et je vous propose d’y faire figurer votre travail, afin de constituer un réservoir d’activités. Pour les plus sympas d’entre vous, j’apprécierai une mise en page identique à la mienne. Pour cela, cliquez ICI afin d’ouvrir un document modifiable. Ne changez pas les polices d’écriture, même si elles ne s’affichent pas correctement sur vos écrans, je les aurai dans les bonnes polices en récupérant vos fichiers. Vous pouvez m’envoyer votre contribution à ziletcompagnie@gmail.com . Essayez de choisir des poèmes denses, qui semblent porteurs d’émotions fortes et créateurs d’images.

Voici des pistes d’analyse qui vont vous permettre de définir les particularités de votre poème, puis de définir vos contraints d’écriture : ICI.

La prep type pour ces chantiers :

Entrer en poésie

Vous trouverez 9 excellentes idées de chantiers-poèmes dans Former des élèves lecteurs et producteurs de poèmes.  Ne pouvant pas les mettre en ligne, je me propose de vous les envoyer en échange d’une contribution, au moins le temps de créer un vivier d’activités suffisant.

Poème de référence Contribution de :
Monstres,  Eugène Guillevic Zil et compagnie
Le bout du monde, Gilles Brulet Zil et compagnie
Ils m’ont dit, Pierre Boujut Zil et compagnie
Ton poème, Jean-Pierre Siméon Zil et compagnie
   

Un exemple de déroulement pour la suite de ce chantier d’écriture :

Séance 2 : Evaluation du premier jet en 3 temps. On ressort la grille d’écriture, ou le poème sur lequel on a porté les annotations servant à l’écriture et :

  • autoévaluation par l’élève : quelques jours après ce premier jet, avec un peu de recul, je me relis et je note si j’ai bien respecté toutes les contraintes et si j’ai des points à améliorer.
  • On forme des groupes de lecture : par 4, les élèves vont avoir entre leurs mains les fiches de 4 autres élèves. Ensemble, ils les lisent et répondent à 2 questions : Qu’est ce que vous avez trouvé de bien dans ce poème ? Quels sont les points à améliorer ?
  • Chaque production est lue par 2 groupes différents, qui ne se communiquent pas leurs remarques (pour ne pas inspirer le 2e groupe de lecteurs). Puis l’élève prend connaissance des remarques qui ont été formulées, et peut les comparer à son auto-critique.

Séance 3 : Réécriture ou 2e jet. A l’aide des remarques établies lors de la séance précédente, reprendre son texte en faisant les transformations nécessaires à son amélioration, et en conservant les points positifs qui ont été relevés. Il s’agit d’un travail d’approfondissement.

L’enseignant annote ce 2e jet, en y ajoutant d’ultimes remarques et en procédant à une correction orthographique selon les habitudes de chacun (grille de relecture orthographique ? Codage à l’aide du code de correction de dictée ?) et du temps que l’on veut accorder à cette étape.

Séance 4 : Création du « chef d’œuvre ».  Il s’agit là de recopier son poème en procédant aux ultimes rectifications, en soignant la silhouette et la mise en espace du poème. Le support sur lequel va figurer le poème ne doit pas nécessairement être une feuille blanche A4 à carreaux. On peut essayer de rendre cet acte de création moins « scolaire » pour y voir une finalité plus artistique.

Valoriser les productions : ne pas oublier que l’on écrit pour être lu, et non pas pour être évalué. La dimension de communication doit être réfléchie (participation à un concours, création d’une anthologie, communication des productions sur le blog de classe, lecture à des plus jeunes, à des aînés,… si vous avez d’autres idées, n’hésitez pas à me les glisser que je complète cette liste).

Et l’évaluation ? Je vais botter en touche. Tout dépend de la finalité que vous donnez à cette évaluation. On peut reprendre la grille d’écriture, y ajouter une partie orthographique et voir si tous ces points ont bien été respectés, mais cela reste très scolaire. On peut aussi chercher à voir la créativité dont à fait preuve l’élève et le réinvestissement des situations déjà rencontrées.

Et dans les cahiers, je mets quoi ?  C’est vrai qu’il y a également une attente institutionnelle. En trace de ce chantier, on peut garder :

  1. le poème original, vierge de toute annotation, qui sera là pour le plaisir de la lecture
  2. le poème annoté, stabiloté, griffonné
  3. le premier jet
  4. les différentes évaluations faites du poème
  5. le 2e jet annoté par l’enseignant
  6. le « chef d’œuvre »

On aura ainsi la trace de l’évolution de cet écrit au fur et à mesure du projet.

Je vous propose ici un dossier qui était sur mon PC, dans lequel on retrouve un premier répertoire d’activités :

La poésie

Des éditeurs proposent également des fichiers tout faits, mais je ne suis pas fan, les contenus ne sont pas toujours pertinents (à mon goût, cela n’engage que moi). Je pense notamment à Voyages en poésie de chez Sedrap.

Cela dit, toutes ces fiches, adaptées, pourraient très bien trouver leur place dans le coin Poésie de la classe, à faire en autonomie. Mais l’analyse du poème avant l’écriture ne pourra pas être très fine et les élèves seront plus dans un exercice de style.

Entrer en poésie

 Ces ateliers à tremplin affectif et imaginaire (ou T.A.I.) sont des situations de production libre de poèmes, à partir d’un inducteur, qui peut être de nature très variée (souvenir commun, image, mot, phrase, début de poème, musique, …).

La mise en place de l’un de ces T.A.I. doit se faire lorsque la classe a déjà une certaine pratique, une certain expérience de la poésie. On veillera donc avant à avoir lu suffisamment et à avoir pratiqué des chantiers-poèmes (Écrire à la manière de…) dont des caractéristiques des poèmes rencontrés, des tournures, des formulations, des effets pourront se retrouver réinvestis. Savoir évoquer des images provoquées par la lecture d’un poème sera un atout dans ces ateliers (voir Une lecture quotidienne, dans la partie Imprégnation poétique).

Chaque T.A.I. suit le même déroulement

  1. On propose le déclencheur à la classe
  2. Chacun cherche des mots, des bribes de phrases, des images, des sensations, des associations d’idées à y rattacher.
  3. Mise en commun des trouvailles.
  4. Définir les contraintes d’écriture puis productions individuelles.
  5. Lecture des productions par les volontaires.

Entrer en poésie

En récitation, je partage avec vous ma grille d’évaluation (non notée). Chaque élève n’a besoin que d’une seule fiche pour l’année, à coller au fond du cahier de poésie ou bien dans celui d’évaluations.

 Entrer en poésie

Une fiche du lexique particulier à la poésie, à compléter lorsque l’on rencontre l’un de ces mots :

Entrer en poésie

Un lien qui vous sera utile (à vous, je vous déconseille, de la communiquer aux élèves) : ce site permet de vous lister des mots qui rime avec celui que vous entrez dans son moteur de recherche. Pratique pour décoincer certains cas, mais à utiliser avec parcimonie. La poésie doit rester une hésitation entre le sens et le son. Si on privilégie les sonorités, on va vite se retrouver avec des textes qui ont des rimes mais qui ne veulent rien dire.

La poésie

Entrer en poésie

Lire et créer des poèmes, c’est aussi aller essayer de ressentir, de faire passer une émotion. Mais vous l’aurez déjà remarquer, qu’on le veuille ou non, l’école a souvent tendance à demander aux élèves de taire ces émotions, d’être toujours disponibles pour les apprentissages et concernés par la tâche. Afin de mettre en mot ces notions, qui sont complètement abstraites et que certains élèves n’ont jamais réussi à identifier, je vous propose de suivre ces liens, qui vont vous donner des d’activités.

Chez Sage : des fiches de vocabulaires sur les sentiments, les émotions, les sensations

Entrer en poésie

 Chez Delfynus : des activités afin de nommer les émotions, les reconnaître (cycle 2)

Entrer en poésie

Dans le coffre de Crapi :des idées pour apprendre à lire les visages (cycle 1)

Entrer en poésie

Des cartes-émotions (diversifier les supports permet une meilleure identification)

Entrer en poésie

 Je suis conscient que ces activités ne permettront pas d’aider à faire passer une émotion, ou d’exprimer ce que l’on ressent lorsque l’une d’elle est présente, mais l’apport de vocabulaire est un bon début pour commencer à les identifier.

Entrer en poésie

Chez BigBoom : une dizaine de pistes d’écriture avec contraintes, issues de l’OuLipo

Entrer en poésie

Chez Ombeleen : une séquence sur la création d’un calligramme sur l’univers du Petit Prince

Entrer en poésie

 Des situations d’écriture chez Maîtresse Myriam :

Entrer en poésie

Des exemples de fonctionnement pour la récitation chez Miss Bubble, Crayon de Soleil, Eowin et Cenicienta :

Entrer en poésie      Entrer en poésie

Entrer en poésie     Entrer en poésie

 Chez Mitsouko, des exemples d’illustrations, des poèmes par thèmes,

une grille d’évaluation et ses bâtonnets « A qui le tour ? »

Entrer en poésie

 Des anthologies de poèmes, classés par thèmes :

Entrer en poésie

Entrer en poésie

Un recueil de poésies sur le fantastique :

Chez Onaya :

Entrer en poésieet

Chez Abcdefgh, des créations poétiques chantées :

Entrer en poésie

Le rallye-liens de Cenicienta organisé pour le Printemps des poètes :

Entrer en poésie

Entrer en poésie

Entrer en poésie

Entrer en poésie

En littérature de jeunesse, je vous conseille Le magasin zinzin, de Frédéric Clément. Ce livre, que je vous présente ICI, est particulièrement adapté pour l’approche sensorielle du quotidien (je dois prendre le temps de vous proposer l’exploitation de l’album que j’ai faite).

La poésie

La mise en voix des poèmes est une manière de se les approprier. Elle est largement développée dans Former des enfants Lecteurs et producteurs de poèmes. Pour aider à la mise en place d’atelier de mise en voix (qui peuvent être fait pendant des ateliers de lecture), voici un ouvrage bien utile ! Sur la double page, à gauche un poème tapuscrit à distribuer aux élèves et à droite ce même poème avec une proposition de mise en voix grâce à des symboles (les respirations du poème) ainsi que des conseils sur la diction.

Entrer en poésie

Et, une fois n’est pas coutume, je vous propose un document pour cycle 2, à faire parvenir à vos collègues de CP et CE1 afin que la culture de la poésie se développe dans l’école et que vos élèves aient de bonnes bases lorsque vous démarrerez : Fichier. IL s’agit d’un dossier issu d’une animation péda que j’avais sur mon PC, mais pas moyen de savoir sur le site de quelle circo je l’avais eue. Une partie théorique, des idées d’activités à mener, des pratiques à mettre en place, des ateliers d’écriture et des idées de jeux poétiques.

J’ai également eu entre les mains le livre Aborder la poésie autrement, de Christian Poslaniec. J’ai parcouru l’ouvrage destiné au cycle 2, et je le recommande vraiment ! 63 poèmes choisis par l’auteur en fonction de leurs spécificités, une présentation du poète et du contexte d’écriture, une piste de présentation en classe et d’exploitation pédagogique, une mise en réseau avec d’autres poèmes et une proposition de dispositif de production à partir de tout cela. Et en plus, le livre est accompagné d’un CD reprenant les poèmes du livre mis en voix par des comédiens. Une bonne base pour votre coin Poésie, non ?

Entrer en poésie

Ce livre existe également pour le cycle 3. Si j’arrive à le lire, je vous en dirai plus !

Entrer en poésie

     Celui sur lequel je me suis beaucoup appuyé pour rédiger cet article. C’est pour moi un indispensable !

Entrer en poésie

D’excellentes idées d’ateliers d’écriture. Ces situations, différentes de celles proposées dans des chantiers-poèmes, ne se cristallisent pas sur les contraintes formelles d’écriture, mais proposent des thèmes autours desquels produire (par exemple, reformuler un conte en vers et en rimes, parodier des personnages, imaginer un voyage, …). Il est, à mon sens, important d’alterner ces deux types d’exercices.

Entrer en poésie

Je referme cet article comme je l’avais ouvert, avec quelques vers de mon slameur préféré. Il serait bien sûr plus qu’ambitieux d’espérer que les élèves atteignent, même au bout de plusieurs années cet amour du verbe, alors c’est juste pour le plaisir !

« Moi, j’ai traversé toute la pièce pour atteindre mon petit bureau
Equipé de ma main droite, une feuille et un stylo
Je me prends pour un poète, p’t-être un vrai, p’t-être un naze
Je suis parmi tant d’autres un simple chercheur de phases
Je retourne toutes les phrases en secouant mon esprit
Je traque la moindre rime et j’en rêve même la nuit
Je soulève chaque syllabe pour voir ce qu’il y a en dessous
Il m’arrive même de chercher jusqu’à  m’en rendre saoul

J’ausculte tous les mots pour dénicher la bonne terminaison
Je sais prendre mon temps, la patience guide ma raison
Même quand je sors de chez moi, je profite de la moindre occaz
Pour pécho de l’inspiration, j’suis un chercheur de phases
Ca m’a pris petit à  petit en voyant les autres écrire
J’me suis dit poser mes textes, ça pourrait me faire plaisir
Et puis trouver le bon mot et le mettre à  la bonne place
C’est peut-être ça le plus kiffant, la bonne rime efficace
Quand je trouve une bonne phase, pour moi plus rien n’existe
Je ne vois plus, n’entend plus, je suis comme un autiste
Alors j’en veux plus, je veux qu’on se souvienne de mon blaze
Je suis parmi tant d’autres, un simple chercheur de phases »

Grand Corps Malade, Chercheur de phases

53 pensées sur « Entrer en poésie ! »


  1. domrod
    dit :

    Merci d’avoir pensé aux petits , c’est vrai que la poésie est toujours la « dernière roue de la charrette », alors avec tes docs, c’est plus simple de s’y plonger, je ne promets rien mais je vais essayer… Merci pour la compil de dossiers et son partage…


  2. Lala78
    dit :

    Et bien, elle est encore riche ta séquence…Merci


  3. OlivierI
    dit :

    Il reste surtout beaucoup de travail ! C’est une séquence que j’avais faite il y a 3 ans, mais c’était des notes prises à la main. Il faut tout taper à présent.

  4. Mayleb
    dit :

    Ton travail impressionnant me rappelle que j’ai négligé la poésie cette année par lassitude de la récitation. Du coup cela va me booster. Merci.


  5. sagebooker
    dit :

    Très jolie séquence, hop dans ma malette ^^. Possible qu’on m’envoie en cycle 3 pour deux semaines dès lundi, ça pourrait fort bien me servir très vite…


  6. sagebooker
    dit :

    Oups ben non, en fait je n’arrive pas à télécharger tes docs…  grrrr d’ordi, je vais revoir les configs et repasser.


  7. OlivierI
    dit :

    Merci  toutes les deux !
    Sage, c’est ton pc qui merdouille ou les liens vers mes docs ne sont pas bons ?


  8. sagebooker
    dit :

    C’est forcément mon pc, ne t’en fais pas : il n’ouvre plus aucun pdf, pas seulement sur ton  blog ^^ et même après redémarrage. Je file fouiner dans les tréfonds de son âme.


  9. sagebooker
    dit :

    C’est bon ou presque… je pense que mon charmant conjoint a dû désactiver l’antivirus sur mon netbook qui est synchronisé avec mon pc , bref… un bon nettoyage et hop. Merci pour la séquence donc !!


  10. BigBoom
    dit :

    Un grand bravo et merci pour cet article très riche et intéressant!


  11. sagebooker
    dit :

    encore moi (décidément), j’ai un p’tit truc sur les sentiments, les sensations, les émotions si ça peut t’intéresser, c’est là.


  12. OlivierI
    dit :

    Merci Bigboom et  Sage ! Bravo à vous si vous m’avez suivi jusqu’au bout de l’article (c’est un roman, là) ! D’ailleurs, j’ai hésité sur la mise en forme : est-ce suffisamment lisible ou vaut-il mieux que je divise l’article sur différentes pages avec une sorte de menu ?
    Sage, ta fiche me plait beaucoup, je l’ajoute aux liens de Delphine et Pepourlavie dès que je rallume le pc, merci !


  13. sagebooker
    dit :

    ton article me plait comme ça, c’est riche mais synthétique dans le sens où tu brasses (pas de l’air, hein) tout autour de ton sujet. Si tu scindes, tu perds un peu l’esprit, et ce qui t’a amené à construire une telle séquence, et pas sûre que je serais allée  picorer dans chaque lien… mais c’est ton blog,  à toi de voir (et attends d’autres avis,hein).


  14. OlivierI
    dit :

    C’est dans cet esprit que je l’avais éçrit ainsi, mais en voyant la longueur, j’ai peur de perdre du monde avant la fin


  15. BigBoom
    dit :

    Je partage l’avis de Sagebooker mais  après c’est à toi de voir …


  16. OlivierI
    dit :

    Je vais laissé comme ça donc ! Sage, j’ai aouté ton lien


  17. sagebooker
    dit :

    Merci, c’est bien gentil à toi


  18. MariNantes
    dit :

    Que de pistes, c’est super intéressant ! Effectivement nous avons travaillé sur les différents supports littéraires avec mes élèves et quand je leur ai demandé ce que c’était, ils m’ont répondu « ce qu’on apprend à l’école »… arghhhh mais  non !


  19. OlivierI
    dit :

    C’est aussi parce que c’est comme ça qu’elle est utilisée. Dans les programmes des années 50, l’objectif de l’enseignement de la récitation était de donner aux élèves un modèle de langage oral soutenu et correct. Et depuis, c’est à peine si sa place en classe a évolué.

  20. djenny.99
    dit :

    wouah ! quel boulot !! bravo et merci pour ton partage! J’ai beaucoup de mal à travailler la poésie autre qu’en récitation ! Je vais pouvoir m’en inspirer


  21. OlivierI
    dit :

    Merci Djenny ! Ravi que ça plaise !


  22. ombeleen
    dit :

    Super! J’adooooooooooooooooooooore! Quel travail, j’en reste sans voix!
    Cela me donne des idées en plus pour travailler le fond du calligramme  sur le thème du Petit Prince que mes élèves s’apprêtent à faire.. MERCI à toi pour ce partage, si riche!


  23. OlivierI
    dit :

    Merci à toi pour ce message si sympa ! C’est justement en allant regarder ton doc sur les calligrammes que je suis passê sur ton blog tout à l’heure !


  24. ombeleen
    dit :

    Ta séquence est vraiment bien ficelée, je t’ai donc mis en lien ICI


  25. OlivierI
    dit :

    Merci Ombeleen!!!


  26. flodio
    dit :

    Bel article ! Le magasin Zinzin est un ouvrage magnifique !J’utilise également   « former des enfants producteurs de poèmes » , c’est là que j’ai découvert l’univers de Guillevic !


  27. onaya
    dit :

    Je n’ai qu’un mot à dire : Waouh et puis un autre : Bravo !
    Superbe séquence !!!!!!!!!!!  Un vrai bonheur.
    Et merci aussi pour le ptit lien


  28. ombeleen
    dit :

    Merci pour ton lien! A bientôt pour te lire!


  29. Eowin
    dit :

    Quel travail ! Impressionnant ! J’avoue je n’ai pas encore lu en détail. Mais ça m’a l’air super intéressant.Je reviendrai lire en détail plus tard.
    En tout cas, merci pour les liens vers tous les cybercollègues (dont moi )


  30. BigBoom
    dit :

    Merci de ton passage par chez moi et du lien
    Je  pourrais moi aussi  mettre un lien vers  ton article ?


  31. OlivierI
    dit :

    Merci à vous de vous être signalées les filles, c’est avec plaisir !
    BigBoom, pas besoin de demander pour ça !


  32. BigBoom
    dit :

    Ok, c’est fait!


  33. OlivierI
    dit :

    Merci Bigboom !


  34. EstelleDocs
    dit :

    Quel travail, quelle séquence ! Et tu dors quand ?!
    Un grand bravo, OlivierI !!


  35. Mademoizaile
    dit :

    Je découvre ton blog et je tombe sur cet article qui est une mine d’or!!


  36. OlivierI
    dit :

    Rho merci Mademoizaile !


  37. Mitsouk☮
    dit :

    Bravo pour ce très bel article, très documenté et fourni. On ne reste pas sur sa fin !
    Je suis également adepte de la poésie à l’école, car la dimension expressive et artistique est un espace privilégié … j’articule ça avec le temps d’illustration. Bravo pour ton blog, très agréable à l’oeil et à lire !


  38. OlivierI
    dit :

    Oh ben merci beaucoup Mitsouko !!
    Si tu as des ressources en poésie, n’hésite pas à me les signaler que je t’ajoute  dans l’article. Tu mets en place des choses particulières pour l’illustration de la poésie? J’en ai ras la casquette du dessin libre et la production guidée empiète trop sur le temps d’arts visuels… Je suis pas mal sur ton blog en ce moment car je remplace en CP


  39. Mitsouk☮
    dit :

    En passionnée d’art et d’expression artistique, j’essaie humblement d’éveiller les élèves (des petits de 5-6-7 ans) à la beauté d’un texte, d’une illustration, d’une restitution captivante … ce n’est pas toujours facile, mais après bien des années, j’affirme que cela en vaut la peine, et apporte beaucoup aux élèves.
    Je t’invite chez moi, j’ai amorcé une banque de poèmes sur tous les thèmes, glanés au fil de toutes mes années en CP, ou écrits par mes soins. Je propose aussi des idées d’illustration, guidées, semi-guidées ou en autonomie, pour faire pratiquer un peu les techniques artistiques et la mise en valeur d’un texte, ou l’accès à son sens … c’est mon espace de plaisir, partagé ICI you’re welcome !


  40. OlivierI
    dit :

    Je fais un petit tour par chez toi très vite pour voir ton fonctionnement et ce que vous réalisez dans ta classe et j’ajoute le lien dès que j’allume mon pc, merci !


  41. delfynus
    dit :

    Tu es mon coup de coeur du mois !!!!!


  42. Ermeline
    dit :

    Quel travail magnifique


  43. OlivierI
    dit :

    Merci Ermeline ! Et MERCI Delfy !!!


  44. marama14
    dit :

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour ce partage. Juste une petite remarque : le lien pour la séance 7 ne fonctionne pas.
    Encore bravo et merci.


  45. OlivierI
    dit :

    Merci Marama ! Pour la séance 7, ce n’est pas que le lien ne fonctionne pas, c’est juste un visuel. Je t’invite à aller lire la rubrique  sur les TAI un peu plus bas dans l’article, j’y explique le fonctionnement.


  46. ekofopi
    dit :

  47. Crayons de Soleil
    dit :

    Waou, Olivier !! Quel article dis donc !!! ll est rempli de tout plein de bonnes choses !!


  48. OlivierI
    dit :

    Merci Crayon  de soleil !


  49. Djoum
    dit :

    Superbe article qui une fois de plus ravie la littéraire que je suis 😉 Et quel bonheur de « tomber » en plus sur des lignes de Grand Corps Malade 😉


  50. OlivierI
    dit :

  51. Djoum
    dit :

    Bonjour Bonjour 😉
    Me revoilà par ici et en plus j’ai une petite réclamation 😉 Le premier lien de la séquence comprenant la séance 1 ne fonctionne pas 🙁 Si tu as un moment en cette fin d’année pour le remettre, ce serait super.
    Merci beaucoup


  52. OlivierI
    dit :

    Ah oui, effectivement :/Je le remets très vite !

  53. Emeline
    dit :

    Bonjour,
    J’ai découvert cette page par hasard. Après 15 ans de maternelle je grandis un peu et passe au cycle 3 alors je me renseigne, je cherche… J’ai beaucoup aimé votre article , je ne sais pas encore comment je m’en servirai mais il me servira, c’est sûr. Merci

    OlivierI

    Lundi 30 Mai à 22:10

    je te souhaite de t’y plaire, dans le cycle 3 : c’est tellement riche !

Enregistrer