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Catégorie : Exploitations d’oeuvres

Banksy

Banksy

Oui, oui, je sais, je me rends compte, ça fait une éternité que je n’ai rien publié. C’est pas l’envie qui me manque, puis je culpabilise d’avoir un blog et de ne pas l’alimenter… La faute à pas mal de petites choses : des remplacements au cours desquels je ne produis rien de particulièrement publiable, un deuxième enfant qui est venu agrandir la famille fin septembre, et peut-être un manque d’idées en ce moment.

Allez, assez de blabla inutile, on passe aux choses sérieuses ?

 

J’ai eu envie cette fois-ci de me lancer dans un projet différent, quelque chose de plus moderne que Botticelli ou encore de Vinci. Depuis un moment déjà, je voulais prendre le temps de bosser sur le Street Art, courant particulièrement porteur auprès des élèves, je les comprends !

Vous avez forcément entendu parlé de Banksy, le street artiste le plus connu et le plus mystérieux de la planète. Non ? Allez, une piqure de rappel alors !

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Le Palais Idéal, Le Facteur Cheval

Le Palais Idéal, Le Facteur Cheval

Chaque œuvre d’art est singulière mais celle-ci est vraiment particulière : est-ce vraiment une oeuvre ou un bâtiment ?  Un songe devenu réalité ou un exploit architectural ? Un peu des deux,  mon Capitaine !

Partons à la découverte de ce drôle de palais perdu au milieu de nul part !

On plante le décor : nous voici paumés au beau milieu de la Drôme. Rien à perte de vue. Bref, l’endroit où on ne viendrait vraiment pas par hasard. Et pourtant, c’est dans le village d’Hauterives que se trouve une oeuvre unique au monde que sont venus admirer les plus grands : Picasso, Nicki de Saint-Phalle, André Breton, Jean Dubuffet, … Je vous laisse découvrir un aperçu ? Drôme

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Alors là, niveau architecture, c’est du grand n’importe quoi très original et hétéroclite. Ça évoque à la fois Angkor Vat,  la Sagrada Familia, l’Orient et les temples égyptiens. Et pourquoi pas des géants et des momies tant qu’on y est ! Ah ben si, c’est fait. Mais sérieux, c’est quoi ça ?

Ce « truc », c’est une des fiertés architecturales de la France, un palais sorti de terre et de l’imagination débordante d’un facteur qui a cru en ses rêves. C’est une histoire de courage, d’abnégation, d’un songe devenu réalité juste parce qu’on y a cru assez fort ! Et c’est cet homme qui en est responsable: Ferdinand Cheval, facteur de son état.

Voici sa biographie rapide : fils de paysan, né à Hauterives en 1836, il grandit dans un contexte rural et pauvre. Il quitte l’école très vite, travaille avec son père, quitte le village, devient apprenti boulanger, exerce différents métiers et revient à Hauterives à 31 ans où il devient facteur, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite à 60 ans.

On note bien qu’à aucun moment dans son cursus, ce drôle d’oiseau n’a fréquenté de près ou de loin les milieux artistiques, ni même qu’il a étudié l’art. Soit dit en passant, il ne s’y connaissait pas plus en sculpture qu’en maçonnerie.

On replace le contexte de création également. On est au milieu du XIXe siècle. Notre facteur fait quotidiennement une tournée de 30km pour distribuer son courrier dans la campagne autour de son village. Et à pattes, s’il vous plait ! Ben oui, le progrès technique lié à la Révolution Industrielle n’a pas encore eu les effets escomptés dans les campagnes enclavées. Donc pas d’automobile, pas même un vélo.  Trente bornes par jour donc ! Ça nous fait quoi ? Quelque chose comme 6 ou 7 heures de marche ? Il avait le temps de laisser divaguer son imagination, notre facteur ! Au beau milieu de la campagne, il a appris à observer Mère Nature , à l’admirer.

Et un beau jour de 1879, le destin / la chance / son ange-gardien (peut-être un peu des trois  ?) s’en est mêlé. Au cours de l’une de ses tournées, le facteur butte sur une pierre et tombe. Il se relève et observe celle qui est responsable de sa chute : c’est le tournant de sa vie ! Cette pierre, qu’il baptisera sa « pierre d’achoppement », a une forme si bizarre et à la fois si pittoresque que le facteur décide de la garder avec lui. Elle vient de faire éclore son rêve.

Les jours suivants, il se rend compte qu’elle n’est pas seule, il en trouve de plus belles encore.

Le Facteur n’avait aucune idée, lorsqu’il s’est lancé dans la construction, de là où ça allait le mener. Il commence tout d’abord par ériger une fontaine qu’il appellera « Source de la vie ». Celle-ci est constituée de pierres donc, mais aussi de coquillages, d’huitres, d’escargots assemblés à la chaux. Il y ajoute un lion et un chien qui veillent sur cette source. Il aura fallu 2 années entières à Ferdinand Cheval pour l’achever. Devant les encouragements de sa famille, il continue sur sa lancée. Cette fontaine est un véritable hymne à la nature qu’il a tant côtoyée, avec toutes sortes d’animaux et de plantes. S’ajoutent ensuite la « Grotte de Saint Amédée » (2) et « la Source de la sagesse »(3). Il poursuit avec un temple égyptien (4) dans lequel il s’aménagera un tombeau, souhaitant se faire enterrer à la manière des pharaons. Cette demande lui sera refusée par l’administration pour des raisons de salubrité. S’ensuivent le Temple de la nature, au dessus duquel se trouve la Crèche Merveilleuse (5).

Afin d’équilibrer cette façade, le Facteur Cheval construit à sa gauche une partie à laquelle s’adossent 3 géants : César, Vercingétorix et Archimède.

Il aura fallu 20 ans au Facteur Cheval pour construire cette façade (1879-1899). La suite, on va la passer de manière un peu plus rapide.

La façade Nord : l’arrière du Temple Égyptien présente 4 piliers qui habillent une terrasse. Sur cette façade, Cheval nous montrent sa vision de la Genèse ; on voit apparaitre Adam, Eve et le Serpent. On trouve aussi 4 grottes : celle du Pélican, du Cerf, de la Biche et du Faon.

Cliquez sur l’image pour vous approcher des détails.

 

Voici quelques vues de la façade ouest. Celle-ci a une visée clairement universelle, avec des inspirations de bâtiments présents à divers endroits du globe. Au dessus de cette façade ouest se trouve la terrasse qui permet de se promener au premier étage de ce bâtiment. Et en dessous de la terrasse, on peut traverser une galerie entièrement décorée. Je suis désolé, je survole mais chaque façade est tellement riche que je ne peux pas tout détailler 😛

Quelques vues de la terrasse :

Et de la galerie :

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Enfin, la Façade Sud enferme un « musée Antidéluvien » dans lequel Ferdinand Cheval entreposait les pierres qu’il collectionnait ou qu’il comptait utiliser. Elle est surmontée d’une coupole et des aloès. Un tronc d’arbre et des animaux représentés par des pierres rongées en termine la plus sobre décoration.

Les conditions de construction auront été dignes d’une légende : le Facteur Cheval aura construit son Palais entièrement seul, comme il le souligne sur une gravure, il s’agit du « TRAVAIL D’UN SEUL HOMME ».

Il aura passé 33 années de sa vie à aller ramasser avec sa fidèle brouette les pierres qu’il a remarquées et rassemblées lors de sa tournée de la journée, les ramener chez lui et ensuite il passait ses nuits entières, à la lumière de la bougie, à les assembler pour construire son chef d’œuvre.

On notera que les éléments et sujets représentés par le Facteur sont parfois un peu approximatifs. Lorsqu’il crée des monument orientaux, des animaux des tropiques ou autres, il s’agit de choses qu’il n’a jamais pu observer de près. Tout comme le rhino de Dürer, ils sont créer à partir d’observations indirectes, sans jamais avoir vu le modèle original. Cheval n’a sans doute jamais quitté le territoire français. Le XIXe siècle est non seulement celui de la Révolution industrielle, à l’origine d’un profond changement de la société, mais c’est aussi le temps des expansions colonialistes et de la naissance des revues illustrées. Le facteur distribue donc, au cours de ses tournées, ces revues et autres cartes postales qui présentent des gravures montrant des bâtiments et des animaux du bout du monde. Ils les observe et s’en inspire pour modeler ses statues.

C’est pas faux ! D’ailleurs, le Facteur Cheval a pendant longtemps été incompris et la cible de railleries. Il était considéré comme un pauvre fou qui remplissait son jardin de pierres. Au bout d’une vingtaine d’années, les visiteurs ont commencé à être présents en grand nombre. Puis peu après sa mort, dans les années 1930, ce sont des artistes qui découvrent son Palais Idéal : Picasso, Ernst,Saint Phalle, … Mais cela ne suffira pas à lui donner ses lettres de noblesses. Le Palais a bien failli disparaitre : à la mort de l’artiste, il fut légué aux descendants de Cheval, mais finit par s’abimer avec le temps. C’est son classement au patrimoine des Monuments Historiques en 1969 qui permit de le sauver. Cela ne se fit pas sans peine pour autant. Comme au temps de son vivant, Cheval reste un artiste incompris : Malraux, Ministre de la Culture, fit classer le monument contre vents et marées. La plupart  des fonctionnaires du Ministère étaient contre. Voici un extrait  d’un rapport qui date de 5 ans avant son classement :

Mais pourquoi était-il si compliqué de s’apercevoir qu’on avait une merveille sous les yeux donc, alors que Malraux a déclaré que c’était l’unique exemple au monde d’architecture naïve ? Le débat a dû faire couler des litres de bave chez les détracteurs et au moins autant d’encre dans les rotatives chez ses partisans. Cheval fait parti des créateurs d’Art Brut, notion qui n’a été conceptualisée qu’en 1945 par Jean Dubuffet :

L’art brut est la création par des personnes qui n’ont aucune formation artistique et n’ont donc subi aucune influence ni académique, ni d’aucune autre source d’inspiration. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un mouvement artistique, mais d’un volet de l’histoire de l’art, voire de productions marginales et singulières réalisés par des créateurs n’ayant aucun lien les uns avec les autres.

Ces artistes ignorent tout des contraintes et des règles des beaux arts. Ils s’inventent des univers, créent pour eux-même, sans intention de plaire aux regards extérieurs. Ce qui le différencie d’un artiste au sens général du terme, c’est que celui-ci a un statut, une formation, une conscience et une volonté d’être reconnu ; sa production est le fruit d’une démarche intellectuelle en plus d’un savoir-faire technique. Dans l’art brut, les créateurs n’ont pas conscience d’être des créateurs de génie et n’ont la plupart du temps pas l’envie d’une reconnaissance de leur statut d’artiste. Ce sont des créateurs autodidactes qui crée dans le secret et sans besoin de reconnaissance.

Cheval s’inscrit dans cette lignée. Bien que de son vivant, il ait pris conscience que son Palais suscitait l’émerveillement des spectateurs, son Palais est classé parmi les créations d’art brut. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur l’art brut, filez par là : clic !

Quelques hommages coup de coeur pour le Facteur Cheval ou son palais. Ce choix est totalement subjectif, c’est uniquement le mien 😉

CharlElie Couture

Titouan Lamazou

En 2012, Nils Udo, célèbre artiste de Land Art, a été l’invité lors du centenaire du Palais Idéal. Il a créé pour l’occasion le « Temple de la Nature végétale », en écho au Temple de la nature de Cheval. Leurs créations résonnent de la même manière : « Nous avons de nombreux points communs avec Ferdinand Cheval. Nous sommes tous les deux autodidactes, têtus, en symbiose avec la nature.[…] Il existe un dialogue d’ordre spirituel et esthétique. »

Pour travailler sur le Palais Idéal, j’ai pensé démarrer avec des détournement. On part de l’image d’un objet, découpée dans un catalogue par exemple, et on la transforme, on ajoute pour que cet objet ait une nouvelle destination. Par exemple, une banane qui devient une fusée, une pince à épiler qui se transforme en libellule, etc… Pour ceux qui l’ont, vous pouvez regarder pages 164-165 (Une chaussure, c’est le pied) d’Arts Plat du Jour, de P. Straub, vous y trouverez des exemples.

Pour une deuxième séance, il y a une très bonne idée sur le site de Danièle Perez (formatrice ESPE). Après une analyse de deux objets détournés, elle propose de reprendre le principe en farfouillant dans sa trousse. Elle propose des réalisations d’élèves à titre d’exemples : un bateau-crayons, un stylo-deltaplane, des stylos-escalier, …

Lors d’une 3e séance, on propose de faire la même chose mais avec de vrais objets. Chacun ramène un ustensile, un vieux jouet, des bricoles qui trainent dans les chambres afin de leur donner une nouvelle vie. On sort tout le bazar du fond de l’armoire (coton, scoubidou, carton, gobelets, …). Le projet, c’est de détourner l’objet d’origine afin de créer ce qui vous vient par la tête : un téléphone-animal, une chaise-jouet ou encore un palais miniature ! Là, ça peut bien prendre 2 bonnes séances.

Enfin, lorsque c’est fait, on peut proposer de rencontrer l’oeuvre du Facteur Cheval, ses pierres qui sont devenues des animaux ou des plantes. La démarche du Facteur prendre du sens aux yeux de la classe après s’être eux-même frottés à l’exercice. Du coup, on se lance :

Le Powerpoint de la séance (de mon Drive, il est lourd, ne vous étonnez pas du temps de téléchargement)

Télécharger le fichier

La trace écrite :

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Le côté « je fabrique du beau avec du rien »  m’évoque un lien avec le Land Art (en plus de l’hommage de Nils Udo), et ce serait d’ailleurs une merveilleuse entrée dans cette branche qui mériterait d’être davantage pratiquée. Pour ça, je m’appuie encore et toujours sur le super travail de Patrick Straub. Il a sorti il y a quelques mois un ouvrage aussi fantastique que ses précédents. Il s’agit d’Art Terre, édité chez Accès Edition. Cet ouvrage, destiné aussi bien aux enseignants qu’aux parents, permet d’explorer le Land Art pas à pas en découvrant de A à Z l’univers des possibles (j’exagère à peine) : les formes, les matériaux utilisables, les démarches, des inducteurs visuels,… Sur le site de Straub, une présentation du Land Art ICI.

Les avantages sont multiples : il faut 3 fois rien, ça se fait partout, c’est porteur d’un beau message, les élèves s’approprient le principe facilement et les possibilités sont infinies !

Je ne vais pas réinventer l’eau chaude, si vous souhaitez vous engager dans un projet comme celui-ci, je vous renvoie à Art Terre. Pour en découvrir un extrait sur le site de l’éditeur, cliquez sur l’image.

Sinon, une séquence trouvée chez un prof d’arts plastiques en collège qui propose un travail méticuleux afin de relever le défi du facteur « Plus opiniâtre que moi se mette à l’oeuvre ». Peut-être un peu ambitieux pour des primaires mais l’idée me plait.

Une vidéo qui retrace l’histoire de ce Palais. Alors oui, c’est Stéphane Berne, oui c’est à couper dès la fin du reportage , mais le visionnage est intéressant. C’est extrait de l’émission Visite Privée de France 2.

Et sinon, une visite virtuelle, ça vous tente ? Bon, on ne peut pas encore faire le tour du Palais mais on s’y croirait quand même :

Envie de pousser la chansonnette ? Voici une chanson des Enfantastiques qui retrace le rêve de notre Facteur. Cette chanson met en avant le fait que Cheval a cru en ses rêves et qu’il les a réalisés.

 

On peut aussi tenter la chanson Le Palais Idéal, d’Hubert Mounier (L’affaire Louis Trio). Je n’ai pas trouvé la vidéo ni la bande son, du coup je vous mets le lien vers Deezer

 

Une entrée avec laquelle j’ai hésité, mais qui peut aussi venir compléter l’étude du Palais. Comme à son habitude, la collection Pont des Arts a sorti un superbe album qui permet de s’immerger dans l’univers du Facteur. Cliquez sur l’image pour accéder à sa présentation par l’éditeur, d’autres illustrations ou encore au dossier d’exploitation qui est fourni clé en main !

« Le Palais Idéal est beau, ce soir, sous les étoiles… mais le facteur, Monsieur Cheval, est fatigué. Tandis que ses yeux se ferment, de drôles de bruits troublent le silence. La statue d’Archimède bouge, comme les trois petits cochons, le dromadaire et la gargouille ! On dirait, cette nuit, que la pierre du palais prend vie… Une belle surprise attendra le facteur demain ! »

On peut aussi se lancer sur l’étude du roman Le Jobard, de Michel Piquemal. Je remonte un vieux souvenir, je l’ai fait avec l’une de mes premières classes et j’en garde un beau souvenir de roman.

L’histoire d’une bande de gamins désoeuvrés qui prennent en grippe le jobard, un vieux monsieur loufoque qui passe son temps à ramasser des bouteilles en verre. Ils finiront par se découvrir et s’apprécier, dépassant la marginalité, la réputation et les apparences.

Le lien avec le Palais, c’est que le Jobard récupérait les bouteilles afin de construire un moulin, ce qui le met dans la case des collectionneurs récupérateurs, ceux qui créent à partir de rien. On pourra aussi relever le fait qu’ils ont tous les deux été les marginaux de leur entourage.

L’étude du roman est donnée clé en main, allez faire un tour sur l’excellentissime site d’Attire Lire :

 

Enfin, sans creuser la partie art brut, on peut partir sur le fait que Ferdinand Cheval était facteur et lancer un projet opportuniste Mail Art. Pour ça, je vous envoie faire un petit tour chez ma marraine Lala. Vous y trouverez un très beau projet interdisciplinaire autour de cet art.

Pis pour votre bagage perso, je vous conseille au passage la lecture de cette BD qui retrace l’histoire de ce drôle d’artiste. Il s’agit des prémices de la reconnaissance de son monument, dans lesquels on retrouve le caractère très taciturne du personnage, qui a donné corps et âme à ce Palais.

Pour finir, à noter qu’un film sur la vie de cet artiste est en préparation (tournage prévu en 2017 après un premier report) avec Nils Tavernier derrière la caméra, Jacques Gamblin et Alexandra Lamy dans les rôles principaux.

Jaune rouge bleu – Vassily Kandinsky

Jaune rouge bleu – Vassily Kandinsky

Voilà, voilà, je boucle cette rubrique Exploitation d’oeuvres, des oeuvres à exploiter. L’idée était d’avoir les ressources suffisantes afin proposer une promenade en Histoire des arts à travers le temps, quelque chose de suffisamment complet pour pouvoir être utilisable sur l’ensemble de l’année. Je pense avoir atteint mon objectif. C’est pas exhaustif, certes, je ne propose rien concernant la préhistoire ou l’antiquité, ce sont deux périodes qui me bottent moins en terme d’art. Mon autre mea culpa concerne le fait que je ne me suis intéressé qu’à la peinture, mais c’est tellement riche ! J’ai toujours essayé de ne pas tomber dans le saupoudrage pédagogique, chose que j’aurais l’impression de faire en brassant tous les domaines de l’art. J’ai préféré construire des connaissances plus solide dans UN domaine, c’est un choix.

Peut-être que cette rubrique continuera à s’enrichir au fil des projets, des envies, des rencontres. Aujourd’hui, c’est une oeuvre du XXe siècle sur laquelle on se penche !

Mais qui a foutu un tel b***** ?!!!

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Y a de quoi rester assez dubitatif devant ce tableau… Que dire ?… C’est… surprenant, euh…. original… Ça change d’un Rembrandt… Il va être difficile de faire une analyse de la lumière ou de la composition…

Allez, on se reprend. Alors, qu’est-ce que j’ai sous les yeux ? Des formes. Ah oui, j’ai des formes ! Y a des ronds, des segments, des lignes courbes, brisées, des triangles, des rectangles, des damiers, …

Et puis des couleurs : du jaune, du rouge, du bleu (comme son nom l’indique), mais aussi du violet, un peu de vert, d’orange, des nuances de ces couleurs.

Même en prenant le temps de poser son regard, ce tableau reste assez hermétique. Mais qu’est-ce que Kandinsky a voulu nous montrer ?

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

On essaye de regarder plus finement ce tableau,  de le décrire du mieux que l’on peut, une fois passé l’effet de surprise.

Observons les formes :

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Les cercles tout d’abord : à part la forme, peu de points communs entre tous. Des p’tits, des gros,  des monochromes, des multicolores, des simples, des superposés les uns sur les autres… Et le plus gros, celui de droite, qui est recouvert d’un tas de … « trucs ». Qui a dit que les cercles se ressemblaient tous ?

Sans parler des arcs de cercles présents dans la composition également.

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky Apparaissent aussi des carrés, des rectangles, des damiers, des quadrilatères plus ou moins orthogonaux.
Et puis on a des lignes : des lignes ouvertes, des lignes fermées, des rectilignes, des courbes, des fines, des épaisses, des courtes, des longues… Bref, encore un éventail très varié de cet ingrédient.

Ben voilà ! Vous voyez qu’on arrive quand même à distinguer des trucs dans cette image !

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Privé de ses couleurs, voici ce à quoi ressemble Jaune Rouge Bleu Blanc Blanc Blanc :

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

D’après mon expert de 5 ans, à la maison : « il a fait n’importe quoi en s’appliquant, en mettant des jolies couleurs ».

On peut aussi relever que sur la moitié gauche du tableau, ces formes sont toutes placées les unes à côté des autres. Certaines se chevauchent mais l’ensemble reste épuré, tandis que la moitié droite est son opposé. Tout se mélange : les formes, les couleurs, elles sont toutes les unes par dessus les autres. On a finalement deux ensembles de masses qui cohabitent, mais qui sont strictement l’inverse l’une de l’autre !

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Et les couleurs dans tout ça ? Regardez bien :la masse de gauche dégage une impression majoritaire de JAUNE (et des nuances orangées) tandis que la masse de droite renvoie un BLEU foncé, mêlé de NOIR. Et au centre, c’est du rouge.

Et le « décor » ? C’est l’inverse, l’arrière plan à gauche est fait de violet (nuance du bleu) tandis qu’à droite, on retrouve le jaune. A ces couleurs dominantes, on peut y observer des dégradés. On a bien une opposition entre couleurs chaudes et couleurs froides, dans les masses et dans les arrières plans.

Bref, on constate qu’une vraie dualité existe dans la composition : au niveau des formes, des couleurs des masses, des couleurs des arrières-plans. Donc :

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Vassily Kandinsky (1866-1944) est un peintre Russe (naturalisé français en 1939), mais aussi un théoricien de l’art et un musicien (détail qui a son importance). C’est lui l’inventeur de l’art abstrait et il est considéré comme l’un des plus grands peintres du XXe siècle, aux côtés de Picasso ou Matisse.

Il n’a pas débuté la peinture en réalisant des tableaux abstraits, mais c’est le résultat d’années de recherches et de réflexion qui l’ont mené à ne plus représenter le réel, à abandonner la peinture figurative (celle qui représente le monde). C’est un virage dans l’histoire de l’art ! Inutile donc de chercher à reconnaître des intentions de représentation de tel ou tel objet ou personnages dans une peinture abstraite.

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

La légende raconte que Kandinsky a pris conscience du potentiel expressif de l’abstraction le jour où, dans son atelier, il a découvert un tableau qu’il ne connaissait pas et qui le troubla… jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il s’agissait de l’une de ses toiles posée à l’envers. Mais le fait d’être touché d’une manière ou d’une autre par des formes et des couleurs qu’il n’identifiait pas a été un premier pas vers l’abstraction.

Il a considéré qu’il était possible de susciter des émotions chez le spectateur en associant des formes et des couleurs, des points et des lignes. Il s’agit des composantes plastiques élémentaires, et leur association réfléchie permet de faire naitre des émotions chez le spectateur. Un peu à l’image de la musique, dans laquelle une association de notes permet de provoquer joie ou tristesse en allant titiller l’âme de l’auditeur.

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Composition n°8

Vassily Kandinsky

Trente

Vassily Kandinsky

Kandinsky a développé toute une théorie selon laquelle chaque élément produit un effet en fonction de son orientation. Par exemple, « la ligne horizontale possède une tonalité affective sombre et froide semblable au noir ou au bleu, tandis que la ligne verticale correspond à la hauteur, elle possède au contraire une tonalité lumineuse et chaude proche du blanc ou du jaune. Le point quant à lui résonne différemment selon sa place sur la surface de la toile, selon sa taille, sa couleur… » Histoires, d’arts en pratiques, P. Straub.

Pour découvrir l’évolution de sa peinture à travers sa carrière, CLIC par ici.

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

On peut déjà commencer par dire que c’est un art dans lequel les œuvres ne font aucune référence à la réalité. Il n’y a aucune intentions de représenter quoi que ce soit qui existe. Il s’agit d’une théorisation de l’art poussé à l’extrême.

Cet art est basé sur une absence de formes naturelles, il se base sur des formes géométriques. Les peintres s’appuient également sur les variations de couleurs, les nuances, les oppositions clairs/foncés, le mouvement engendré par la composition créée, les textures ou encore les équilibres créés.

« Un tableau abstrait n’a pas de sujet, il n’est donc pas rattachable à un genre, et son titre ne peut renvoyer qu’à des aspects formels ou rester dans des concepts très généraux (par exemple « Composition » ou « Variation ») avec un numéro ou une date.

Regarder un tableau abstrait relève donc d’une attitude intellectuelle très particulière : dans l’absolu, il faudrait recevoir l’image sans rien projeter sur elle, sans essayer à tout prix d’y « reconnaître » des personnages ou des objets, sans essayer de comprendre, se promener en liberté dans un univers de formes et de couleurs, se laisser porter par sa propre rêverie, son propre jeu intellectuel, son propre voyage mental… Car les tableaux abstraits sont en fait des paysages mentaux. » Un jour, une oeuvre, Renée Léon

Inutile donc de chercher à se raccrocher à quoi que ce soit : il n’y a rien de reconnaissable dans une toile abstraite. Il faut juste la recevoir,  se questionner intérieurement pour chercher ce que ces tableaux suscitent en nous.

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Revenons à notre tableau : on s’était arrêté à l’idée que les deux moitiés s’opposaient (par le choix des formes utilisées et la manière dont elles sont disposées, par les couleurs présentes dans les masses mais aussi par celles de l’arrière-plan). Ici, on va pousser l’analyse un peu plus loin pour se rendre compte que la dichotomie de ce tableau est plus importante encore.

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Les lignes : celle de la moitié gauche sont fines, rectilignes, tandis que celles de droites sont épaisses et sinueuses.

Les couleurs : on n’en avait pas encore parlé, mais ces trois couleurs choisies pour former le titre correspondent aux trois couleurs primaires, celles qui sont à l’origine de toutes les autres ! Et ce n’est pas un hasard.

La moitié gauche renvoie une impression de légèreté, de couleurs lumineuses, chaudes tandis que la moitié de droite montre des couleurs « lourdes » et froides. Par les couleurs, la moitié gauche donne alors une impression de mouvement, de dynamisme alors que celle de droite parait stable, immobile.

La composition : et là, c’est tout le contraire ! On ne sait plus sur quel pied danser. Les formes utilisées par Kandinsky sur la moitié gauche renvoient à la stabilité (lignes horizontales, rectangles) et celles de la moitié de droite induisent du mouvement (lignes courbes, formes qui se superposent, …) . 

On notera la présence parmi les couleurs de rouge (la passion, la vie), de vert (apaisant), ou de noir et de blanc (neutres tous les deux).

On  se retrouve encore une fois dans une situation d’opposition entre les deux moitiés : elles s’opposent MAIS se complètent l’une l’autre. C’est une histoire d’équilibre fragile, de désordre harmonieux. On retient donc ici que l’essentiel de ce tableau est dans l’équilibre des éléments qui se répondent dans un jeu d’opposition et de complémentarité.

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

J’hésite à  aborder cette partie. Après avoir expliqué qu’il ne faut pas chercher à identifier quoi que ce soit dans une oeuvre abstraite, c’est pas malin (mais tellement intéressant, alors on y va) !

Une opposition Jaune / Bleu foncé-noir, ça ne vous évoque rien ? Vraiment ? Il pourrait être question du jour et de la nuit, une opposition doublée d’une complémentarité.

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Cette géométrie, ces couleurs chaudes, les cercles, les obliques qui rappellent les rayons. C’est lumineux, c’est chaud. On peut se projeter sans prendre trop de risques : le soleil est évoqué !

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Et de ce côté-là, ce cercle obscure d’où s’échappent des formes, ces surfaces qui se chevauchent, qui apparaissent par transparence. C’est la nuit qui est évoquée. Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

On peut même pousser l’interprétation un peu plus loin. Peut-être avez-vous vu apparaitre deux semblants de visages parmi ces formes, qui seraient la personnification du jour et de la nuit. On peut penser voir apparaitre un oeil et un nez sur la masse de gauche (le soleil) et la tête, un oeil et deux plumes qui viendraient coiffer la Nuit.

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Bien sûr, il s’agit là d’interprétations. Cependant, des notes de cours que Kandinsky avait dispensés en Allemagne, au Bauhaus, évoquent LA NAISSANCE DES COULEURS :

« Phébus (dieu du soleil) et la lune s’évitent et se retrouvent quand même entre le jour et la nuit, comme l’aurore et le couchant. Naissance mystérieuse du rouge par la tendance simultanée à l’éloignement et à l’ascension du jaune et du bleu ».

Ce tableau pourrait alors nous raconter la naissance du rouge, fille du Jour et de la Nuit.

C’est beau et poétique, n’est-ce pas ? A l’origine, il existerait 2 couleurs (le bleu et le jaune) et le rouge serait alors le fruit de leur union, puisqu’il n’apparait que lorsque les deux astres se rencontrent, lorsque le ciel s’en teinte. Ces 3 couleurs primaires sont ensuite à l’origine de toutes les autres. On est donc remontés aux origines de la couleur.  Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Et là, j’ai pas pu m’en empêcher !

 

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

La séance :

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Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Les tableaux à montrer au cours de la séance :

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Number 34 – Jackson Pollock

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Composition en rouge, jaune bleu et noir – Piet Modian

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Relief disques – Robert Delaunay

La trace écrite (sur le modèle de Cenicienta)

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Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

En pratique éclairante, je vais une nouvelle fois m’appuyer sur le travail de P. Straub. Il s’agit d’une proposition de travail tiré de son ouvrage Histoires d’arts en pratique. Il nous propose de créer une image en binôme. Deux peintres vont « s’affronter » dans un duel au cours duquel chacun va devoir conquérir un territoire en y déposant sa couleur. La zone centrale sera une sorte de ligne de front dans laquelle une nouvelle couleur va naître à partir des deux premières, tout comme dans l’oeuvre de Kandinsky :

Jaune rouge bleu - Vassily Kandinsky

Vous pouvez trouver une présentation de cette activité sur son site ICI (il s’en sert avec un autre objectif).

Au passage, n’hésitez pas à aller jeter un oeil dans son livre. Patrick Straub propose une super comparaison entre Number 34 de Pollock et Jaune Rouge Bleu. La mise en opposition de ces deux tableaux est vraiment intéressante ! Il oppose par exemple la réflexion concernant la présence et la disposition de chacun des éléments dans le tableau de Kandinsky aux tâches et coulées aléatoires de Pollock. C’est passionnant !

6 pensées sur « Jaune rouge bleu – Vassily Kandinsky ! »


  1. Lala78
    dit :

C’est toujours bien de te lire ! la suite la suite !!!!!!

OlivierI

Mardi 14 Juin à 19:52

Et ça me fait toujours plaisir de découvrir tes p’tits mots, merci Lala !

  • OlivierI

    dit :

    Et ça me fait toujours plaisir de découvrir tes p’tits mots, merci Lala !


  • Jeso
    dit :

    Je découvre ton site. Je reviendrai. Merci beaucoup pour ces docs.

    OlivierI

    Mercredi 15 Juin à 17:31

    Ravi de te lire et à très vite donc !

  • OlivierI

    dit :

    Ravi de te lire et à très vite donc !


  • Teacher Charlotte
    dit :

    Comme d’hab… C’est passionnant!!!

    OlivierI

    Mercredi 22 Juin à 19:22

    Et comme d’hab’, c’est toujours un plaisir de te voir passer par ici !

  • OlivierI

    dit :

    Et comme d’hab’, c’est toujours un plaisir de te voir passer par ici !

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L’art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

L’art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

Cette fois-ci, je risque d’être un peu plus sommaire que les autres fois, il s’agit de la remise en forme d’un travail disponible dans mon article sur le projet Calligraphie et écriture.

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

De ce livre, on ne connait en fait que quelques pages. Il s’agit en réalité d’un livre d’heures. Il s’agit d’une forme d’ouvrage répandu chez les plus riches au moyen-âge. Ils étaient entièrement calligraphiés et très richement illustrés, puis reliés.
On y trouvait un calendrier, des prières et des psaumes. La vie à cette époque était marquée par les évènements religieux, tant dans le rythme de l’année que de la journée. A chaque heure du jour correspondait une prière, différente pour chaque jour de l’année. Fallait bien un annuaire pour tout ça !

Les auteurs de ce livre sont les frères Limbourg, deux artisans flamands, qui l’ont réalisé sur commande du fameux Duc de Berry. La commande fut passée en 1410. Le duc ainsi que les deux frères Limbourg décédèrent tous les 3 en 1416 (quelle hécatombe !). D’autres copistes prirent le relai jusqu’à ce que le commande soit achevée, ce qui fut le cas en…………………………. 1489, soit au bout de presque 80 ans !!!
La couleur était obtenue grâce à des pigments végétaux ou minéraux, dont le minium qui permettait de préparer le rouge, ce qui donna le terme de miniature (qui n’avait donc aucun rapport avec la taille des illustrations).

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

Une enluminure, c’est une image dessinée et peinte à la main afin d’illustrer et de réhausser les manuscrits au moyen-âge. Les copistes réservaient des espaces sur les pages, dans lesquels les « illustrateurs » venait ensuite mettre des lettrines (des majuscules en début de paragraphes), des bordures (des décorations sur le côté du texte) ou encore des miniatures (des illustrations).

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

Une lettrine Une bordure Une miniature

Et dans cet art, chaque erreur a de grosses conséquences : imaginez que lors de la mise en couleur, un doigt se lève pour dire « M’sieuuuuur, j’ai débordé de mon coloriaaaaage ! ». Toute la page recto verso était à recommencer ! La calligraphie des copistes, les dessins puis la mise en couleur. Aucune idée de nombre de jours de travail que cela représente mais Gutenberg les aurait drôlement soulagés !

Parmi les lettrines, on peut encore faire des catégories : les lettrines historiées, les lettrines ornées, les lettrines dorées, les lettrines construites et les lettrines colorées. Vous pouvez aller jeter un oeil chez Dix mois pour les découvrir :

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

Pour découvrir l’art des enluminures, on va partir à la découverte des Très Riches Heures du duc de Berry, le livre d’heures des frères Limbourg. A travers un premier mois que l’on va découvrir par fragments, les élèves vont pouvoir contextualiser l’époque qui est représentée, et découvrir qu’il s’agit d’un calendrier grâce aux signes astrologiques, aux quantièmes, et au soleil.
On amènera ensuite la fonction de ce livre puis, en projetant certaines de ses illustrations, on demandera de deviner à quel mois de l’année chacune correspond. Pour ça, les élèves devront prendre des indices sur l’illustration afin de deviner tout au moins la saison (les vendanges en septembre, la neige de l’hiver, les moissons l’été, …). Puis on passera à la trace écrite.

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

Le diaporama pour découvrir Les Très Riches Heures du duc de Berry :

La fiche de trace écrite : on file chez Cenicienta :

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

A défaut de transformer votre classe en monastère, on va tout du moins proposer aux élèves de découvrir une partie du travail de copiste.

A partir d’un diaporama, la classe va observer des modèles d’enluminures, notamment de bordures (vous savez, les décos qu’ils mettaient dans la marge, là où maintenant on met des p’tits mots au stylo rouge) et prélever des fragments de ceux-ci qui leur plaisent. On va aussi découvrir les différents types de lettrines (les miniatures, les lettrines historiées, les lettrines ornées, les lettrines dorées, les lettrines construites et les lettrines colorées). Pour voir un exemple de chacune, vous pouvez vous rendre sur le site de Patrick Straub (en milieu de page).

Lors de la séance suivante, il faudra enluminer (pas sûr que ça existe, à vérifier) un texte tiré du Roman de Renard. On commence par passer la feuille support au brou de noix afin de donner un aspect parchemin. Puis il faudra insérer certaines des bordures prélevées, et aussi inventer et dessiner la première lettre du texte. Et pour finir, reste plus qu’à encrer tout ça. Au boulot !

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

Afin d’obtenir le deuxième document élève de la séance, il faudra m’envoyer un mail :

Qui suis-je ?

Des enluminures afin de découvrir des bordures et d’y prélever des motifs :

Et pour finir, mais là ça n’a rien d’obligatoire, je présente le livre de la formidable, grandiose, génialissime collection Pont des arts : L’assassin du calendrier, de Christine Beigel. Rien à voir avec le dernier opus d’Assassin’s Creed, hein !

Reprenant les différents décors du calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry, l’histoire nous mène sur la piste d’un mystérieux meurtrier qui, chaque mois, frappe en laissant un indice derrière lui. Le chevalier Jehan se lance à sa poursuite pour enrayer sa folie meutrière. Bon, c’est pas Seven, mais ça m’a beaucoup plu ! On retrouve des thèmes fort au moyen-âge : la mort, le Bien, le Mal, le Malin. Et cette forme de polar tient le lecteur en haleine. Bref, encore un très beau livre !

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

L'art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry

2 pensées sur « L’art des enluminures à travers Les Très Riches Heures du Duc de Berry ! »


  1. Lala78
    dit :

    Ah, je ne connaissais pas l’assassin du calendrier…génial ce prolongement…
    et merci pour ton article enrichi…

    OlivierI

    Dimanche 24 Avril à 15:22

    Et merci à toi d’être passée par ici !

  2. OlivierI

    dit :

    Et merci à toi d’être passée par ici !

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L’impressionnisme

L’impressionnisme

 

 L'impressionnisme

Pour bien comprendre ce mouvement éphémère, on va se replonger dans le contexte de l’époque :

 L'impressionnisme

Au XIXe siècle, en France, c’est surtout le poids de la tradition qui se fait sentir. Une institution fait autorité en matière d’arts : il s’agit de l’Académie des Beaux Arts, « Et c’est quoi l’art académique ? », me demanderez-vous. Pour le savoir, vous pouvez jeter un oeil ICI.

Trêve de plaisanteries, l’Académie, c’est un peu comme votre grand oncle Georges, celui porte son costume du dimanche, qui insiste pour que les enfants demandent avant de sortir de table ou refuse qu’on passe le voir sans prévenir « parce que ça ne se fait pas ». C’est un ensemble de règles ancestrales qu’il faut suivre coute que coute si l’on veut avoir la chance d’exister un jour dans le monde de l’art.

Ses préceptes sont d’imiter les Anciens, (et plus c’est vieux, mieux c’est), d’imiter la nature, de privilégier le travail en atelier, d' »affirmer la primauté du dessin sur la couleur », de réaliser des œuvres achevées. Des cours sont dispensés aux Beaux-Arts et le respect des règles est confirmé lors de concours et autres salons d’exposition. Ses règles se sont petit à petit figées et ont formé un carcan inamovible. L’Histoire, la religion et la mythologie étaient les thèmes à représenter en priorité.

L’Académie avait hiérarchisé les genres de peinture : il y avait des genres majeurs et d’autres inférieurs. Dans l’ordre, du plus glorieux au moins intéressant, citons : la peinture d’histoire (ainsi que religieuse, mythologique et allégorique), le portrait, la scène de genre, le paysage, la peinture animalière et enfin la nature morte. La réputation des peintres se faisait et se défaisait par les Salons qui avaient lieu régulièrement : des critiques d’art et de riches amateurs venaient y découvrir les dernières toiles sélectionnées par l’Académie. Le marché de l’art est florissant au XIXe siècle, notamment par la naissance d’une nouvelle bourgeoisie enrichie par la Révolution industrielle.

L'impressionnisme

Illustration : Thérèse Bonté

Voilà un échantillon de ce que ça donnait :

La naissance de Vénus

Alexandre Cabanel – 1863

L’entrée des Croisés dans Constantinople

Eugène Delacroix – 1840

Réception du Grand Condé à Versailles

Jean-Léon Gérôme – 1878

Techniquement c’est beau, mais ça ne fait pas rêver, vous ne trouvez pas ?

C’est à partir de ce constat qu’un schisme va s’opérer : d’un côté, certains artistes vont s’en satisfaire et honorer les commandes et les désirs de cette bourgeoisie, et de l’autre des artistes vont tenir à leur indépendance et refuser de se conformer à cette norme imposée. Les précurseurs sont tout d’abord des peintres paysagistes anglo-saxons dont Turner, et en France on se souvient de Courbet et Corot.

Prenons aussi en compte également le contexte politique de l’époque : le Second Empire (1852-1870) a une politique culturelle qui encourage cet art fade. D’ailleurs, les têtes de proue ont les honneurs de l’Etat et sont placées à la tête de ‘Académie des Beaux-Arts.

Une véritable rupture va s’opérer sur plusieurs plans, entre ces différents courants. D’un point de vue politique, la plupart des ces nouveaux peintres sont des Républicains, opposés à Napoléon III qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat. Sur le plan sociologique, ils sont souvent issus de la classe populaire quand ceux de l’Académie font partie de l’aristocratie. Et sur le plan esthétique, cette nouvelle vague déteste les sujets représentés (les scènes historiques, mythologique, …) et préfèrent les beautés offertes par la nature, loin également des paysages transformés par la Révolution Industrielle en marche.

Cette nouvelle philosophie de peinture pourrait être résumée dans cette citation de Manet : « Je peins ce que je vois, et non ce qu’il plaît aux autres de voir ».

L'impressionnisme

Illustration : Thérèse Bonté

L'impressionnisme

 On est autour de l’année 1860 : des peintres d’un nouveau genre font tout de même trembler les vieux croutons encroutés. Puisqu’ils n’ont pas accès aux fameux Salons, ils s’exposent au Salon des Refusés (ce qui ont été refusés par l’Académie). Parmi eux on retrouve Monet, Renoir, Sisley, Degas, Cézanne, Caillebotte, etc… Rien que ça !

Deux inventions ont rendu possible la naissance de ce mouvement. Tout d’abord, l’invention de la photographie change totalement la manière de faire. Jusqu’alors, réaliser un portrait demandait des jours de travail. Le modèle devait rester parfaitement immobile des heures entières afin que le peintre rende son modèle le plus proche possible de la réalité, lui mais également chaque repli de ses vêtements, ou l’ombre portée de chaque élément présent. Là, c’est (presque) un instantané ! Cette possibilité de saisir l’instant va être la marque de fabrique des impressionnistes.

L’autre invention révolutionnaire sera ………………. la peinture en tube ! Auparavant, la peinture était créée avec des pigments mélangés à un liant, souvent de l’huile. Cette invention va permettre de sortir de l’atelier beaucoup plus simplement ! (c’est d’ailleurs une pratique que refuse l’Académie : on travaille en atelier et le travail doit être FI-NI : « et que je ne vois plus un seul coup de pinceau ! »)

Ce que l’on retient des impressionnistes, c’est en premier lieu leurs touches de peintures. Elles sont déposées par touches séparées et claires et leurs contrastes dégagent une luminosité intense. Elles sont juxtaposées, superposées et cela donne de l’éclat à la peinture. Ce sont d’ailleurs des couleurs pures qui sont utilisées, le mélange se fait de manière optique.

Au passage, pourquoi ai-je commencé l’article en parlant de mouvement éphémère ? Parce qu’il n’a pas duré plus de 26 ans (1860-1886) !

L'impressionnisme

 

 

 

 

 

 

 

L'impressionnisme

Au milieu du XIXe siècle, les artistes peignent donc en atelier, et plutôt des sujets historiques ou mythologiques. Dans leurs tableaux, il y a beaucoup de détails très précis, par exemple dans les plis des vêtements. Un groupe de jeunes peintres critique ce style de peinture traditionnel. Représenter des scènes du passé ne les intéresse pas. Ils veulent peindre ce qu’ils ont sous les yeux !

Ces nouveaux peintres décident de sortir de leur atelier pour peindre en plein air, à la recherche des effets de la lumière. Leur but : reproduire l’impression visuelle laissée par un paysage ou une scène de la vie quotidienne. C’est une vraie révolution ! La Normandie offre aux artistes une grande variété de paysages à peindre : champs, falaises, plateaux, vallées… Et ces paysages sont sans cesse changeants : la mer tour à tour calme ou déchaînée, les ciels purs ou chargés de nuages dont les couleurs se modifient sous l’effet des vents et de la marée… C’est pour capter ces impressions fugitives que ces peintres inventent la technique de l’impressionnisme.

Malheureusement, le style des impressionnistes n’est pas pris au sérieux. Les gens de l’époque considèrent leurs toiles comme des tableaux inachevés, des brouillons. Au Salon de Paris, le jury n’accepte que les œuvres de style traditionnel. Il pense que ces nouvelles toiles ne méritent pas d’être montrées au public. Bien décidés à prouver le contraire, les impressionnistes décident d’organiser eux-mêmes leur première exposition, en avril 1874. Mais c’est un échec. Leurs tableaux n’ont aucun succès et très peu sont vendus. Pourtant, le groupe persévère. Jusqu’en 1886, huit expositions verront le jour.

 Un grand marchand de tableaux, Paul Durand-Ruel, soutient les impressionnistes. Il se lance le défi de vendre leurs toiles. En 1886, lors de la première exposition qu’il organise aux États-Unis, le pari est gagné ! De riches collectionneurs apprécient ces œuvres d’un nouveau genre. Enfin, l’impressionnisme rencontre le succès tant attendu. Aujourd’hui, c’est le mouvement de peinture le plus connu au monde !

source : http://www.normandie-impressionniste.fr/

 L'impressionnisme

 

Illustration : Stéphane Girel, Où est passée la reinette ?, Pont des Arts

L'impressionnisme

 

Cette toile de Monet a été peinte en 1872, et représente une vue du port du Havre. Ce n’est que 2 ans plus tard qu’elle est présentée au public et, au moment de la nommer pour le catalogue de l’exposition, Monet répondit : « Mettez Impression ». Son frère passa derrière et la fit nommer « Impression, soleil levant ».

Ce nom définit bien cette nouvelle façon de peindre, dans le sens où les peintres ne restituent non pas le paysage tel qu’il est vu dans ses

L'impressionnisme

moindres détails, mais la sensation qu’il a produit sur eux. Cela ne passe plus par de longues études et dessins préparatoires, elle se base uniquement sur la couleur. La peinture doit être rapide car la lumière est fugace, surtout à ce moment de la journée où elle change rapidement.

C’est du nom de ce tableau qu’est tiré celui de ce mouvement de peintres.

L'impressionnisme

Avez-vous déjà observé comme les couleurs changent au moment du lever et du coucher du soleil ? En fin de journée par exemple, lorsque le soleil commence à être bas dans le ciel, tout se pare d’une couleur chaude, presque d’or. C’est très bref, une dizaine de minutes tout au plus : c’est l’heure dorée. Quelques minutes plus tard le ciel prend une teinte orangée, rouge, rose, … Un camaïeux de tons chauds. Avez-vous déjà observé comme le paysage change à cette heure-là de la journée ? Les photographes le savent, c’est le meilleur moment de la journée pour avoir une belle lumière ! Elle est chaude, douce, enveloppante, bien plus agréable que celle de midi lorsque le soleil est au zénith.

Pour se rendre compte du changement qu’elle implique, voici un timelapse d’un coucher de soleil :

En faisant abstraction des flares qui apparaissent, vous avez observé comme les flancs des montagnes changent de couleur ? C’est cette impression éphémère que les artistes ont cherché à rendre, chose qu’il serait impossible de faire en peignant en atelier.

Au passage, pour ceux qui aiment les images de ce genre, je vous invite à aller jeter un oeil au travail d’un photographe que j’aime beaucoup (c’est pas un impressionniste 😛 ) : il s’agit de Beboy, maitre dans la gestion de ces couchers de soleil !

L'impressionnisme

Ben oui ! Toi et tes questions stupides, des fois !

Dans cette section, je vais volontairement réduire le champ de l’impressionnisme en choisissant des critères plus restreints que ceux d’un historien d’art. Alors ok, c’est réducteur, mais ce sont ces critères là qui seront retenus pour reconnaître en classe ce mouvement de peinture.

L'impressionnisme

Illustration : Thérèse Bonté

Les impressionnistes ont quitté leurs ateliers pour se rendre sur les lieux mêmes, afin de peindre « sur le motif ». Ils se rendent donc à la campagne, en ville devant les bâtiments qu’ils peignent, en bord de mer, … Ils reviennent souvent aux mêmes endroits afin de saisir les différentes lumières en fonction de l’heure de la journée ou encore de la saison.

Les Impressionnistes peignent vite ! Il n’y a aucun détail. C’est pour cela que leurs peintures sont faites par touches et non pas par aplats. Les couleurs utilisées sont des couleurs pures (primaires, secondaires, noir et blanc). C’est dans l’oeil du spectateur que les couleurs vont se mélanger. Elles sont douces, dans des tons pastels.

Les contours des objets, des personnages ne sont pas nets. Cela participe à donner une impression de mouvement dans la toile, on dirait que rien n’est figé.

Ce sont des tableaux à chaque fois très lumineux, ensoleillés, on trouve souvent des reflets dans l’eau,

Ce seront ces critères-là qui vont être retenus pour caractériser avec les élèves ce mouvement dans la suite du travail.

L'impressionnisme

L'impressionnisme

Pour l’entrée dans l’activité, je m’appuie sur une animation péda que j’ai eu avec Mme Britt-Mari Barth dont le thème était Elève chercheur, enseignant médiateur. Autant vous dire que le thème qu’elle a choisi pour présenter sa démarche m’a intéressé ! Ben oui, j’avais déjà cet article dans un coin de la tête !

L’idée qu’elle a développé est celle de la construction d’un concept (celui de l’impressionnisme) à l’aide d’exemples-oui (ceux qui respectent les critères de la notion sur laquelle on travaille) et d’exemples-non (ceux qui ne respectent pas l’ensemble des critères).

On ne dit pas à la classe ce sur quoi on travaille au cours de la séance, les élèves vont chercher des points communs entre les différents exemples-oui en les comparant, et les éléments communs qu’ils auront trouvés sont vérifiés par l’introduction d’exemples-non (j’espère être clair, n’hésitez pas à me le dire).

En faisant des allers-retours entre les exemples-oui et les exemples-non, les élèves construisent peu à peu les critères qui vont permettre de définir ce style de peinture.

Des exemples-oui :

Chemin montant dans l’herbe – Pierre-Auguste Renoir

1876-1877

Version HD ici (génial pour observer la touche du peintre)

L'impressionnisme

Les meules de fin d’été – Claude Monet

1891

 

L'impressionnisme

La balançoire

Auguste Renoir, 1876

Impression, soleil levant

Claude Monet – 1872

Un exemple-non :

L'impressionnisme

La ronde de nuit – Rembrandt

Et maintenant, les documents :

Si des lignes blanches apparaissent lorsque vous ouvrez le document, cliquez ensuite en haut à droite de la fenêtre sur Télécharger, puis Ouvrir avec.

L'impressionnisme

 

La fiche de trace écrite : c’est chez Cenicienta que ça se passe. J’ai choisi d’utiliser celle d’Impression, Soleil levant.

L'impressionnisme

Pour démarrer la seconde séance, on peut débuter par une activité de tri d’oeuvres : sont-ce des exemples-oui ou des exemples-non, et pourquoi ?

Bassin aux nymphéas, harmonie verte

Claude Monet – 1899

Portrait de Marie-Thérèse

Picasso

L'impressionnisme

Coucher de soleil écarlate

William Turner

A Nemi : rochers et buissons

Pierre-Henri de Valenciennes

L'impressionnisme

Les nymphéas, le matin

Claude Monet – 1915-1926

Et si on veut être sadique, on peut les lancer sur la piste des néo-impressionnistes (les pointillistes) et voir si la classe parvient à distinguer les deux :D.

On évoquera aussi le travail en série de certains peintres afin de capter les différentes ambiances dues aux différentes heures ou aux différents moments de l’année. On peut prendre l’exemple des meules de foin, de Monet (allez voir en bas de la page), mais on peut aussi s’intéresser à la série sur le Parlement de Londres, la cathédrale de Rouen ou bien les peupliers. Pourquoi pas diffuser la vidéo que j’ai mise plus haut, afin de montrer l’incidence de la lumière sur le rendu d’une scène ?

L'impressionnisme

L'impressionnisme

Un rappel : une pratique éclairante n’est pas juste une activité plastique autour d’un tableau étudié, mais une manipulation qui permet de mieux comprendre, par la pratique, l’une des notions étudiées.

Pour l’impressionnisme, voici donc quelques idées d’ateliers qui peuvent être menés :

1. Transformer un tableau déjà étudié au cours de l’année en tableau impressionniste. Dans cet atelier, c’est la touche sur laquelle on va insister, mais également épurer les détails présents et ne pas faire apparaître de contours.

2. Composer une image à l’aide de papier déchiré, et voir le résultat en s’en éloignant (travail sur le mélange optique)

Deux idées parmi celles présentes dans Histoires d’arts en pratiques

(toujours aussi bien fait, merci, merci Patrick Straub !)

3. Réaliser une petite peinture en un temps donné (15 à 20 minutes) : on propose un modèle que les élèves doivent imiter en une durée assez brève (contrainte de temps à laquelle les impressionnistes étaient soumis). Le travail par touches est exigé.

4. Réaliser une copie d’une oeuvre impressionniste (au pastel sec)

5.  A partir de l’album Mes petits bateaux, d’Eric Battut.

L'impressionnisme

Après une découverte de l’album, on peut se lancer à faire comme l’illustrateur : prendre l’un des tableaux de ce mouvement et le prolonger en utilisant cette touche impressionniste. Le travail se fait à la gouache et au pinceau.

L'impressionnisme

L'impressionnisme

Les tableaux à prolonger sont : Les petits prés au printemps (Sisley) – Les meules de fin d’été (Monet) – La charette, route sous la neige à Honfleur (Monet) – La pie (Monet) – La yole (Renoir) – La famille de Monet dans leur jardin à Argenteuil (Manet).

Si des lignes blanches apparaissent lorsque vous ouvrez le document, cliquez ensuite en haut à droite de la fenêtre sur Télécharger, puis Ouvrir avec.L'impressionnisme

Avec encore de très bonnes idées de Patrick Straub tirées de son ouvrage

L'impressionnisme

En littérature, une exploitation de l’album Où est passée la reinette ?, de Géraldine Elschner, édité dans la collection Pont des Arts. C’est chez Crayon de Soleil que ça se trouve !

L'impressionnisme

Chez Mitsouko, vous allez découvrir, pêle-mêle, des ressources autours de Claude Monet et pas mal de liens sur l’artiste et son oeuvre. Et ne ratez surtout pas, en bas de l’article, le lien vers son travail sur les Nymphéas !

L'impressionnisme

Le livre qui m’a beaucoup aidé à me mettre au clair avec l’Impressionnisme : c’est une mine d’informations et il est très bien expliqué !

17 pensées sur « L’impressionnisme ! »

  1. Carocapucine
    dit :

    Ben dis donc, tu deviens un vrai pro de l’histoire des arts !!! Félicitations en tous ça pour ce travail très complet ! Je pense que je vais prendre le temps de tout bien lire pendant les vacances qui approchant à grands pas… Merci !

    OlivierI

    Mercredi 13 Avril à 09:48

    Merci Carole ! Tu les auras bien méritées, ces vacances !

  2. OlivierI

    dit :

    Merci Carole ! Tu les auras bien méritées, ces vacances !


  3. Djoum
    dit :

    Coucou. Effectivement, comme je le pressentais, cet article est super!!! La fan d’ « impression soleil levant » que je suis ne peut qu’être émerveillée. Mille mercis pour ces articles si bien documentés et tellement intéressants.


  4. Djoum
    dit :

    Et je jalouse aussi la chance d’avoir eu d’assister à une animation pédagogique de Britt-Mari Barth! J’ai découvert sa méthode grâce à un prof passionné à l’iufm et je l’applique souvent… Mais encore jamais en arts! Quelle excellente idée :-)) merci encore

    OlivierI

    Mercredi 13 Avril à 09:51

    Hello Djoum, et merci ! Effectivement, c’était très intéressant. Comme je le dis souvent, une anim péda intéressante, c’est comme une inspection : au mieux c’est une fois tous les 3 ans Je connaissais sa méthode pour l’avoir travaillée en étude de la langue, mais c’est vrai qu’en arts, c’est intéressant à tenter également.

  5. OlivierI

    dit :

    Hello Djoum, et merci ! Effectivement, c’était très intéressant. Comme je le dis souvent, une anim péda intéressante, c’est comme une inspection : au mieux c’est une fois tous les 3 ans Je connaissais sa méthode pour l’avoir travaillée en étude de la langue, mais c’est vrai qu’en arts, c’est intéressant à tenter également.

  6. Carocapucine
    dit :

    Nous avouns eu droit à une animation avec Françoise Barbe-Gall cette année : un vrai régal également ! Je conseille vraiment ses ouvrages.


  7. Lala78
    dit :

    Encore un très bel article

    OlivierI

    Jeudi 14 Avril à 08:50

  8. OlivierI

    dit :

     

  9. Djoum
    dit :

    Mon banquier et mon conjoint ne te remercient pas mais mon fils et moi si! Nous venons de découvrir « Mes ptits bateaux » (et oui il y en a encore dans cette collection que je n’ai pas ;-)) et quelle merveille 😉 Merci donc :-p

    OlivierI

    Vendredi 15 Avril à 09:42

    Encore un de cette collection qui est magnifique ! En même temps, on est sûr de ne pas se tromper avec eux ! (quoique, le dernier sur Bosch ne m’a pas emballé du tout…)

  10. OlivierI

    dit :

    Encore un de cette collection qui est magnifique ! En même temps, on est sûr de ne pas se tromper avec eux ! (quoique, le dernier sur Bosch ne m’a pas emballé du tout…)


  11. BigBoom
    dit :

    Encore un bel article très complet, j’adore Monet, j’ étais allée visiter sa maison et ses jardins à Giverny, un moment  délicieux! Merci pour ce partage Olivier

    OlivierI

    Samedi 16 Avril à 14:57

    J’ai pas encore eu cette chance  mais c’est sur ma To do list pour le jour où je serai dans cette région !

  12. OlivierI

    dit :

    J’ai pas encore eu cette chance  mais c’est sur ma To do list pour le jour où je serai dans cette région !


  13. auléric
    dit :

    merci pour cet article très clair et pour la mine des documents. x

    OlivierI

    Samedi 16 Avril à 14:57

    Avec plaisir !

  14. OlivierI

    dit :

    Avec plaisir !


  15. auléric
    dit :

    J’en profite, je glisse le lien de ce que nous avons fait nous sur ce thème (étudié plus rapidement sur une séance d’observation puis la réalisation en  3 phases )
    http://cartablecie.eklablog.com/nympheas-de-monet-version-cm2-a125679956


  16. MultiK
    dit :

    Wouaw, cet article est tellement complet… Merci , j’avais traité ce sujet lors d’un voyage à Paris avec les élèves, si ça se reproduit, je saurai où aller….

    OlivierI

    Dimanche 17 Avril à 09:04

  17. OlivierI

    dit :

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La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

C’est kitsch… Une coquille saint jacques, des anges, un bord de mer. Et pourquoi pas un dauphin qui saute devant un couché de soleil ? Mais qu’est ce qui te plait là-dedans ?

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Premiers coups d’oeil sur le tableau : on ne voit qu’elle, cette femme nue en plein milieu ! C’est qui ? Et qu’est-ce qu’elle fait à poil ? Y a bien deux anges dans le coin mais ça ne m’aide pas à mieux comprendre… Et à droite, un quatrième personnage vient aider la demoiselle à s’habiller (une intervention du CSA ?). Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Elle sort d’où cette coquille saint jacques ?

On retourne à la pêche (hahaha !) aux indices : on est en bord de mer et on distingue une forêt sur la côte. Ça nous avance pas beaucoup…

Si on prive le tableau de son titre, il faut avouer que sa lecture n’est pas évidente !

 La scène se passe sur les côtes de l’île de Cythère, une île grecque bordée par la mer Égée et la Méditerranée. La mer est calme et représentée de manière minimaliste car ce n’est pas le sujet du tableau.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Difficile de s’appuyer sur la scène représentée pour définir la période de création : il s’agit d’une interprétation d’un texte issu de la mythologie grecque. Ce grand classique est l’oeuvre de Sandro Botticelli, un peintre italien du XVe siècle.

Il a été peint vers 1485, en plein milieu de la Renaissance (1420-1560). On peut noter que Botticelli était un peintre florentin, ville berceau de la Renaissance italienne,mouvement qui s’est ensuite répandu dans le reste de l’Europe.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Allez, on perce le mystère du tableau ! Comme son nom l’indique, ce tableau représente le moment de la naissance de Vénus, déesse de la beauté (Aphrodite chez les romains).

Ouranos, le dieu du ciel et Gaïa, déesse de la Terre, eurent plusieurs fils. L’un d’eux, Cronos, se révolta contre son père tyranique. Il lui coupa le sexe avec une faucille et le jeta dans la mer. C’est ainsi que naquit Vénus, fille du ciel et de la mer.

C’est bien parce qu’elle vient de naître que Vénus est nue.

A son pedigree, on peut ajouter qu’elle est non seulement déesse de la beauté, mais aussi de l’amour, de la séduction et elle est aussi associée à la fertilité, la prospérité et la sexualité.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli
La naissance de Vénus, Sandro Botticelli Sur la gauche, ce ne sont pas des anges qui sont représentés. Il ne s’agit pas d’une peinture religieuse. Le personnage qui a la peau la plus foncée est Zéphyr, dieu du vent. Il est en train de souffler sur Vénus pour la ramener sur la rive. Dans ses bras, c’est Aura, sa femme, déesse des fleurs et Vent du printemps. C’est grâce à elle qu’une pluie de fleurs accompagne cette naissance.
Enfin, le dernier personnage est l’une des trois Heures, filles de Zeus et portière de l’Olympe (l’endroit où vivaient les dieux dans la mythologie grecque). Les Heures représentaient chacune une saison (en ce temps là, on ne distinguait pas l’automne de l’hiver). Celle-ci est le Printemps. On la reconnait notamment aux bleuets qui ornent sa robe. Elle accueille Vénus sur terre et s’apprête à la couvrir d’une toge. J’ai aussi lu qu’il pourrait s’agir de l’une des Grâces, les compagnes habituelles de Vénus. La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

 Ce tableau, malgré son titre, représente donc l’arrivée de la déesse sur les côtes de Cythère, telle que l’avait décrite les poètes de l’Antiquité.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Comment souvent dans les tableaux, quelques éléments plus importants qu’on pourrait le penser se sont glissés dans composition.

D’abord, les roseaux. Tout comme Vénus est la déesse de la fertilité, leur expansion très rapide en font le symbole de la fertilité, d’où leur présence.

Le thème du Printemps est omniprésent dans l’image. Aura, vent du printemps, répand des roses sur son passage, fleurs de l’amour et de la beauté (tiens, tiens). L’Heure qui accueille Vénus porte une ceinture de fleurs autour de la taille. Sa robe en est décorée, tout comme le manteau qui va enveloppé la déesse. Le printemps est associé à la renaissance de la végétation et de la nature en général après la période hivernale. C’est donc naturellement lui qui devait être représenté dans cette scène.

Enfin, le gros coquillage, assez énigmatique c’est vrai. Posons-nous tout d’abord la question de son utilité. Sans lui, Vénus arriverait sur les côtes à la nage et serait immergée. Impossible de pouvoir admirer sa beauté parfaite ! Il fallait donc une embarcation. Le choix de cette coquille s’explique sans doute par ses courbes et ses couleurs douces, parfaites pour accompagner Vénus. On peut aussi y voir le fait que Vénus serait la perle sortie de la coquille.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Côté couleurs, on note qu’elles sont claires, douces sur la majorité du tableau. L’ambiance est apaisante. On s’aperçoit que la seule zone sombre est à droite, sous l’arbre. C’est parce que Vénus n’y est pas encore arrivée. On imagine qu’elle va chasser l’obscurité.

La lumière n’est pas naturelle dans le tableau : prenons l’exemple du personnage central. Il ne produit pas d’ombre, comme si Vénus était elle-même source de lumière.

Et côté composition, la construction est faite autour d’un triangle dont l’un des sommets est au dessus de la tête de Vénus :

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Le triangle supérieur à gauche parait suspendu. Les personnages donnent l’impression de basculer vers Vénus. Ce mouvement est renforcé par les vêtements qui flottent et les fleurs qui tombent.

Les courbes de Vénus, en forme de S, soulignent sa sensualité.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Une autre particularité de ce tableau, c’est le contour marqué autours des personnages, ce qui donne un style « dessinateur »  plus contemporain.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Sandro Botticelli est un peintre italien du XVe siècle (le quatrocento – 1400-1499 en Italie). Il était originaire de Florence, le berceau de la Renaissance. Son talent lui permit d’entrer au service des Médicis, la famille la plus puissante, celle qui « régnait » sur la ville. Parmi ces oeuvres majeures, on peut citer Le Printemps, ou encore sa participation à la décoration de la chapelle Sixtine.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Pour la petite histoire, cet autoportrait du peintre est tiré de l’une de ses autres oeuvres : L’adoration des Mages (il est en bas à droite). Les trois rois mages sont des représentations des membres de la famille Médicis, qui ont passé la commande. Les autres personnages du tableau sont des proches de la famille. Botticelli s’y est peint et il y regarde fièrement le spectateur, il sait qu’il a réussi.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Le modèle dont s’est inspiré Botticelli est Simonetta Vespucci, elle aussi florentine. Elle faisait partie de la cour des Médicis et elle était considérée comme la plus belle femme de son époque. Elle meurt prématurément à l’âge de 23 ans. Botticelli ne l’oubliera pas et ce tableau sera peint 9 années après sa disparition. D’ailleurs, l’artiste demandera à être enterré aux pieds de Simonetta.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Ouais, c’est vrai. Et même que c’est fait exprès ! On a évoqué tout à l’heure le fait que Vénus venait de naître, ce qui expliquait sa nudité. Il faut noter que cette peinture est l’une des premières à montrer une femme nue depuis près de 1000 ans ! La période qui l’a précédée est le Moyen-Âge au cours duquel c’est la peinture religieuse qui est l’unique sujet des peintres. Au cours de cette période, le seul corps féminin montré par les artistes était celui d’Eve, tentée par le Serpent et chassée du Paradis. Sa nudité était associée à la honte d’être faible, elle a désobéi à Dieu. Pour les catholique, la nudité renvoie l’humain à sa condition animale alors que la religion met en avant le côté spirituel.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Ici, et pour la 1e fois, c’est le contraire. Dans ce tableau, on voit l’apparition de la beauté (et de la perfection) sur Terre. La nudité est utilisée pour montrer la perfection de la déesse, son corps n’est pas caché, elle ne peut pas tricher. Vénus est parfaite et on le voit !

A noter tout de même que la tradition veut que Vénus reste convenable. On voit qu’elle se cache la poitrine d’une main et dissimule son pubis avec ses cheveux (un geste calqué sur une statue appelée Venus pudica).

Tant qu’on parle d’elle, la posture qu’elle prend est connue sous le terme de Contrapposto. L’une des deux jambes porte le poids du corps, l’autre est laissée libre et légèrement fléchie. La ligne des épaules est opposée à la ligne des hanches. Cette position était beaucoup utilisée dans l’Antiquité.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Pour faire bref, la Renaissance est notamment caractérisée par la re-découverte des techniques et des idées de l’Antiquité grecque et romaine (re-naissance). Il marque un tournant, une rupture avec l’art médiéval.

A partir de cette époque-là, les artistes s’autorisent à peindre le nu pour lui-même, il devient un sujet à part entière. Les paysages prennent de l’importance, notamment pour les peintres flamands. Les peintures profanes se développent. Les portraits, qui étaient présents au Moyen-Âge, quittent leur traditionnel profil pour laisser plus de liberté aux peintres.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Pour réaliser l’exploitation, j’ai choisi de m’appuyer sur la génialissime collection Pont des arts, et sur l’album Le peintre de la beauté, joliment écrit par Alice Brière-Haquet et magnifiquement illustré par Judith Gueyfier (à découvrir par  en cliquant sur l’image ).

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

J’ai eu un gros coup de coeur pour cet album car, au delà des illustrations et du texte égaux à la qualité que la collection a l’habitude de nous proposer, le récit mêle habillement la fiction et l’histoire de la création du tableau : l’admiration (l’amour ?) de Botticelli pour Simonetta Vespucci, la commande des Médicis, la réalisation de la commande qui arrive après le décès du modèle. J’ai aussi beaucoup aimé les sensations qui sont amenés par l’auteur : les odeurs (des roses, du bord de mer), le bruit du vent qui souffle dans les arbres ou du clapotis des vagues, la sensation du courant d’air (le souffle de Zéphyr ?)… Cette entrée sensible dans le tableau m’a séduit !

Voici la présentation de l’éditeur :

« Pour trouver l’inspiration, Sandro se promène dans ses souvenirs : du parfum des roses du jardin aux perles des huîtres qu’il allait pêcher… Apparaît alors la belle Simonetta, son premier amour. Et si c’était elle, la beauté ? Dans la pénombre de son atelier, Sandro se questionne… Vénus en personne viendra lui souffler la réponse. Le peintre tient son tableau ! C’est Vénus qu’il représentera mais avec les traits de Simonetta, son amour perdu. L’illustratrice, Judith Gueyfier, donne à ses personnages la douceur des visages, le velouté des regards, les ondoyantes chevelures du maître florentin. Quel plaisir, quelle beauté ! Nous retrouvons dans l’album les tons bleus et les motifs de chardons et de roses, les positions de la déesse et de sa suite. Simonetta et la déesse ne font qu’une au fur et à mesure de l’ouvrage et introduisent superbement La Naissance de Vénus de Botticelli. »

La séance et les documents élève

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La fiche méthode pour entrer de manière sensible dans le tableau :

Entrer de manière sensible

 La trace écrite (sur le modèle de Cenicienta)

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Une jolie idée que j’ai trouvée chez Fodio (A portée de notes) : il s’agit de poursuivre sur le thème de la beauté, mais non pas de la garder sous son aspect universel, plutôt de la personnaliser. Je vous laisse découvrir son exploitation :

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

16 pensées sur « La naissance de Vénus, Sandro Botticelli ! »


  1. Teacher Charlotte
    dit :

    Comme d’hab c’est super intéressant! Et drôle! Merci beaucoup!
    Enfin je ne sais pas si je dois te remercier car, moi qui ne fait que du Français et des Maths du fait de mon poste de PDM,  l’art visuel et l’histoire de l’art me manquent encore plus à cause de tes articles! 😉


  2. OlivierI
    dit :

    Merci Charlotte ! Ce qui est bien  avec toi, c’est qu’à chaque article j’ai un p’tit mot sympa
    Soigne toi bien  !


  3. Craie hâtive
    dit :

    Wahou ! Très intéressant. Merci beaucoup pour ce riche partage.
    Je travaille sur la mythologie grecque avec ma classe. Nous avons « assisté » à la naissance d’Aphrodite et nous venons de lire l’épisode où Héphaïstos demande sa main. C’est le moment parfait pour s’intéresser à ce tableau !

    OlivierI

    Dimanche 31 Janvier à 10:17

    Merci Craie Hâtive ! Effectivement, le timing est parfait ! A très vite de l’autre côté du rideau !

    Craie hâtive

    Dimanche 31 Janvier à 12:28

    J’ai hâte !

  4. OlivierI

    dit :

    Merci Craie Hâtive ! Effectivement, le timing est parfait ! A très vite de l’autre côté du rideau !

  5. Craie hâtive

    dit :

    J’ai hâte !

  6. Céline
    dit :

    Excellent! Un grand merci.

    OlivierI

    Dimanche 31 Janvier à 10:18

  7. OlivierI

    dit :

     

  8. enclasse
    dit :

    J’en suis muette , bouche bée… admirative devant une telle présentation ! Merci de ma part et de la part surement de tous ceux qui, comme moi, ont une culture très limitée en histoire des arts.

    OlivierI

    Dimanche 31 Janvier à 10:19

    Ravi de pouvoir t’être utile Pascale !

  9. OlivierI

    dit :

    Ravi de pouvoir t’être utile Pascale !


  10. classedechouettemama
    dit :

    Superbe! Quel travail ! Merci pour ce partage!

    OlivierI

    Dimanche 31 Janvier à 10:19

    Et merci à toi pour ton passage et ton message !

  11. OlivierI

    dit :

    Et merci à toi pour ton passage et ton message !


  12. BigBoom
    dit :

    Document de très grande qualité comme d’habitude, J’avais travaillé dessus mais de façon beaucoup beaucoup plus simple, c’est ici http://a-cartable-ouvert.eklablog.fr/la-naissance-de-venus-de-sandro-botticelli-revisitee-a107415928, si tu veux jeter un oeil, puis-je mettre un lien vers ton blog à la fin de mon article pour le signaler? Bon dimanche

    OlivierI

    Dimanche 31 Janvier à 20:18

    Comme si t’avais besoin de demander BigBoom !Je vais aller jeter un oeil chez toi du coup.

  13. OlivierI

    dit :

    Comme si t’avais besoin de demander BigBoom !Je vais aller jeter un oeil chez toi du coup.


  14. BigBoom
    dit :

    Cool! Ça y est, j’ai mis le lienMerci à toi et belle soirée

    OlivierI

    Mercredi 3 Février à 16:56

    Merci BigBoom !

  15. OlivierI

    dit :

    Merci BigBoom !


  16. Crayons de Soleil
    dit :

    C’est super, comme toujours Olivier !!  Du coup, je les trouve un peu bof mes articles sur les oeuvres d’art…

    OlivierI

    Mercredi 3 Février à 08:14

    Mais t’es pas bien ?!! On n’a pas exactement la même approche, c’est tout. Oublie pas que j’ai beaucoup appris en venant chez toi !

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Le tricheur à l’as de carreau, Georges de La Tour

Le tricheur à l’as de carreau, Georges de La Tour

« A moi la garde ! »

Mais qu’est-il en train de se passer dans cette scène ?

Le tricheur à l'as de carreau

Le tricheur à l'as de carreau

Sur cette scène, quatre personnages se tiennent devant nous. Trois sont en train de faire une partie de cartes tandis que la dernière apporte un verre à l’un d’eux. Les trois joueurs sont élégants. Celui de droite a l’air particulièrement riche au vu de sa tenue, et au vu de son tas de pièces, c’est lui qui a la main sur la partie ! La demoiselle n’est pas en reste avec son magnifique collier de perles ! Quoique le joueur de gauche parait un peu plus négligé : ses cocardes sont défaites (les noeuds sur l’épaule).

Rien ne bouge, tout semble suspendu mais pourtant quelque chose cloche dans cette scène…

Le tricheur à l'as de carreau

Dans ce tableau encore, ce sont les habits qui vont nous aider à identifier l’époque. Les vêtements sont très ouvragés, pleins de dorures, les coiffes et la ceinture du personnage de gauche permettent de se faire une idée.

Le tricheur à l'as de carreau

Le tableau date d’environ 1635. C’est l’oeuvre de Georges de La Tour, un peintre français. Il a été très influencé par Le Caravage, un peintre italien dont il était contemporain.

Ce tableau est un exemple de clair-obscur, très courant à cette époque-là. Il s’agit de plonger la scène dans la pénombre pour donner un côté dramatique, en mettant en lumière les éléments importants.

Le tricheur à l'as de carreau

Ce qui rend l’ambiance étrange, ce sont ces regards en coin que se lancent les personnages. Pas celui du jeune riche à droite, lui il ne comprend rien à ce qui se passe. Qu’il est naïf ! Il ne voit pas plus loin que le bout de son nez et il est concentré sur son jeu. Après tout, c’est lui qui est en train de gagner, il est sûr de lui et détendu.

Et regardez sa voisine :  son regard est dirigé vers la servante. Dont le regard est lui-même dirigé vers le personnage de gauche. Mais lui, qu’est-ce qu’il zyeute ? Ben toi ! Oui toi, derrière ton écran !

Le tricheur à l'as de carreau

Il veux te prendre à parti, attirer ton regard sur lui et que tu sois témoin de ce qui se passe. Témoin et du coup complice. Ça ne vous aura pas échappé, le vil individu a glissé sa main dans son dos et ce n’est pas pour se gratter. Il tire un as de sa ceinture et nous regarde l’air de dire « t’as vu ce qui se passe ? ».

C’est une grande arnaque ! Les trois personnages sont complices et c’est ce jeu de regard qui permet de le comprendre. La courtisane attire notre attention directement en nous montrant du doigt la direction à regarder.

Le tricheur à l'as de carreau

Et le verre de vin qui arrive, on imagine bien qu’il est destiné au jeune homme qui va se faire plumer ! Enivré, il ne verra rien arriver.

Une preuve plus subtile de la complicité des personnages : regardez les motifs qui se trouvent sur le col du tricheur et sur la brassière de la servante. Intrigant, non ?

Le tricheur à l'as de carreau, Georges de La Tour

Le tricheur à l'as de carreau, Georges de La Tour

Le tricheur à l'as de carreau

Trois vices sont représentés à travers les trois tricheurs. Le voleur représente le jeu, la servante représente l’ivresse et la courtisane symbolise la luxure. Au XVIIe siècle, c’était les trois dangers que les hommes redoutaient. D’ailleurs, à cette époque, les jeux de hasard sont refusés par l’Eglise car ils mènent à la débauche et font voler les patrimoines en poussière.

La morale de l’histoire pourrait être « Reste loin de la tentation, du jeu et de l’alcool au risque de tout perdre ».

On peut y voir également une interprétation de la parabole biblique de l’Enfant prodigue.

Le tricheur à l'as de carreau

On a déjà évoqué le jeu des regards entre les personnages. Celui-ci guide la circulation de notre oeil dans la lecture de l’image. On va partir de la courtisane qui est en pleine lumière pour se diriger vers le tricheur dont le visage est dans l’ombre.

Du point de vue de la répartition des masses, on peut détacher deux blocs. Le premier est composé des 3 acolytes : ils sont massés, collés. La tête du tricheur touche l’épaule de la servante et la main de la servante est au niveau de l’épaule de la courtisane.

Ces contacts ont aussi lieu au niveau de leurs mains. Celles-ci se rejoignent dans un espace restreint et forment un triangle qui vient mettre en avant la connivence entre ces personnages. Ce fragment de l’oeuvre suffit à regrouper le jeu, la richesse, la luxure et la boisson.

Le tricheur à l'as de carreau, Georges de La Tour

A l’opposé de ces trois escrocs, le jeune riche est seul, détaché dans l’espace. La composition du tableau est donc au service de la narration : seul contre tous.

La lumière du tableau nous raconte la même histoire. La lumière provient d’une source unique. A voir l’ombre portée sur la table (sous le coude du voleur), elle arrive dans le dos de celui-ci et cette source est située en hauteur, hors cadre. Elle est assez dure (la délimitation entre ombre et lumière est nette), ce qui donne un côté dramatique à la scène. Quand on regarde la manière dont l’arrière plan est éclairé, on s’aperçoit qu’il est plongé dans la pénombre, sauf derrière le personnage de droite. Cet effet renforce l’idée d’une opposition manichéenne.

 Le tricheur à l'as de carreau

Les tricheurs, Le Caravage – 1595

Le tricheur à l'as de carreau

Cette oeuvre a certainement influencé de La Tour. Dans celle-ci, le complot est flagrant et saute aux yeux alors que dans notre tableau, les relations entre les personnages sont un peu plus fines. Ici, on voit clairement le personnage du centre regarder le jeu de l’adversaire et faire un geste de la main pour l’indiquer. On retrouve la carte saisie dans la ceinture par le joueur.

Le tricheur à l’as de trèfle, Georges de La Tour – vers 1630 – 1634

Le tricheur à l'as de carreau

Cette toile ressemble fortement à la nôtre, mais la couleur de l’as joué n’est plus la même. Il y a encore quelques autres différences.

La diseuse de bonne aventure, Georges de La Tour, 1630

Le tricheur à l'as de carreau

Ici, ce ne sont pas les mêmes péchés qui sont dénoncés, mais la naïveté. Le jeune crédule est tellement concentré sur ce que lui dit la diseuse de bonne aventure qu’il ne sent même pas qu’on lui fait les poches.

La partie de cartes : extrait de Marius (Marcel Pagnol). Une scène de la même nature que celle étudiée : des joueurs trichent pendant une partie de cartes. A voir à partir de 1’23. La vidéo est à retrouver en QR-code dans la trace écrite.

Le tricheur à l'as de carreau

  Le tableau sera présenté par dévoilement progressif. A chaque étape, la classe doit décrire et construire du sens.

Cliquez sur l’image pour télécharger le fichier (Powerpoint).

Le tricheur à l'as de carreau

1° Un jeune homme, élégant, bien habillé, vraisemblablement riche. Au vu de ses habits, la scène n’est pas récente. Que regarde-t-il ?

2° Un femme à côté de lui. Elle parait riche aussi. Elle regarde sur le côté, mais quoi ?

3° C’est une autre femme ; elle regarde elle aussi dans une autre direction. Mais quoi ?

4° Un homme, et c’est nous qu’il regarde, mais pourquoi ? Et que font-ils tous ?

5° Ah ! On voit qu’ils jouent aux cartes.

6° Du vin ? Tiens donc, pourquoi ?

7° L’homme joue avec lui. Et que nous montre la main de cette dame ? (Et j’ai oublié de mettre l’image où l’on voit que de l’argent est en jeu)

8° Oh ! L’homme tire une carte de son dos, un as ! Il triche !

On va ensuite revenir sur le jeux des regards.  Les trois complices se regardent les uns les autres, et le tricheur regarde le spectateur qui devient complice de la scène lui aussi. On devine que le jeune coq va se faire plumer !

 Si des lignes blanches apparaissent lorsque vous ouvrez le document, cliquez ensuite en haut à droite de la fenêtre sur Télécharger, puis Ouvrir avec

 La séance, les documents élèves et une reproduction :

Le tricheur à l'as de carreau, Georges de La Tour

La fiche de trace écrite est faite sur le modèle de Cenicienta :

Le tricheur à l'as de carreau

Je joins de nouveau le tableau en dessin au trait pour ceux qui le voudront en plus grand. Il faut y replacer les regards des personnages (la clé pour comprendre le tableau), et on va pouvoir venir y faire figurer des information sur la lumière, la composition et les lignes de force. Il fait office de trace mémoire pour les élèves.

Le tricheur à l'as de carreau

La collection Pont des Arts (je vous la présente ici) propose un album tiré de ce tableau. Il s’agit de La malédiction de Zar :

Le tricheur à l'as de carreau

« Nous voici dans un monde peuplé de cartes qui se jouent d’un tricheur. Quand Zar comprend qu’il est condamné à perdre toutes les parties qu’il entame, son destin prend une autre tournure. Il remarque Fanny, la femme qui lui apporte ses repas, et décide de l’aider à se racheter : il s’empare de pièces d’or en semant le trouble pendant une partie. Cet élan sauvera Fanny et le sauvera aussi !
Les illustrations de Xavière Devos jouent sur le clair-obscur cher à Georges de La Tour. Les visages comme les vêtements de ses personnages sont d’une grande délicatesse. Un véritable hommage à ce peintre ! »

Je ne pense pas utiliser l’album pour exploiter le tableau, mais le lire à la classe, juste pour le plaisir !

La lumière

En pratiques éclairantes, il est possible de travailler sur le clair-obscur.  Voici une activité tirée de Histoires d’arts en pratiques, de Patrick Straub :

 La lumière

 Si des lignes blanches apparaissent lorsque vous ouvrez le document, cliquez ensuite en haut à droite de la fenêtre sur Télécharger, puis Ouvrir avec.

La lumière

Saint Joseph Charpentier,

Georges de La Tour, entre 1638 et 1645

La lumière

L’astronome,

Johannes Vermeer, 1668

La lumière

Les joueurs de dés,

Georges de la Tour, vers 1640

La lumière

Le souper à Emmaüs,

Le Caravage, 1601-1602

La lumière

La Dame à l’hermine,

Léonard de Vinci, 1488-1490

 La lumière

Les raboteurs de parquets,

Gstave Caillebotte, 1875

Merci à Florent Denéchère pour son coup de projecteur sur mon travail !

9 pensées sur « Le tricheur à l’as de carreau, Georges de La Tour ! »

  1. cathy
    dit :

    Merci pour ce magnifique éclairage

    OlivierI

    Dimanche 13 Décembre 2015 à 16:38

  2. OlivierI

    dit :

     

  3. Lala78
     
    dit :

    Encore un superbe article qui fait vivre l’oeuvre à sa lecture…
    J’adore le dévoilement progressif avec le tableau en « morceaux »
    Merciiiiiiiiiiiiiiiiii mon filleul

    OlivierI

    Dimanche 13 Décembre 2015 à 16:40

    Merci de ton passage et de ton p’tit mot ma Lala !Oui, le dévoilement progressif est intéressant et riche à faire vivre, j’aime beaucoup aussi !

  4. OlivierI

    dit :

    Merci de ton passage et de ton p’tit mot ma Lala !Oui, le dévoilement progressif est intéressant et riche à faire vivre, j’aime beaucoup aussi !

  5. verito
    dit :

    Quel magnifique travail, détaillé, approfondi, qui rend cette oeuvre totalement accessible aux élèves (et à leur enseignante !). Merci beaucoup pour ce travail et ce partage.

    OlivierI

    Dimanche 13 Décembre 2015 à 16:42

    Avec plaisir Verito !Et merci de ta lecture et de ton message

  6. OlivierI

    dit :

    Avec plaisir Verito !Et merci de ta lecture et de ton message


  7. Teacher Charlotte
    dit :

    J’y vois plus clair en qui concerne le terme clair-obscur… Et tout le reste! Merci pour cet article éclairant, ton style lumineux, et le contenu passionnant! Je t’admire et te jalouse pour tout  ça! 😉

    OlivierI

    Dimanche 13 Décembre 2015 à 21:05

    Merci Charlotte ! Y a pas grand chose à me jalouser, tu sais Je suis passé chez toi ce soir pour préparer mon article du mois !

  8. OlivierI

    dit :

    Merci Charlotte ! Y a pas grand chose à me jalouser, tu sais Je suis passé chez toi ce soir pour préparer mon article du mois !


  9. VAL 10
     
    dit :

    Un article très riche, pour une séquence d’une grande richesse aussi, merci beaucoup !

    OlivierI

    Samedi 19 Décembre 2015 à 09:17

    Avec plaisir !

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Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

 Vous l’avez certainement déjà vu, ce tableau. Mais savez-vous ce qu’il représente ?

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

On y voit le portrait de deux jeunes personnes qui se donnent la main. La scène se passe en intérieur et semble ne pas être récente : le mobilier et les vêtements sont un peu rétro. Et à y regarder de plus près, c’est le bazar : deux paires de chaussures qui trainent, y a des fruits posés devant la fenêtre et même le chien qui s’incruste dans la composition ! Tout ça parait négligé ^_^
Trêve de plaisanteries, à bien y regarder, on voit un lustre sur lequel une seule bougie est allumée, un miroir accroché au mur, une inscription au dessus de celui-ci et un lit sur le côté de la pièce. Les vêtements sont ouvragés, on voit de la dentelle et de la fourrure. Elle a la main posée sur son ventre rebondi et lui lève la main droite.
Nous ne sommes pas chez n’importe qui : voici le couple Arnolfini, de riches marchands italiens établis à Bruges. Et il y a fort à penser que les températures étaient fraiches en cette saison.

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

 Alors ? D’après vous ?

Cette oeuvre date de la fin du moyen-âge. Elle a été peinte en 1434. On peut le deviner en regardant les vêtements des personnages, mais aussi grâce à la paire de chausses posées au premier plan. Ces galoches s’enfilaient par dessous les chaussures pour ne pas les salir dans les rues boueuses.

Certes, c’est maigre comme indices et ce serait encore valable 200 ou 300 ans plus tard.

C’est un tableau qui date du début de la Renaissance. L’artiste, Jan Van Eyck, est aussi connu pour La Vierge au chancelier Rollin. Il est également connu pour avoir perfectionné la peinture à l’huile. Jusque là, les peintres utilisaient des peintures à l’eau qui séchaient très vite, et qui ne permettaient pas de revenir sur les détails pour les travailler. Grâce à ce nouveau médium qui sèche beaucoup plus lentement, Van Eyck a pu travailler avec beaucoup de minutie son tableau.

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Comme le titre du tableau l’indique, ce sont des époux. Bien qu’il existe encore un débat et des questions sur la scène représentée, le plus probable est qu’elle représente un mariage. Ils pouvaient être célébrés à domicile à cette époque. Lui lève la main droite en signe de serment, elle a la main sur le ventre en signe de promesse de fécondité. Parce que non, elle n’est pas enceinte, pas encore. Mais au moyen-âge, les femmes avaient comme rôle essentiel d’engendrer des héritiers et elles étaient représentées dans ce sens.

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

 Le peintre a glissé quelques éléments dans le tableau qui ont en réalité une signification symbolique.

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Le chien n’est pas là pour nous montrer l’attachement que ses maîtres lui portaient. Il représente la fidelité. Et l’unique lumière qui brille sur le lustre ? C’est en fait une présence divine. Elle représente l’oeil du Christ. A cette époque, il était de coutume d’en offrir une aux jeunes mariés afin que le Christ ait un oeil sur eux et les protège. D’ailleurs, la religion est également présente avec le chapelet accroché au mur et les scènes de vie du Christ gravés tout autour du miroir. Enfin, la pomme est là pour nous rappeler un autre couple célèbre, Adam et Eve, et le danger de la tentation.

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Et regardons de plus près. Jetons un oeil sur le miroir au fond de la pièce. On aperçoit les deux jeunes mariés de dos mais, tout au fond, regardez bien ! On voit deux personnages de plus : l’un en blanc/bleu et l’autre en rouge. Et l’un d’entre eux est Jan Van Eyck en personne. Et comme il voulait vraiment qu’on le sache, il a même tagué le mur ! Au dessus du miroir, on peut lire « Jan de eyck fuit hir 1434 » (Jan Van Eyck était ici). Il voulait signaler sa présence, insister sur le fait qu’il a vraiment été témoin de cette scène. C’est d’ailleurs une nouveauté pour les peintres de signer leurs tableaux pour l’époque.

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Voici une séance qui a permettre de faire découvrir tout ça aux élèves. La découverte de l’oeuvre se fera quelques jours avant. On expose un reproduction et on les laisse aller la découvrir, s’en imprégner. Le jour de la séance, 4 groupes vont entrer dedans de manière différente :

1) On demandera au premier groupe de ramener un objet, une image, un texte, bref quelque chose qu’il va mettre en relation avec ce tableau, et devra expliquer le lien qu’il fait.

2) Le second groupe va entrer dans le tableau de manière sensible : il va faire fonctionner son imagination et essayer de deviner ce que ses sens capteraient s’ils pénétraient dans le tableau : que verraient-ils d’autre (hors cadre), quelle odeur y règne, quelles sensations tactiles ils auraient, quels bruits entendraient-ils, y a-t-il des goûts présents ou évoqués ?

3) Le troisième groupe se livre à une analyse technique du tableau (Clic par ici si vous êtes perdus)

4) Le dernier groupe fait une description de ce que l’on y voit.

 

Si de vilaines lignes apparaissent, notamment sur les images, lorsque vous ouvrez les documents, cliquez sur Télécharger, puis « Ouvrir avec » et choisissez votre lecteur de PDF.

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

La fiche de trace écrite est faite sur le modèle de Cenicienta :

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

L’image est HD : ouvrez-la pour l’agrandir, puis enregistrez-la pour l’avoir en pleine définition.

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

La fiche du groupe 1:

Introduire une oeuvre d'art

La fiche du groupe 2 :

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Pour le groupe 3, je vous renvoie aux traces écrites des leçons sur le sujet

(Les lignes de force, La lumière, La couleur, La perspective)

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Bon, mea culpa, je n’ai pas préparé les pratiques éclairantes. MAIS, je m’en sors bien, le génialissime livre de Patrick Straub, Histoire d’arts en pratique, propose justement cette page-là en extrait à découvrir. Il nous propose de faire tester aux élèves la différence entre la peinture à l’eau et celle à l’huile pour se rendre compte de leurs différences et des différentes possibilités qu’elles offrent.

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Pour la trace écrite, vous aurez également besoin de la fiche Exprimer son ressenti face à une oeuvre :

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

10 pensées sur « Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck ! »

  1. Djoum
    dit :

    Que cest bien!! Mais que cest bien!! Merciiiii

    OlivierI

    Dimanche 8 Novembre 2015 à 19:29

    Merci Djoum ! Comment s’est passée ta reprise (si tu as repris de ton congé mat’) ?

    Djoum

    Jeudi 12 Novembre 2015 à 16:20

    Oui oui j’ai repris à la rentrée. J’ai changé d’école, j’ai maintenant des CM donc je cours, je cours 😉 Il faut que je prenne le temps d’installer mon travail en arts cette année car ton blog m’a vraiment donné des tas d’idées mais je n’ai pas le temps

  2. OlivierI

    dit :

    Merci Djoum ! Comment s’est passée ta reprise (si tu as repris de ton congé mat’) ?

  3. Djoum

    dit :

    Oui oui j’ai repris à la rentrée. J’ai changé d’école, j’ai maintenant des CM donc je cours, je cours 😉 Il faut que je prenne le temps d’installer mon travail en arts cette année car ton blog m’a vraiment donné des tas d’idées mais je n’ai pas le temps

  4. cathy
    dit :

    Génial. Merci

    OlivierI

    Dimanche 8 Novembre 2015 à 21:00

  5. OlivierI

    dit :

     
  6. Mayleb
    dit :

    Un souvenir de fac: j’avais pris une UV HDA et c’est un des tableaux du programme de cette année-là. Ta présentation est encore plus complète que celle de ma prof ! Bravo !


  7. ptitejulie
     

dit :

Wahouuuuu!
Ben moi j’ai fait 2 ans d’HDA à la fac, et c’était rarement si intéressant… Merci beaucoup, je transmets à mes collègues puisque je ne fais malheureusement pas art!

OlivierI

Mercredi 11 Novembre 2015 à 11:06

Merci Julie !

 

  • OlivierI

    dit :

    Merci Julie !

  • Nannemiel
    dit :

    Merci pour ce nouveau travail d’excellent qualité !

    OlivierI

    Jeudi 12 Novembre 2015 à 21:58

  • OlivierI

    dit :

     
Jeux autour des oeuvres

Jeux autour des oeuvres

11/02/2015 : Mise à jour des activités proposées

Comme les lecteurs réguliers du blog ont dû le remarquer, je travaille énormément cette année sur les arts visuels, un domaine que j’ai négligé pendant trop longtemps, me contentant souvent d’une production assez facile à mettre en oeuvre, sans mettre trop de bazar (matériel mais aussi bruit) dans la classe. Mais j’avoue que je m’y ennuyais, et n’en trouvais pas le sens : quel intérêt, alors que les I.O. nous demandent de développer la créativité des élèves, de se retrouver 25 fois avec la même production ?

Bref, ça ne me convenait pas du tout. Et en me penchant sur certains ouvrages et en rendant visite aux cyber-collègues, j’ai commencé à comprendre ce qu’était vraiment l’enseignement des arts visuels. Je ne vais pas m’étendre dessus cette fois-ci, mais je compte écrire un article prochainement sur les ressources et les dispositifs qui me sont indispensables.

Et dans cette réflexion, je suis de plus en plus convaincu qu’il faut montrer des oeuvres à la classe, mais les montrer de manière réfléchie. Pour ceux que ça intéresse, allez rendre visite à Crayon de Soleil. Cette enseignante, qui passé son CAFIPEMF en choisissant les arts visuels comme spécialité, nous propose de très bonnes réflexions sur cet enseignement. Cet article traite justement de l’utilisation des oeuvres d’arts dans une séquence (quand ? pour quels effets, quelle utilisation ?). Pour ma part, son article est imprimé et sur l’avant de mon classeur Arts visuels !

Jeux autours des oeuvres

Et toujours chez Crayon de Soleil, j’ai trouvé une très belle citation que je vous invite à aller lire. Celle-ci nous explique en quoi l’éducation au regard est importante.

Toutes ces réflexions m’ont donc permis de prendre conscience de l’importance de voir, de montrer des reproductions, et pourquoi pas les vraies oeuvres d’art aux enfants, sans pour autant les considérer comme LA réponse à une recherche proposée, mais comme UN traitement possible.

Enfin, tout ça pour dire que les images et les reproductions occupaient à présent une place importante dans mes séquences. C’est pourquoi je vous propose ici des activités autour des oeuvres, afin que les élèves les gardent en mémoire après les avoir rencontrées.

Jeux autours des oeuvres

Les grands peintres ont leurs manières de peindre, et on les reconnait parfois au premier coup d’oeil : Bruegel, Chagall, Van Gogh… Il s’agit ici d’identifier un tableau inconnu des élèves, mais dont l’auteur et son style ont déjà été étudiés.

Une activité de quelques minutes pour ouvrir une séance d’A.V. et éduquer au regard.

Jeux autours des oeuvres

Jeux autours des oeuvres

Une autre activité pour démarrer une séance d’A.V. : à chaque tableau rencontré, on relève certains objets présents sur la toile et on les note sur un papier. On se constitue une pioche. On tire un papier au hasard et, à l’aide des objets évoqués, les élèves doivent retrouver d quel tableau il s’agit.

Jeux autours des oeuvres

Jeux autours des oeuvres

Il est aussi possible de faire un retour sur les oeuvres étudiées, ou bien partir à la découverte de nouvelles, avec une activité du type « L’oeuvre mystère ». Il s’agit de devinettes  autours de tableaux, soit à préparer en classe, soit en utilisant des activités déjà conçues. Je vous renvoie par exemple à celles présente sur le site de L’Ecole Aujourd’hui, des éditions Nathan. Il y a une activité pour les cycles 2 et une autre pour les cycles 3.

Jeux autours des oeuvres

Jeux autours des oeuvres
Cycle 2 Cycle 3

 Jeux autours des oeuvres

Cette activité a pour but de revenir sur une oeuvre déjà rencontrée, et de la représenter autrement : avec des mots, des émotions exprimées, suscitées, des détails, des silhouettes, …

Jeux autours des oeuvres

Transformation de tableau

Cette activité va permettre un retour sur une oeuvre déjà rencontrer. Plusieurs propositions de transformations sont faites, en influant sur les différents éléments du SMOG.

Transformation de tableau

Cliquez sur le tableau pour l’agrandir avant de la projeter ou de l’enregistrer.

Déjeuner sur l’herbe – Edouard Manet, 1863, huile sur toile

Transformation de tableau

Déjeuner sur l’herbe – Pablo Picasso, 1960

Transformation de tableau

Les Ménines – Diego Velasquez, 1656, huile sur toile

Transformation de tableau

Les Ménines – Pablo Picasso, 1957

Transformation de tableau

Transformation de tableau

Il est aussi possible de voir des transformations de la Joconde en cherchant « Joconderie » ou ‘Jocondoclasme » sur Google.

Voici un document sur lequel je suis tombé et qui liste les variables plastiques sur lesquelles il est possible d’influer lors d’une transformation de tableau (et plus généralement pour toute création en arts visuels) : c’est ICI.

Un album d’Anthony Brown est aussi très intéressant à montrer, feuilleter, lire, découvrir à ce moment là. Il s’agit des Tableaux de Marcel. Je vous laisser vous rendre chez Sanleane pour le découvrir. ICI également chez  L’art de Rien.

Transformation de tableau

Jeux autour des oeuvres

Il s’agit d’un rituel permettant de mettre en lien des oeuvres d’arts (de toutes natures). Chaque jour, un élève est chargé de trouver une peinture / estampe / gravure / photo / sculpture en relation avec l’oeuvre précédente. La relation établie peut concerner la couleur ou les tons dominants, l’effet produit sur le spectateur, la technique utilisée, le courant artistique, la lumière (douce, dure, sa direction), le thème, la composition, la présence d’un détail, … Vous pouvez découvrir l’article en cliquant sur l’image.

Jeux autour des oeuvres

6 pensées sur « Jeux autour des oeuvres ! »


  1. Baguf
     

    dit :

    Très intéressantes idées d’activités, il faudrait peut-être préciser qu’en ce qui concerne « l’œuvre mystère » sur le site Nathan, il est nécessaire de s’abonner et donc de payer pour pouvoir y accéder. Sinon merci pour le partage de tout !


  2. OlivierI
     

    dit :

    Merci pour ton message. ! Oui effectivement, l’abonnement est payant chez LEA, mais il me semble bien que lors de l’inscription, il suffisait d’être inscrit gratuitement.


  3. Crayons de Soleil
     

    dit :

    Coucou ! Merci beaucoup pour le lien. Tu as permis de faire revivre mon blog qui s’était un peu endormi depuis quelques temps.  Je t’ai envoyé un MP au fait.
    En tous cas, tout ce que tu proposes est génialissime !! J’adore !!!


  4. Mélodie
    dit :

    Merci pour les docs et le lien!Effectivement, 25 photocopie d’œuvres accrochées au mur n’ont pas d’intérêt!J’ai appris à  utiliser « à la manière de » en laissant les élèves libres du sujet.


  5. Djoum
     

    dit :

    Encore une merveille d’article! Prochain essai dans ma classe : le chemin d’oeuvres 😉 Merci


  6. OlivierI
     

    dit :

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Le cirque, Georges Seurat

Le cirque, Georges Seurat

Pour faire suite aux séances consacrées à la couleur, voici une séance d’histoire de l’art autour de la toile de Seurat.

Le cirque, Georges Seurat

Pourquoi ce choix ? Seurat faisait partie du mouvement des néo-impressionnistes, et plus spécifiquement des pointillistes. La particularité de ce mouvement est de peindre non pas en mélangeant des couleurs sur la palette ou sur la toile, mais en associant des points de couleurs primaires qui, optiquement, vont créer la nouvelle couleur dans l’oeil du spectateur. Il me paraissait donc intéressant de réinvestir les notions découvertes sur les mélanges de couleurs au travers de cette toile. Pourquoi ce procédé ? Le mélange direct des couleurs provoque une perte de luminosité, ce que Seurat cherchait à éviter.

Pour présenter ce tableau, j’ai choisi d’utiliser l’album Que la fête commence, de l’excellente collection Pont des Arts. Cependant, cet album n’est pas indispensable, il suffit de sauter l’étape de sa lecture (en cliquant sur l’image, vous pouvez accéder à des extraits de l’album).

Le cirque, Georges Seurat

J’ai basé l’étude du tableau autours de la question « L’écuyère va-t-elle tomber ?« . Tous les regards sont braqués vers elle, son équilibre parait très incertain vu comme elle se penche !

L’étude du tableau commence avec la découverte des personnages présents sur la tableau, puis la lecture du livre, la recherche d’une réponse à la question en s’appuyant sur des éléments du tableau, et enfin une analyse plus technique du tableau (couleurs, lignes de force, technique).

La séance

Le cirque, Georges Seurat

Le diaporama (police utilisée : Amandine, à télécharger sur Dafont)

Le cirque, Georges Seurat

Pour introduire la notion de pointillisme et de mélange optique des couleurs, j’utilise une vidéo de Petits pas vers l’art consacrée à ce tableau, et qui met en avant ce procédé.

Le cirque, Georges Seurat

 Le cirque, Georges Seurat

Pour la trace écrite, je vous propose le recto de la fiche de Cenicienta. Pour ma part, je mettrai un coup de blanco sur le cartel de l’oeuvre afin de le faire compléter par les élèves. Je complèterai ce recto avec un rapide apport théorique sur le mouvement des pointillistes (à voir ici), et un avis personnel de l’élève sur le tableau (voir la fiche ICI). On peut aussi y ajouter une reproduction de l’oeuvre (ICI)sur laquelle on colorie en rouge, jaune ou orange les éléments faisant penser à du feu, et en repassant les lignes du tableau (courbes et droites).

Le cirque, Georges Seurat

Le cirque, Georges Seurat

Quand il existe des choses bien faites, autant ne pas les recommencer. Je vous renvoie donc à l’article de Mallory. Elle nous propose un travail sur le pointillisme, à partir d’un autre tableau de Seurat, Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte. Je vous laisse découvrir son travail en cliquant sur sa bannière.

Pour ma part, je ne présenterai pas l’original en début de travail afin de laisser libre court à l’inspiration des élèves, les laisser expérimenter les mélanges de couleurs. A noter qu’un petit travail préalable sur les effets de couleurs, les zones d’ombres, etc. peut éviter des essais hasardeux au cours de la production. L’oeuvre originale ne sera montrée qu’en fin de séance, afin que les élèves comparent leur production collective à l’originale.

Quant au médium et au scripteur, il y a beaucoup de possibilités et de combinaisons. L’important est que le scripteur soit fin. On peut choisir le confort et utiliser des feutres, ou sortir la peinture avec des cotons-tiges, des cure-dents, …

Le cirque, Georges Seurat

Ou alors, pour ceux qui veulent rester sur ce tableau-ci :

Le cirque, Georges Seurat

13 pensées sur « Le cirque, Georges Seurat ! »


  1. ptitejulie
     
    dit :

    Très bel article très complet, comme d’habitude!


  2. OlivierI
     
    dit :

    Oh ben merci Julie ! J’essaie, c’est sûr !


  3. Mélimélune
     
    dit :

    Oh quel dommage ! J’ai travaillé sur cette œuvre juste avant les vacances et j’aurais tellement aimé avoir eu connaissance de ton article ! Beaucoup de superbes choses en histoire de l’art chez toi… Ça et la littérature… Comment est-ce possible tu n’étais pas encore dans mes favoris, il faut que je règle ce soucis très vite !


  4. OlivierI
     
    dit :

    Un énorme merci Méli.élune ! Effectivement, il s’agit de  deux domaines qui me plaisent particulièrement, et ça me fait vraiment plaisir que ce que je propose vous plaise !


  5. Lala78
     
    dit :

    Pour moi, il tombe a pic pour la rentrée ! Merci mon filleul et joyeux noël !


  6. OlivierI
     
    dit :

    Merci ma Lala ! J’espère  que Tu as passé un joyeux Noël en famille. Si l’album t’intéresse, fais moi signe  😉

  7. Mayleb
    dit :

    Merci merci ! Superbe travail encore!


  8. OlivierI
     
    dit :

    Merci pour ton gentil message Mayleb !


  9. gandalf
     
    dit :

    Merci pour ce travail! Comment fait-on pour télécharger le diaporama?
    Meilleurs vœux pour 2015!


  10. OlivierI
     
    dit :

    Oups, je n’avais pas créé le lien, tu es le premier à t’en rendre compte
    C’est réparé !

  11. laeti
    dit :

    Tout simplement, magnifique, quel travail! Cela donne envie de faire davantage histoire de l’art dans sa classe. Merci.

    OlivierI

    Dimanche 31 Janvier à 09:35

    Merci à toi pour ton passage et ton p’tit mot !

  12. OlivierI

    dit :

    Merci à toi pour ton passage et ton p’tit mot !

  13. Fabien
    dit :

    Merci pour ce regard posé sur l’oeuvre. Cela donne des pistes très intéressantes pour aborder l’oeuvre dans sa classe.

    OlivierI

    Dimanche 13 Mars à 19:08

    Avec plaisir

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